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Ukraine : état des lieux des armes fournies par la France

, par  wikistrike.com , popularité : 5%
Cet article provient d'une source externe à NJ sans autorisation mais à titre d'information.

Emmanuel Macron devrait prochainement prendre la décision d’envoyer des chars Leclerc en Ukraine, avant cela, la générosité française envers Kiev a tout de même été d’importance, des dons non négligeables et défensifs détaillés ci-dessous. (WikiStrike)

Le 4 janvier dernier, le président Emmanuel Macron a annoncé un nouveau cap dans l’aide à l’armée ukrainienne avec la livraison future d’engins blindés AMX 10RC, un véhicule emblématique sur le point d’être remplacé dans l’armée française. L’occasion de faire un point sur le matériel lourd envoyé par la France et ses alliés européens.

18 Canons CAESAR

Élément important qui a beaucoup fait parler de lui dans l’actualité : le canon CAESAR. Cet acronyme désigne le Camion Équipé d’un Système d’Artillerie, un élément important et emblématique de l’artillerie française par sa modernité et ses caractéristiques techniques à la pointe de la technologie. D’une précision très élevée pour cette catégorie d’engins, le Caesar dispose d’un emport de 18 munitions pour un canon de 155mm dans lequel peuvent être utilisés différents types d’obus : explosifs, éclairants, fumigènes, obus de semonce, anti-char. Sa cadence est de six coups par minute pour une portée allant jusqu’à 50 km selon le type d’obus engagé. Entrés en service en 2008, 76 canons Caesar sont en dotation dans l’Armée de Terre entre les unités combattantes et celles de formation. 18 ont été livrés à l’Ukraine sur une commande qui était destinée à être livrée au Danemark et le même nombre a alors été commandé par l’État à Nexter pour combler cette perte. L’avantage de ce canon vient également du fait qu’il est très mobile, car monté sur un camion. Un avantage considérable dans l’artillerie. Sa mobilité atteint une vitesse de 80 km/h sur route et 50 km/h pour le tout-terrain, avec une autonomie de 600 km. Son blindage est concentré sur la cabine de conduite et est en option, il est fait pour se protéger des tirs de calibre 7,62 mm, des mines et autres EED (Engin Explosif improvisé, IED en anglais). Bien évidemment, quelques milliers d’obus ont été livrés avec, ainsi que la formation nécessaire aux artilleurs ukrainiens pour son utilisation.

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Canon Caesar dans la vallée de l’Euphrate en 2018

Un lot de canons TRF1

Autre canon de l’artillerie française, la TRF1 n’a pas la particularité d’être montée sur un camion, mais d’être un canon-tracté, et ce par un camion TRM 10 000 qui permet un emport de 56 munitions dont les catégories sont sensiblement les mêmes que pour le Caesar : des obus explosifs, éclairants, fumigène et anti-char. Possédant un motopropulseur, il peut cependant se déplacer seul dans une certaine mesure, à raison de 8 km/h. Prédécesseur du Caesar, ce canon est lui aussi fait pour accueillir du 155m avec une portée de 24 à 30 km selon la munition tirée et une cadence de 6 coups par minute ou 3 coups en 15 secondes en cadence rapide. Entré en service dans les années 1989-1990 aux 11e Régiment d’Artillerie de Marine (11e RAMa) et 68e Régiment d’Artillerie (68e RA), la dislocation du Bloc de l’Est réduit la taille des commandes de l’État français passant de 180 aux 105 livrés jusqu’en 2006. Ayant participé à de nombreux conflits comme la guerre du Golfe, le TRF1 est peu à peu retiré du service au profit du canon Caesar et les 4 derniers TRF1 du 5eRIAOM (5e Régiment Interarmes d’outre-mer) basé à Djibouti sont retirés en avril 2022. L’Ukraine en achète un lot à l’entreprise S2M Equipment, spécialisée dans le rachat de matériel militaire, dont au moins 6 exemplaires ont déjà été livrés.

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TRF1 du 3e RAMa lors d’un exercice interallié en Allemagne en 2013

2 Lance-Roquettes Unitaires

Le lance-roquette unitaire (LRU) est une autre composante importante de l’armée de Terre française, lui aussi visé par un potentiel remplacement d’ici 2027. Monté sur un châssis américain Bradley M270, le LRU est un standard particulier. En effet, il s’agit à l’origine de lance-roquettes multiples (LRM, en service depuis 1983) qui seront plus tard interdits pour les pays signataires par la convention d’Oslo (ou Convention sur les armes à sous-munitions) en 2008. Ainsi la France avait acquis 57 LRM avec 22 000 roquettes M26 dont 48 seront mises en service aux 1er et 12e Régiments d’Artillerie (1er RA et 12e RA). De fait, depuis 2014 seul le 1er RA possède encore treize LRU dont deux furent livrés à l’Ukraine en octobre dernier. Également équipé de munitions très précises (Roquette M31 guidées à charge creuse, les M26 ayant été interdites par la convention d’Oslo), la portée du LRU est de plus de 70km, pour une altitude pouvant atteindre environ 20km avec une autonomie de 500 km et une vitesse sur route de 70 km/h. Sa capacité d’emport est de 12 roquettes dont la précision varie de 3 à 5 mètres. Sa protection est assurée par un blindage de 25 mm de la cabine et la présence d’une mitrailleuse.

