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Laurent Baffie, un "humoriste" de latrines

, par  NEMO , popularité : 2%
NJ-Ile de France

Une fois n’est pas coutume, on va parler de quelque chose de petit, de pas beau, de méchant, de vulgaire, qui dans un pays normal ne devrait même pas exister, mais qui, pourtant, tient chez nous le haut du pavé médiatique, j’ai nommé Laurent Baffie, le « snipper » que tous les talk shows transgressifs officiels s’arrachent.

Baffie, c’est tout ce que je déteste dans la vie. Le gnome qui provoque les passants pendant que sa bande de loubards attend à l’affût qu’un quidam réagisse pour lui tomber dessus. La punaise qui prospère dans l’insulte sans risque, bien protégée par les caméras et les micros, devant un public moins acquis à sa cause que s’aplatissant pour ne pas subir à son tour les humiliations de l’expert es-vannes. L’affreux jojo sadique qui s’acharne d’autant plus violemment sur la tête de turc offerte à son défoulement pervers qu’elle n’a pas le talent ou la méchanceté pour riposter.

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En fait, il y a très précisément dix ans que j’ai découvert Laurent Baffie. C’était un samedi soir. Je regardais « Qui veut gagner des millions ? ». Baffie concourait pour une association caritative (ses amis s’évertuent à nous faire croire, sans doute pour qu’il évite de s’en prendre à eux, que dans le privé, il serait d’une gentillesse qui frise la sainteté). Il était associé à Richard Virenque, qui porte pour l’éternité, le pauvre, la honte de s’être dopé « à l’insu de son plein gré ». Baffie, ça se sentait, était vexé comme un pou qu’on lui ait attribué un partenaire aussi peu digne de son immense talent et de son intelligence stratosphérique.

D’autorité, Baffie prend Virenque de haut, se fiche méchamment de lui, blagues lourdes de sens sur le QI d’idiot de village du champion cycliste (quoi de plus demeuré qu’un sportif, cycliste en plus, hein, sinon, et encore, un boxeur ?). L’autre, gentil, pudique, modeste, fait semblant de ne pas s’en apercevoir. Et l’émission se déroule. Premières questions faciles. Baffie humilie. Virenque sourit.

Lorsqu’arrive la question « comment écrit-on croche-pied au pluriel ? »,
Virenque, tout en modestie, ose avancer qu’il lui semble bien que « croche » se met au singulier et « pieds » au pluriel.
Baffie, dont le visage affiche littéralement le mépris dans lequel il tient son partenaire : Mais non, patate, on met les deux mots au pluriel !
Virenque encaisse sans se fâcher, mais, toujours gentiment, yeux baissés, étonné de sa propre audace, il persiste : quand même, je crois bien que ça s’écrit comme j’ai dit.
Baffie, excédé : je rêve, cet abruti oserait avoir une opinion ! Bon, puisqu’il est inutile de raisonner un âne, demandons confirmation à Maître Capello (pour les plus jeunes, Capello fut un temps le grammairien officiel des jeux télévisés, une sommité incontestable, en quelque sorte).
On téléphone à Maître Capello, qui confirme bien entendu la version Baffie. Le « snipper » d’opérette exulte, redouble de sarcasmes, non mais quel connard, ce Virenque. Les sportifs, surtout les cyclistes, mais pas seulement, c’est pas possible d’être aussi cons. Allez, finissons-en !
"Croche et pied prennent tous les deux un « s », c’est mon dernier mot, Jean-Pierre !" assène Baffie, comme s’il portait l’estocade.
Virenque n’a rien dit ; une moue, à peine esquissée…

Petite musique, suspens... Foucault, sourire en coin annonce : réponse fausse ! Au pluriel « Croche-pieds » ne prend de « s » qu’à pied. C’est Richard qui avait raison !
Enfoncé, désintégré, pulvérisé le Baffie. Devant des millions de téléspectateurs. Virenque ne pavoise pas, quelle classe, pour un plouc officiel.

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Dans les temps obscurs, avant que les avancées progressistes n’illuminent le monde, un gentleman qui se serait ridiculisé de la sorte rentrait chez lui, s’enfermait dans son bureau, écrivait une lettre de contrition, et se tirait une balle dans la tête ou se pendait. Baffie, lui, non. Il poursuit sans la moindre honte sa petite entreprise de dégueulasseries en tous genres. C’est ainsi que la semaine dernière, dans une émission TV de service public, il traitait Virginie Merle, plus connue sous le nom de Frigide Barjot, de rien moins que de pute, et pas un des hommes présents qui se soit levé pour lui mettre son poing dans la gueule.

Quelque temps auparavant, il s’autorisait à traiter de petit con un de ces « chroniqueurs » qui remplissent l’étrange lucarne, en précisant du haut de sa grandeur qu’ « il ne parlait pas aux cons, ça les instruit ». Et le chroniqueur de filer en douce. On ne frappe pas un "humoriste", même s’il est petit et racho. Entretemps, Baffie en avait remis une couche chez Ardisson avec Virenque, en lui mettant ostensiblement sous le nez un flacon rempli de pilules, pour rappeler avec une élégance incomparable l’épisode dopage du pauvre Richard.

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Et voilà. Laurent Baffie, ne nous y trompons pas, est le pur produit de notre société moderne, transparente et autosatisfaite. Laurent Baffie, comme tous ces évitables « humoristes » sans lesquels il n’y a plus d’émission TV ou radio, se prend pour le fils de Zorro et de Desproges... Il n’est que la déjection malodorante d’une société Française qui part du fondement.

N.B. J’ai bien conscience de dépasser ici les bornes de la bienséance, mais notez que je ne fais que me mettre au (ca)niveau de ce monsieur.