Dans un récent rapport co-écrit par l’ObSAF (l’observatoire des subventions et aides agricoles en France) et l’ONEI (l’observatoire national de l’élevage d’insectes), sont révélés au grand public les financements publics massifs octroyés à l’élevage des insectes en France. Cette filière, présentée par les pouvoirs publics comme stratégique et écologique, connaît un échec économique cuisant.
Les auteurs du rapport ont identifié un soutien public à la filière insectes d’au moins 284 millions d’euros au cours de la dernière décennie. L’élevage d’insectes a pour but premier de produire de la farine destinée aux animaux mais aussi, dans un objectif à long terme, aux humains. Si l’on rapporte ce montant d’argent public à la production de farine d’insectes, on obtient environ 20 euros par kilogramme ! C’est cinq fois le prix du kilo de cette farine sur un marché en grande difficulté.
En effet, parmi les entreprises du secteur les plus importantes, Ynsect est en liquidation judiciaire, Agronutris en grande difficulté et Innovafeed affichait 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, pour 35 millions de pertes ! Et pour cause, dans le marché des farines animales, la farine d’insectes est entre deux à quatre fois plus chère que la farine de poisson et jusqu’à neuf fois plus chère que la farine de soja !
Aussi, les objectifs environnementaux sont loin d’être atteints. Si l’on nous vendait cette production comme vertueuse et écologique, une étude du ministère de l’Environnement britannique a démontré que la farine d’insectes destinée aux animaux d’élevage émet jusqu’à 13,5 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que le soja. Pour les animaux de compagnie, les protéines d’insectes émettent 2 à 10 fois plus de gaz à effet de serre que les produits conventionnels qu’elles sont censées remplacer.
Une fois de plus, quand l’Etat se mêle du marché sous couvert d’écologisme, on ne peut que déplorer le gaspillage de millions d’euros d’argent public.
L’article L’élevage français d’insectes : 280 millions d’euros d’argent public pour rien est apparu en premier sur Contrepoints .