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MLRS (Multi-Launch Rocket System) du 1st Regiment Royal Horse Artillery s’entraînant dans la campagne britannique.

2 batteries Crotale NG

Le Crotale désigne ici les missiles Crotale R-440 utilisés par ces batteries de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Sur les douze possédées par cette dernière, deux ont été livrées à l’Ukraine. Ces batteries sol-air de courte portée (entre 13 et 15 km pour 6 à 9 km d’altitude) et utilisant des missiles VT1 (livrés en nombre significatif selon le ministre des Armées Lecornu), permet de lutter contre les aéronefs de tout type à basse altitude et faible vitesse. La batterie se compose donc d’une unité d’acquisition (UA) qui permet de prendre en charge jusqu’à 12 objectifs à la fois, et de deux voire trois unités de tir (UT), chaque unité étant composée de quatre missiles et également d’un radar d’acquisition et de poursuite chargé de recevoir le signal de l’UA lorsqu’une cible est désignée comme telle et affectée à une UT.

Ces missiles VT1 ont de plus une vitesse de Mach 3,5, alors que les R-440 n’allaient « qu’à » Mach 2,3. Deux missiles peuvent être tirés en quelques secondes, et le système nécessite 5 min pour être mis en batterie. Il nécessite également d’être monté sur un véhicule de transport : le P-4 R, un camion d’une autonomie de 500 km et d’une vitesse 70 km/h, avec un blindage de la cabine allant de 3 à 5 mm.

Les premières versions sont livrées dès 1971 par l’Afrique du Sud qui était à l’origine de la commande d’un tel système et les utilisa pour sa guerre de la frontière. Elles ont ensuite été utilisées dans la guerre du Kippour, en Lybie, en Irak ou encore au Tchad.

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Lanceur de missiles Crotale lors du défilé du 14 juillet

60 Véhicules de l’Avant Blindé

Presque qu’aussi mythique que la P4 et délégué au transport de troupe dans l’armée française, le VAB est en service depuis 1976 et a connu tous les théâtres d’opérations français. De plus, il a également connu les opérations marocaines au Sahara occidental, libanaises, qataries au Yémen, et donc récemment en Ukraine.

Véhicule le plus présent au sein de l’armée française avec environ 2 500 exemplaires dans le parc en 2021, 60 de ceux-ci ont été envoyés en Ukraine.

Existant en plus d’une cinquantaine de versions selon les armes dans lesquelles il sert et ses utilisations (Transmission, commandement, médical…), le VAB est généralement muni d’une mitrailleuse 7,62 mm calibre OTAN ou 12,7 mm pour les véhicules d’infanterie, il peut également être équipé d’un canon-mitrailleur de 20 mm ou de 25×137, ou bien encore de lance-missile comme sur le VAB HOT (ou Méphisto). Son blindage le protège des munitions de 7,62 mm, mais aussi des mines et des éclats en tout genre.

Les différentes mises à jour de ces dernières années ont modifié considérablement ses capacités, notamment l’emport passant de 10 hommes à 6 concernant les fantassins (dû à l’augmentation de l’équipement de ces derniers) ou encore l’autonomie descendue à 230 km à cause d’une consommation plus élevée en carburant alors qu’elle était initialement d’environ 1 000km. L’armée française prévoit son remplacement progressif par les nouveaux véhicules Griffon et Serval dans le cadre du programme Scorpion.

Les versions du VAB envoyées aux Ukrainiens ne semblent pas être spécifiées, mais d’après les images ayant tourné sur les réseaux sociaux, il s’agirait de modèles sommairement équipés.

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VAB aux nouvelles couleurs de l’armée française durant le défilé du 14 juillet 2021

Des AMX 10RC au programme

Ces véhicules promis par Emmanuel Macron sont eux aussi emblématiques dans l’armée française, puisqu’arrivés en 1979 au 2e Régiment de Hussards (2e RH) et sur le point d’être remplacé aujourd’hui par le Jaguar, véhicule faisant aussi partie du programme Scorpion.

