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Municipales : des électeurs décédés figurent encore sur les listes à Marseille

, par  Mickael Lelievre , popularité : 64%
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À Marseille, on vote peut-être encore après la mort. Ce n’est pas une métaphore sur l’état de notre démocratie, quoique, c’est une réalité documentée, chiffrée, transmise au procureur de la République. Les listes électorales de la deuxième ville de France comptent 785 électeurs âgés de 100 ans ou plus, dont une femme née le 24 décembre 1905, qui serait, si elle était encore en vie, la doyenne de l’humanité. Elle ne l’est pas. Elle figure pourtant sur les listes du 11-12e arrondissement.

La question n’est pas anecdotique. Dans une ville où les élections municipales ont historiquement été marquées par des accusations de manipulation, où chaque voix dans certains quartiers peut faire basculer un résultat, la présence de défunts sur les listes électorales n’est pas un simple bug administratif à corriger en réunion de service. C’est une faille dans le pacte démocratique.

« Je sais bien que le régime méditerranéen est celui qui prolonge le plus la longévité, mais je ne savais pas qu’on avait la doyenne de l’humanité à Marseille. »

L’ironie de Franck Allisio, candidat RN qui a effectué un signalement au titre de l’article 40 auprès du procureur de la République, dit bien l’absurdité de la situation. Mais derrière l’ironie, il y a une réalité démographique qui rend l’anomalie difficilement contestable : l’actuelle doyenne de l’humanité est une Britannique de 116 ans. Une Marseillaise de 120 ans n’existe tout simplement pas. Sa présence sur une liste électorale active en 2026 est donc, par définition, une erreur, au mieux.

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EN DIRECT

Municipales 2026 : un signalement effectué à la justice pour des irrégularités sur les listes électorales à Marseille après la découverte d'une électrice de 120 ans en réalité mortehttps://t.co/IJ1TP9Er5O pic.twitter.com/yoRjwvcFyn — BFM (@BFMTV) March 11, 2026

Une responsabilité qui s’égare entre les institutions

Face à cette situation, chacun s’empresse de renvoyer la responsabilité ailleurs. L’Insee, sollicité par l’AFP, a vérifié trois cas précis, trois femmes nées en 1924 et 1925, décédées en 2025, et affirme que leurs décès ont bien été enregistrés dans le Répertoire national d’identification des personnes physiques et qu’elles ont bien été radiées du Répertoire électoral unique. Le dispositif fonctionne, assure l’institut : dès qu’un décès survient, l’information remonte automatiquement en moins de 48 heures. C’est le logiciel communal, chargé de récupérer ces données pour produire les listes locales, qui serait en cause.

La mairie de Marseille, de son côté, confirme que ces trois femmes ne figurent pas sur ses listes. Elle ajoute un élément révélateur : les supercentenaires fantômes étaient déjà présents sur les listes en 2020, sous la précédente majorité. Ce dernier point mérite d’être pris au sérieux, il serait malhonnête d’en faire un problème imputable à la seule majorité actuelle. Mais il rend la situation encore plus préoccupante : voilà donc une anomalie qui dure depuis au moins 6 ans, que personne n’a jugé urgent de corriger.

Entre un répertoire national qui prétend fonctionner et des listes locales qui affichent des électrices centenaires décédées depuis des mois ou des années, il y a manifestement une rupture dans la chaîne. Le citoyen n’a pas à choisir qui croire entre l’Insee et la mairie. Il a le droit d’exiger que le système, quel qu’en soit le maillon défaillant, soit fiable avant le jour du vote.

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 à Marseille, plusieurs candidats s’inquiètent de l’état des listes électorales, où figurent un nombre anormalement élevé de personnes très âgées, dont certaines sont décédées depuis des années.

Marseille compterait… pic.twitter.com/IcFRH8C4Gc — Bleu Blanc Rouge !

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(@LBleuBlancRouge) March 10, 2026

La solution annoncée, et ce qu’elle révèle

La Ville de Marseille envisage de radier automatiquement les électeurs de plus de 110 ans pour les prochains scrutins. La mesure est raisonnable — aucun être humain vivant n’a jamais dépassé 123 ans, et le seuil de 110 ans ne concernerait donc, en pratique, aucun électeur réel. Mais on ne peut s’empêcher de noter ce qu’elle révèle : qu’il a fallu une polémique publique, des signalements au procureur, des extraits de listes transmis à l’AFP, pour qu’une correction aussi évidente soit enfin envisagée.

Martine Vassal a réclamé une mise sous tutelle immédiate de l’organisation des municipales. Sébastien Delogu, candidat LFI, a appelé les habitants à surveiller les urnes. Des réactions politiques, certes, dans un contexte électoral tendu. Mais des réactions qui traduisent quelque chose de réel : une défiance à l’égard d’un système dont la fiabilité n’est plus garantie d’emblée et qui doit désormais être contrôlé de l’extérieur pour inspirer confiance.

La confiance dans le résultat d’une élection repose entièrement sur la confiance dans le processus qui y mène. Des listes électorales truffées de fantômes centenaires ne produisent pas nécessairement de fraude, rien dans les éléments disponibles ne permet de l’affirmer. Mais elles créent les conditions dans lesquelles la fraude devient plausible et où le soupçon, une fois installé, ne peut plus être dissipé par de simples démentis administratifs.

C’est précisément pour cela que l’intégrité des listes électorales n’est pas une question technique secondaire. C’est une question de souveraineté populaire élémentaire. Que l’on vote pour élire un conseil municipal ou un président de la République, le vote n’a de sens que si l’on peut certifier que seuls les vivants votent et une seule fois. À Marseille en 2026, cette certitude n’existe pas encore. Il faudrait commencer par là.

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