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La mouna en littérature

, par  Cercle Algérianiste d’Aix en Provence , popularité : 57%
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La mouna en littérature

Publié le 3 avril 2026 par Cercle Algérianiste d’Aix en Provence

Albert Camus, dans Le Premier Homme - 1994 ne peut oublier le souvenir des Lundis de Pâques et de l’incontournable mouna :

"… et c’était avec lui (l’oncle Michel) qu’au Lundi de Pâques ils partaient avec toute la famille pour faire la mouna dans la forêt de Sidi-Ferruch (…) etc
.

Marc Baroli, dans La vie quotidienne des Français en Algérie - 1830/1914 - 1967, ouvrage d’évocation très agréable à parcourir, ne peut passer sous silence cette tradition :

"La mouna se fête partout, dans les villes comme dans les villages. C’est à l’origine un gâteau espagnol, une sorte de brioche couronnée d’un oeuf retenu par un croisillon de pâte et qui durcit pendant la cuisson.
Dans la deuxième moitié du XIXè siècle, l’habitude s’est répandue chez tous les Européens d’Algérie d’aller en bande manger la Mouna au dehors le lundi de Pâques .
Toute la semaine sainte est consacrée aux préparatifs. Chez Cagayous on met des objets au mont de piété pour couvrir les frais de la journée. Les femmes n’admettent de faire aucun autre travail (...)
Le grand jour venu on part très tôt à pied, en charrette ou en tram vers le coin de plage ou de forêt choisi plusieurs jours à l’avance et que les plus vaillants sont parfois allés occuper en pleine nuit, et toute la journée on mange, on danse et on se baigne."

De son côté, Emile Moussat, dans " Ce que parler veut dire" donne sa version de l’origine de la mouna (l’Algérianiste n° 109 par Mme G. de Ternant) :

" En indo-européen la lune se dit mên ou mon. Les anglais disent moon. Nous avons pris cette racine pour faire mois.
Or le lundi de Pâques, lundi jour de la lune, dans plusieurs pays de la Méditerranée, on mange en plein air un gâteau rituel appelé Mona (mona étant l’image de la lune).
Autrefois ce gâteau était en forme de couronne, à la manière du Kougelhof .et à l’intersection de deux diamètres perpendiculaires avec le cercle, on enfonçait dans la pâte fraîche quatre œufs entiers avec leur coquille qui durcissaient à la cuisson....Il constituerait, peut-être, une offrande à la lune pour qu’elle fasse pondre les poule..."

Quant à Marie Elbe, dans un article intitulé "La trajectoire des Noviciens" - Historia n° 231, elle se souvient d’un certain lundi de Pâques 1956 à Novi (textes et photos extraits du magazine)

" 1956, donc. Et plus précisément aux environs de Pâques. L’église regorge de fidèles et de fleurs, les cloches carillonnent. Au bout des parcelles, la mer est calme, calme comme le ciel et comme les montagnes ; les jeunes sont allés se balader, comme chaque année, pour voir éclore le printemps.
Et soudain, coup de Trafalgar à Cherchell.
Vingt rebelles emprisonnés s’évadent, laissant derrière eux les cadavres du vieux gardien et de sa femme. Ils se perdent dans le paysage..."

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Et enfin, devinerez-vous l’auteur de ce texte empreint de nostalgie ? :

"C’était toujours la même odeur qui annonçait le printemps, bien avant les cloches de Pâques. Dans la cuisine, les fenêtres grandes ouvertes sur la cour, la chaleur montait doucement, chargée de sucre, de levain et d’écorces d’orange.

Ma mère avait retroussé ses manches. Sur la table, la pâte reposait sous un torchon, gonflée comme un cœur vivant. Elle disait qu’il ne fallait pas faire de bruit, que la mouna était capricieuse, qu’elle aimait le calme. Alors on marchait sur la pointe des pieds, comme à l’église.

Quand elle soulevait le linge, une odeur tiède s’échappait, presque enivrante. Elle plongeait ses mains dans la pâte, la repliait, la caressait avec une attention infinie. « Regarde-moi ça », disait-elle, « elle est belle, hein ? » Et moi je regardais, fasciné, ce pain doré qui n’était pas encore né.

Le jour de la cuisson, toute la maison changeait. Le four crépitait, et bientôt la mouna prenait cette couleur ambrée, brillante, avec le sucre qui craquait sur le dessus. On n’attendait jamais qu’elle refroidisse vraiment. On en arrachait des morceaux encore brûlants, en riant, en se brûlant les doigts.

Et on partait dans la forêt de Sidi Ferruch ou au Chenoua avec les paniers. La mer n’était jamais loin. On mangeait la mouna sous les pins, avec les œufs durs et les olives, et les adultes parlaient fort, comme pour retenir le temps.

Aujourd’hui encore, il suffit d’un parfum d’orange pour que tout revienne. La lumière, les voix, et cette douceur un peu triste des choses qui n’existent plus que dans la mémoire."

Réponse :

Et bien oui, c’est cette sacrée intelligence artificielle à qui nous avons demandé d’écrire un petit texte pour nos Amis du Cercle Algérianiste ...!

Voir en ligne : https://congraix.over-blog.com/2026...