Issu des ateliers d’Issy-les-Moulineaux d’où provient son nom, il remplace l’Engin Blindé de Reconnaissance (EBR) alors en service et est en réalité la version à six roues (RC signifie Roues-Canon) de l’AMX-10P, blindé a chenille servant à l’infanterie pour le transport, le combat et l’appui remplacé aujourd’hui par le Véhicule Blindé de Combat d’Infanterie (VBCI).

Le rôle principal de l’AMX est la reconnaissance-feu, c’est-à-dire la reconnaissance et la possibilité de riposter en cas d’attaque. Une revalorisation au cours des années 2000 donnera l’AMX 10 RCR dont il resterait aujourd’hui un peu moins de 250 exemplaires dans le parc français. Il a été déployé sur de nombreuses opérations dont on pourrait noter parmi les plus notables Tempête du Désert durant la guerre du Golfe, durant les opérations françaises en Afghanistan, au Mali ou encore par le Maroc durant la guerre du Sahara Occidental, et donc prochainement l’Ukraine.

Pour l’aspect technique, l’AMX 10 RC a la particularité comme nous l’avons dit d’être sur roues et non sur chenilles, avec une autonomie de 800 km pour une allure de 80 km/h sur route et 40 km/h en tout-terrain. Son blindage le protège des projectiles de l’artillerie et des moyens calibres, et un surblindage en acier est ajouté après l’opération Tempête du Désert ce qui marque la fin de son caractère amphibie qui existait alors. Sa portée est d’environ 2 km pour le canon qui accueille des obus de 105mm et de toutes sortes : explosifs, fumigènes, à charge creuse, flèche. Ce canon est accompagné de deux mitrailleuses de calibre 7,62 mm.

Il est important de souligner également que les munitions acceptées (105 x 527R) par l’AMX 10 RC ne sont pas au standard OTAN ce qui fait que l’Ukraine sera entièrement dépendante de la France pour ce qui est des munitions.

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AMX-10 RC en action durant un exercice hivernal, 4e Régiment de Chasseurs

20 véhicules blindés Bastion

Les ARQUUS Bastion sont des véhicules blindés, essentiellement utilisés pour le transport de troupes, à l’instar du VAB présenté plus haut, fabriqués par la firme française Arquus Défense. De tous les véhicules présentés dans cet article, le Bastion est le seul à ne pas être utilisé par les armées françaises puisque destiné à l’export uniquement, bien que les Forces Spéciales Françaises l’aient évalué.

Avec un châssis basé sur le VLRA (camions tout-terrains fabriqués à Saint-Nazaire par ACMAT, aujourd’hui filiale d’Arquus) ils sont équipés d’une tourelle mitrailleuse de calibre 12,7 mm ou 7,62mm qui peut-être téléopérée. Leur blindage leur assure une protection contre les armes de calibre 7,62mm, les mines et les différents éclats. Leur capacité d’emport est de 8 hommes (plus deux pilotes) et leur mobilité se caractérise par une vitesse de 110 km/h sur route pour une autonomie de presque 1 400 km.

Comme la plupart des véhicules, il possède plusieurs versions : le Bastion PATSAS (Patrouille SAS) réservée aux forces spéciales plus légère (10t au lieu de 12t), mais avec moins d’emport (5 soldats équipés). Il est équipé d’une mitrailleuse 12,7mm et peut en emporter 3 autres de 7,62mm. En 2018, un accord a été signé avec l’US Army pour concevoir une version ambulance du Bastion.

Ses principales zones de déploiement ont été le Burkina Faso dans le cadre de la lutte antiterroriste de la force conjointe G5 au Sahel, de la même manière au Mali, au Tchad et au Niger ; le Sénégal en a également acquis pour sa police et l’ONU en a fourni à la Tanzanie pour des opérations de maintien de paix.

Le prochain théâtre à son actif sera donc l’Ukraine puisque la France a décidé d’en livrer 20 exemplaires à l’armée ukrainienne.

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Bastion APC fournis par les Américains aux forces populaires ougandaises en 2017

Il est important de rappeler que l’aide française aux armées ukrainiennes se compose également de missiles (Mistral, Milan…) et d’équipement individuels (Casques lourds, lunettes infrarouges, matériel médical, gilets pare-balles, rations de combat, etc.) et bien sûr d’une aide financière importante. De plus, 2 000 soldats ukrainiens devraient être formés par la France dans le cadre de la mission européenne EUNAM dont 400 le sont déjà, principalement sur les équipements livrés.

Des dons importants pourtant souvent décriés par certains, pointant du doigt une France qui ne ferait pas assez, notamment par rapport à ses voisins européens. Ainsi, concernant le matériel terrestre lourd, voici ce qu’ont envoyé nos alliés européens.

Source : Conflits

Voir en ligne : https://www.wikistrike.com/2023/01/...