Déjà en 2017, le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, misait sur le lobby des Algériens de l’étranger.
Je vis dans un pays, la France, où j’ai l’impression (mais c’est bien davantage qu’une impression) que les personnalités politiques qui nous ont dirigés, qui nous dirigent et qui nous dirigeront, sont aveugles, sourdes ou muettes, tant elles ne comprennent absolument rien à certaines situations.
Nous avons des « propagandistes » étrangers dans notre pays, principalement des Algériens, et nous sommes étonnés, surpris.
Nous avons un pays, l’Algérie, qui se moque de nous, nous humilie depuis plus de soixante années, nous accuse de tous les crimes, exige notre repentance, des excuses et, ce qui est bien plus grave et déshonorant : « Ils les obtiennent de ceux qui nous gouvernent. »
Et ce qui est bien plus grave c’est qu’ils manquent cruellement de mémoire et pourtant ce n’est pas si ancien puisque ces déclarations d’un Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, date à peine de 2017 et qu’elles ont été prononcées à Paris alors qu’il présidait le « Comité Interministériel de Haut Niveau ».
Il n’avait pas caché la volonté de l’Algérie de compter de plus en plus sur « ses » citoyens installés à l’étranger (et particulièrement en France, bien entendu) pour jouer un rôle dans la politique et le social du pays qui les accueillait.
Il était revenu, dans un premier temps, sur l’article 51 de la Constitution qui précisait : « Que la nationalité algérienne exclusive est requise pour l’accès aux hautes responsabilités de l’Etat et aux fonctions publiques », affirmant que la communauté algérienne à l’étranger recelait des gisements de compétences, de capitaux et d’autres atouts, et qu’elle devait servir de « tête de pont » et de « ne pas rester indifférente devant toute tentative de la diviser ou de porter atteinte à l’unité de l’Algérie ».
En quelques phrases, il demandait aux Algériens installés notamment en France de s’élever contre le pays qui les accueillait si celui-ci tentait de porter atteinte à l’unité du pays qu’ils avaient abandonné !
Il leur demandait de s’organiser et d’être « unifiés et solidaires » et qu’il jugeait souhaitable la constitution d’un « lobby » des Algériens de l’étranger et qu’il considérait comme un acquis « toutes les démarches tendant à fédérer cette communauté algérienne de nationaux, binationaux et Algériens d’origine, de s’intégrer dans le système politique, économique et social de la France ».
Le Premier ministre avait même été un peu plus loin en leur annonçant pratiquement la fin du 51/49, pour les Algériens établis à l’étranger afin qu’ils puissent bénéficier des mêmes avantages que les investisseurs nationaux résidents en Algérie (jusqu’à présent obligation pour un « non résident » de rechercher un partenaire algérien résident et majoritaire pour réaliser un projet d’investissement).
Ils pourraient également bénéficier d’aide à la création de micros-entreprises, s’ils souhaitaient s’installer en Algérie et cela dans différents domaines d’activités, depuis l’agriculture, les biens et services et jusqu’à l’ouverture de cabinets de médecine ou d’architectures, etc. Alors qu’ils en étaient exclus jusqu’à présent.
Qu’ils le sachent : L’immobilier en Algérie, c’est l’avenir !
(Cela n’a pas intéressé ces Algériens qui investissent en masse, dès qu’ils en ont les moyens financiers, dans l’achat de logements en Espagne, sur toute la région du sud d’Alicante et jusqu’à Almeria et, bien entendu, pour les plus fortunés, en France.)
J’avais espéré, suite à ces déclarations, qu’ils seraient nombreux à se montrer intéressés et qu’ils arrêteraient de fuir leur pays par tous les moyens, même les plus périlleux, comme l’avait fait les 13 533 Algériens qui avaient alors débarqué sur les côtes du littoral sud-est de l’Espagne, entre Murcie et le cap de Gâta, depuis la fin de l’été 2017, et notamment les derniers 500 qui venaient d’être interceptés et étaient incarcérés dans la prison d’Archidonna, près de Malaga, faute de place dans les quelques centres de rétention pleins à craquer, et cela dans des conditions plus que déplorables : sans sanitaire, douche, chauffage, lits et où ils risquent même leur vie, selon certaines ONG, puisqu’ils feraient l’objet de maltraitance.
(Ces « migrants », dont nombreux possédaient leurs papiers d’identité et même de l’argent, et qui étaient issus de la classe moyenne, étaient rejetés par le gouvernement algérien qui refusait leur rapatriement et ne leur apportait aucune aide, refusant même le droit aux familles de certains de les faire revenir légalement.)
Il s’agissait alors de mes réflexions mais, depuis 2017 ce sont des centaines de milliers d’Algériens qui ont été « accueillis » notamment par la France et, s’ils n’ont pas suivi les conseils de ce Premier ministre, de repartir afin de profiter de tous les avantages que, soi-disant, pouvait leur accorder l’Algérie, en revanche « ils obéissent depuis, et nos dirigeants paraissent le découvrir ces derniers jours « à l’ordre de s’élever contre le pays qui les accueillait », c’est-à-dire la France, comme les arrestations de ces derniers jours viennent de nous le prouver.
Et, puisque nos responsables paraissent l’ignorer, qu’ils sachent qu’ils sont des centaines, pour ne pas dire des milliers, « à obéir aux ordres du gouvernement algérien ».