Il y a bientôt 13 ans, Clément Méric, jeune militant d’ « Action antifasciste Paris Banlieue », était tué dans une bagarre par Esteban Morillo, skinhead proche des « Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires ». A l’époque, on avait assisté à un travestissement cynique de la vérité : le bon étudiant antifasciste, élève de Sciences Politiques et le méchant nazillon bas du plafond bac -12. Pour le pauvre Quentin Deranque – paix à son âme -, « ils » essaient de refaire le même coup… Sauf que cette fois, ce n’est pas le « bon » qui est mort, et ce n’était pas une bagarre, mais un guet-apens, alors « ils » rament...

Clément Méric était ce que l’on appelait de mon temps un « fils à papa », et à maman, ses parents étant tout deux professeurs de Droit à l’Université de Bretagne. Études plus qu’honnêtes, militant dès 15 ans à gauche toute – probablement dans le droit fil de ses parents -, soutien d’Act Up, contre-manifestant dans l’épisode du mariage pour tous, bref, Méric cochait toutes les cases de la bien-pensance. Ce 5 juin 2013, quelques Skinheads se retrouvent dans une vente privée de vêtements Fred Perry, rue Caumartin. Tout à fait par hasard, un antifa amateur des mêmes fringues les reconnaît, et téléphone à ses copains dans le but de faire un carton de fachos. Tout un groupe d’antifas se rassemble à l’extérieur du magasin, et, quand les skin en sortent, c’est pour s’apercevoir qu’ils ne sont pas assez nombreux pour envisager une confrontation équitable. Ils retournent à l’intérieur, et appellent eux aussi des copains, dont Morillo qui n’était pas sur place, tout comme Méric. Je vous la fais courte : les deux « équipes » une fois au complet se retrouvent à l’extérieur, se tapent dessus, et Méric meurt suite à des coups de poings reçus de Morillo (précisons que Morillo n’a pas frappé Méric à terre… suivez mon regard). Aussitôt c’est le branle-bas de combat, manifestations, le fascisme ne passera pas, un martyr assassiné, Hollande (président) et Valls (ministre de l’Intérieur) remparts de la démocratie, tout y passe. Morillo, estampillé l’ « assassin », se prend 11 ans de prison en première instance, pour « violences volontaires en réunion suivies de mort sans intention de la donner » ; un « complice », Samuel Dufour, qui n’a pourtant pas frappé Méric, s’en prend 7, respectivement réduits à 8 et 5 en appel… La mère de Clément Méric déclarera au procès « on était assez affligé de voir quelle était l’inanité de la réflexion politique qui avait animé ces « gens »… le mépris de classe jusqu’au bout, la bienpensance et l’intelligence d’un côté, l’absence manifeste de pensée et la bêtise de l’autre. Encore aujourd’hui, à gauche, on commémore « l’assassinat » de Clément Méric par l’extrême-droite. (Curiosité : l’hebdomadaire Le Point avait bien évoqué la vidéo d’une caméra de surveillance de la RATP qui aurait montré Méric arrivant derrière Morillo pour le frapper, et ce dernier se retournant pour riposter, ce qui aurait changé quelque peu la donne, mais bizarrement, après visionnage par les enquêteurs, il allait s’avérer que la vidéo ne montrait que des jambes, les corps et les visages étant cachés fort malencontreusement par un poteau.)
13 ans plus tard...
Une demi-douzaine de militantes de Nemesis protestent devant Sciences Po - sans violence, sans insulte, sans menace, juste une banderole « Dehors les islamo-gauchistes », rien de comparable avec les exactions habituelles des « gentils » antifas -, contre l’invitation faite à Rima Hassan pour une « conférence-meeting » où elle cracherait encore une fois sur Israël, sans oublier, bien sûr de vomir sur la France. Pas de nervis pour les protéger, mais une quinzaine de jeunes gens de bonne volonté, qui, comme Quentin Deranque, étaient présents au cas où… La suite, nous la connaissons tous. S’il n’y avait pas eu la « galaxie Bolloré » ou des médias alternatifs pour révéler ce qui est un authentique attentat, le guet-apens et l’assassinat « en bande organisée » (dixit le procureur de la République de Lyon) de Quentin seraient passés à la trappe, comme serait passée à la trappe l’agression de deux jeunes filles de Nemesis, comme n’auraient jamais été montrées les vidéos de Quentin frappé à coups de pied alors qu’il était à terre et manifestement inconscient, ou de la jeune fille étranglée et jetée à terre par une ignoble raclure d’antifa de mes deux (quelles lâchetés !)... Mais des raclures, ce n’est pas que chez les antifas qu’on les a débusquées, elles étaient présentes dans tous les médias du système, essayant tant bien que mal de créer de toute pièce une vérité conforme à leur logorrhée habituelle : une rixe, une bagarre entre deux bandes ; Lyon, bastion de l’extrême-droite, la « jeune garde » n’aurait jamais existé s’il ne s’était agi de combattre le mal absolu, la preuve, depuis 2022, l’extrême-droite aurait commis pas moins de 11 crimes (j’y reviendrai la semaine prochaine). Les antifa sont indispensables à la démocratie (et pour combattre l’OAS ! Sandrine Rousseau dans le texte), des « experts » de l’extrême-droite, Christophe Bourseiller, Catherine Tricot, directrice d’une revue Regards qui n’est lue que par ses rédacteurs, l’ « historien Sylvain Boulouque », encore quelques couches sur le danger de l’extrême-droite. Et Quentin, si on pouvait le noircir un peu, histoire de blanchir ses assassins : un chrétien qui fréquente une église tradi, ça sent le soufre à plein nez. En plus, il est proche de Nemesis, des fascistes de la pire espèce qui cachent leur vraie nature raciste et islamophobe derrière un prétendu féminisme de pacotille, un mouvement d’extrême-droite (encore une couche), proche des « identitaires » dissous par le même Darmanin qui clame aujourd’hui que l’extrême-gauche tue. Sans toutefois nommer les vrais coupables, Mélenchon, sa clique, ses amis, ses alliés, ses obligés (toute la gauche, mais pas que), et les médias complaisants.
Vous voyez maintenant pourquoi je suis revenu sur la mort de Clément Méric ? Clément Méric était une « bonne » victime – l’antifascisme, c’est bien. Il fallait une vérité qui le sanctifie. Quentin Deranque est une « mauvaise » victime – le catholicisme traditionnel, c’est pas bien. Si les faits sont apparus tels qu’on ne peut pas le diaboliser, il faudra au moins le faire oublier. « Ils s’y emploient ». Bande de salauds.
Une précision : la vocation affichée d’Action antifasciste Paris Banlieue est, comme celle de la Jeune Garde, l’autodéfense par la confrontation musclée avec les militants d’extrême-droite. Parmi ses militants actuels, le fameux Antonin Bernanos, descendant de l’écrivain Georges Bernanos, qui avait fracassé la vitre d’une voiture de police dans laquelle un comparse avait jeté un fumigène qui avait mis le feu, avec des policiers dedans. Antonin avait frappé un policier, lequel avait hésité à sortir son arme, puis avait haussé les épaules et s’était retourné (vidéo virale). Antonin avait été soutenu à l’époque par toute la gauche et le milieu universitaire.
