
Ses larmes ont ému la France entière. Ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, laïque convaincue, fervente républicaine, Jeannette Bougrab, compagne du dessinateur Charb, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo assassiné le 7 janvier, a surmonté sa peine pour dire, sur le plateau de BFM TV, son rejet de l’islamisme radical. Mais sa clairvoyance et sa détermination à nommer le mal (« c’est le mot guerre qu’il faut employer », dit-elle) auront suffi à convaincre certains ayatollahs de la bien-pensance de l’attaquer. Humiliée par ses contempteurs, qui sont allés jusqu’à nier sa relation avec Charb (elle a demandé à ses amis de publier les photos prouvant leur relation), Jeannette Bougrab paye surtout le tribut de sa libre parole. Elle en a l’habitude : en 2011, Matignon l’accusait déjà de « haute trahison », lorsqu’elle était ministre, pour avoir refusé d’accréditer le terme d’« islamisme modéré »…