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Question écrite de Madame la Sénatrice Valérie BOYER sur la dégradation persistante des relations franco-algériennes

, par  Serge AMORICH , popularité : 100%
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Question écrite de Madame la Sénatrice Valérie BOYER (Bouches-du-Rhône - Les Républicains) publiée le 28/05/2026

Madame Valérie BOYER appelle l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la dégradation persistante des relations franco-algériennes, ainsi que sur la nécessité pour la France de ne plus accepter une relation bilatérale déséquilibrée, faite de concessions unilatérales et de gestes d’apaisement sans contreparties réelles.
Depuis plusieurs semaines, plusieurs déplacements ministériels et échanges diplomatiques semblent traduire une volonté de rétablir le dialogue entre Paris et Alger après près de deux années de fortes tensions.
Or, pour de nombreux Français, ces déclarations apparaissent en profond décalage avec la réalité d’une relation dans laquelle la France multiplie depuis des années les gestes de bonne volonté, sans obtenir de réciprocité suffisante de la part des autorités algériennes.
La coopération avec l’Algérie est évidemment nécessaire sur les plans migratoire, sécuritaire, judiciaire, consulaire et économique. Mais elle ne saurait justifier que la France renonce à défendre clairement ses intérêts, ses ressortissants, ses principes et sa mémoire. Notre partenariat diplomatique ne peut être crédible que s’il s’accompagne d’engagements concrets et équilibrés.
Cette exigence est d’autant plus forte que plusieurs dossiers demeurent particulièrement préoccupants. La situation du journaliste français Christophe Gleizes en est une illustration grave.
Cette affaire, qui intervient après les inquiétudes suscitées par la détention de Boualem Sansal et la condamnation de Kamel Daoud, pose directement la question du respect de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et de la protection des ressortissants français en Algérie. Elle rend d’autant plus incompréhensible toute normalisation diplomatique qui ne serait pas conditionnée à des avancées concrètes sur ces sujets.
Sur le plan mémoriel, la France a, depuis plusieurs années, multiplié les gestes d’apaisement à l’égard de l’Algérie. Elle a reconnu les conditions de la disparition de Maurice Audin, d’Ali Boumendjel et de Larbi Ben M’hidi. Elle a soutenu la création d’une commission mixte d’historiens franco-algériens, ouvert plusieurs archives relatives à la guerre d’Algérie et engagé un travail mémoriel inédit.
Pourtant, ces gestes n’ont pas été suivis d’une reconnaissance équivalente de la part des autorités algériennes. Les massacres du 5 juillet 1962 à Oran, le drame des harkis après l’indépendance ou encore la question de l’indemnisation des Français dépossédés de leurs biens après 1962 demeurent trop largement ignorés dans le dialogue bilatéral. Cette absence de réciprocité nourrit un sentiment d’injustice profond chez de nombreux Français, notamment parmi les rapatriés, les harkis et leurs descendants.
Dans ce contexte, elle lui demande si le Gouvernement entend faire de la libération de Christophe Gleizes une exigence prioritaire du dialogue franco-algérien.
Elle lui demande également quelles garanties précises, le Gouvernement entend obtenir des autorités algériennes afin que la reprise des coopérations sécuritaires, judiciaires, consulaires et migratoires ne se fasse pas au détriment des intérêts français.
Enfin, elle lui demande quelles initiatives il entend prendre pour que la relation entre la France et l’Algérie repose désormais sur une véritable réciprocité, tant en matière de respect des accords bilatéraux, de coopération consulaire, de liberté d’expression, de liberté de la presse que de reconnaissance équilibrée des mémoires.

Publiée dans le JO Sénat du 28/05/2026 - page 2541

Je remercie Madame la Sénatrice d’avoir posé cette question écrite très importante.

Serge AMORICH
Délégué national de la Fédération Nationale des Rapatriés (F N R) pour les questions de retraite




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