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France Inter : les tartuffes de l’« arc républicain »

, par  Jean-Philippe Feldman , popularité : 28%
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Deux jours de grève, une tribune signée par près de 300 personnalités et un nouveau préavis (pour le lundi 21 septembre) : l’arrivée de Charles Sapin sur France Inter n’en finit pas de provoquer des remous…

Nul n’ignore le scandale causé par la tribune signée dans Le Parisien par près de 300 personnalités du monde culturel pour dénoncer l’éditorial politique de Charles Sapin sur France Inter. Son crime ? Ce n’est pas tant le profil du journaliste qui est visé que le fait qu’il appartienne à la rédaction de Valeurs actuelles et, ce faisant, participe à « l’extrême-droitisation » du service public de l’audiovisuel.

Le glissement sémantique est coutumier à gauche et à la gauche de la gauche, et il avait été dénoncé en son temps par le regretté Jean-François Revel : l’extrême droite est assimilée au fascisme, voire au nazisme, et, comme la droite est assimilée à l’extrême droite, on retrouve l’équation bien connue : droite égale fascisme.

Qui sont donc les signataires de cette tribune ? Des chanteurs, des cinéastes, des comédiens, des écrivains, pour la plupart habitués aux sorties très « engagées », selon le vocabulaire habituel. Que dénoncent-ils ? Officiellement, non pas le pluralisme, qui, rappelons-le, est une obligation du secteur public audiovisuel, mais ses « limites admissibles ». Et ces limites doivent être tracées « dans le cadre de l’arc républicain ». Une rhétorique en congruence avec celle de plusieurs syndicats de France Télévisions, CGT en tête.

La notion d’« arc républicain », floue à souhait, est usitée depuis plusieurs années pour exclure du débat ceux qui sont qualifiés d’antirépublicains, à tout le moins les anathématiser, et dresser contre eux un front aux élections. Mais de qui s’agit-il ? A priori, il s’agirait des populistes d’extrême droite et d’extrême gauche : c’est originellement la concentration républicaine sous la IIIe République. Aujourd’hui, il s’agit de la seule extrême droite. Et c’est bien là le problème.

Qui sont les gardiens de l’arc républicain ?

En effet, les signataires de la tribune sont-ils si bien placés pour donner des leçons de morale et de républicanisme ? Il est permis d’en douter. Remarque préalable : que la tribune soit soutenue par quelques syndicats d’extrême gauche et par le syndicat communiste qu’est la CGT vaut déjà le détour. Mais c’est surtout le profil de certains signataires qui interpelle. Donnons-en quelques illustrations.

Annie Ernaux ? Elle n’a pas manqué de relier, dans son discours de réception du prix Nobel de littérature, la souffrance des humbles, victimes du vil capitalisme, et celles des femmes, victimes du conservatisme phallocrate. Elle a également mis en cause une « idéologie de repli et de fermeture » en mêlant allègrement exclusion des étrangers et des immigrés, pauvres et femmes.

Corinne Masiero, l’interprète du Commissaire Marleau dans la série éponyme ? Ancienne communiste, elle a soutenu Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle de 2022.

Ariane Ascaride ? Elle est la comédienne fétiche de son mari, Robert Guédiguian, qui décline unilatéralement, grâce à l’« exception culturelle » française, le communisme dans les films qu’il réalise. Et qui, lui aussi, a soutenu le fondateur de La France insoumise.

L’antirépublicanisme à géométrie variable

On pourrait multiplier les exemples, mais on en vient à se demander si le prétendu arc républicain est toujours aussi républicain, à moins que le terme ait changé de sens… Tout de même, ces figures, parfois de la gauche caviar, ne manquent pas de témérité à critiquer le prétendu antirépublicanisme d’un média, elles qui se vautrent dans le communisme et le gauchisme.

Car enfin, qui est le paradigme du parti antirépublicain si ce n’est LFI ? Qui a multiplié ces dernières années les dérapages antisémites, à tel point que le terme même de dérapage semble dépassé ? Qui a déclaré ces derniers mois qu’il n’accepterait pas le verdict des urnes si, par malheur, le candidat du Rassemblement national se trouvait élu à la présidence de la… République ?

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