"Le passé trouve bien des résonances dans le présent", dit-on
Combien la lecture d’archives, d’anciens articles de presse ou d’anciens ouvrages est là pour le démontrer. Ici, il s’agit de la description d’une période éruptive au XIXe siècle. Elle est écrite par le Baron d’Haussez, ministre de la marine sous la Restauration et qui fut l’un des principaux organisateurs de l’expédition d’Alger en 1830.
" Par suite de la disposition des esprits à accueillir avec faveur tout ce qui a l’apparence du blâme, les prétextes puisés dans les fautes réelles ou supposées devinrent des motifs de dénigrement.
On ne tarda pas à en venir aux attaques les plus directes et les plus graves.
On incrimina les intentions : on supposa des actes ; à la falsification souvent insuffisante des faits on substitua la calomnie. En vain était-elle repoussée : les dénégations quelle que fût leur publicité, n’avaient d’autre résultat que de donner lieu à de nouvelles injures.
La haine publique, sans cesse alimentée par de nouvelles accusations, ne savait s’arrêter. L’invraisemblance, l’absurdité, rien n’y faisait ; tout était bon pourvu que le caractère de la violence s’y trouvât. Lorsque, trop grossier ou trop maladroit, un mensonge manquait son effet, un autre, toujours prêt, le remplaçait."
(Mémoires du Baron d’Haussez,– TII – ed 1897)

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