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Manifester, un droit constitutionnel fondamental ?

, par  NEMO , popularité : 25%
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Et le droit à la « liberté, la « propriété », la « sûreté » (article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme), c’est accessoire ?

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Voilà trois samedis que des manifestations, dont on ne cesse de proclamer qu’elles constituent un droit constitutionnel fondamental, se terminent par un saccage en règle des commerces et des bâtiments, officiels ou non, qui se trouvent sur leur parcours. Voilà trois samedis que les commerçants voient leur outil de travail dévasté, à deux mois de Noël, la période où ils réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires. Voilà trois samedis que nos « forces de l’ordre » servent de figurines de « jeux de massacre » à des casseurs-pilleurs qui semblent en éprouver un plaisir d’autant plus sadique que le divertissement, non seulement est gratuit, mais qu’il rapporte gros, libre de taxes et non imposable... Voilà trois samedis que les Français constatent, la rage au ventre, l’impuissance de l’État et le délitement de nos institutions. Voilà trois samedis que nous avons honte.

Hé bien figurez-vous qu’apparemment, ce n’est pas assez. Nos « chers » (ils vivent essentiellement d’argent public) syndicats ont décidé de remettre le couvert. Une grève jeudi 5 novembre ; il est vrai qu’il y a longtemps qu’il n’y en avait pas eu – depuis le 29 septembre dernier, à l’appel de la fonction publique – autant dire un siècle. Une nouvelle journée de manifestations samedi, histoire de ne pas laisser le soufflé de la contestation retomber. Et, par-ci, par-là, des blocages de lycées et d’universités, pour que la fabrique des crétins justifie sa réputation.

Tout ce monde-là, aux intentions pures comme une enquête de Médiapart, n’a que le mot « droit » à la bouche. Comme si la grève, la manifestation (lire la bordélisation) étaient des droits « fondamentaux », absolus, qui non seulement ne souffrent aucune limite, mais qui seraient supérieurs à tous les autres… J’ai attentivement lu la Constitution de la 5ème République de 1958, la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 et le préambule de la Constitution de 1946 sur lesquelles s’appuie le Conseil Constitutionnel dans ses décisions, et je n’y ai pas trouvé une seule fois l’occurrence « manifestation ». Le droit de grève est mentionné une fois dans le préambule de la Constitution de 1946, et il est censé s’appliquer dans le « cadre prévu par la loi », en respectant les droits fondamentaux que sont la liberté, la propriété, et la sûreté.

Si nos responsables politiques et syndicaux étaient animés par l’intérêt général, par leur amour de la France, comme ils le prétendent la main sur le cœur, après le désastre du 17 octobre, ils se seraient appliqué à eux-mêmes l’article 4 de la déclaration des Droits de l’Homme : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. » Ils auraient annulé les journées prévues, pour ne pas nuire aux commerçants et aux pauvres « forces de l’ordre » qui n’ont de droit que de s’en prendre plein la gueule et de la fermer.

Je vais vous révéler un secret bien gardé : les syndicalistes, les nervis des partis politiques, une bonne partie de la fonction publique dont l’avancement laborieux se fait à l’ancienneté, tous ces manifestants professionnels n’en ont rien à faire, de la ruine des commerçants. Bien pire, ils les jalousent, parce que les commerçants, aussi dure soit leur condition, ont sur eux un avantage qui les rend hystériques : ils sont indépendants. Ils ne dépendent pas d’un petit chefaillon, ils n’ont pas de garantie de l’emploi, pas de salaire qui tombe tous les mois, pas de retraite assurée. Ils sont libres, ils créent quelque chose. Et cela, quand on est prisonnier des chaînes invisibles du service public, c’est insupportable.

P.S. Je n’oublie pas les policiers et les gendarmes. Et je rappellerai à tous ces résistants qui se donnent le frisson en criant ACAB-euh (all cops are bastards), tout le monde déteste la police, ou siamo tutti antifascisti, mais qui se carapatent au moindre pétard, que les flics viennent souvent de milieux nettement moins favorisés qu’eux, qu’ils se font plus souvent blesser ou tuer par des vermines qu’ils ne tuent ou ne blessent des malfaisants. Ceci dit, il parait qu’ils voteraient plutôt à droite, voire très à droite, ceci expliquant cela.

Pour info : extraits de textes sur lesquels s’appuie le Conseil Constitutionnel pour justifier l’injustifiable.
Constitution 5ème République
ARTICLE 34. La loi fixe les règles concernant : les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques ; la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias
Déclaration droits de l’homme de 1789
Article 2 Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.
Article 4 La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.
Article 11 La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Préambule constitution 1946
7. Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.




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