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Slava, la Russie après l’URSS

, par  Yoann Taieb , popularité : 7%
Cet article provient d'une source externe à NJ sans autorisation mais à titre d'information.

La chute de l’URSS fut un choc pour les anciens membres du bloc soviétique. Tous croyaient appartenir à une grande puissance indestructible, et tout s’est effondré en quelques années : la précarité, la pauvreté ont envahi le pays. D’où la nécessité pour nos deux héros de tenter le tout pour le tout.

Après la chute de l’URSS, et pendant les folles années Eltsine, Slava Segalov et son ami Dimitri Lavrine sont amenés à pratiquer des activités commerciales peu légales. Ils pillent sans vergogne les anciennes installations industrielles et les bâtiments soviétiques pour le compte de riches propriétaires, qui deviendront les f-oligarques. Slava, un ancien artiste peintre un peu naïf a des remords à agir ainsi, tandis que son compère Lavrine, sans aucun scrupule, entend bien profiter de l’instabilité régnante pour s’enrichir à foison. Cependant, l’époque appartient à des chasseurs bien plus dangereux qu’eux et prêts à tout, même tuer s’il le faut.

Slava s’impose comme le personnage le plus touchant grâce à sa personnalité multiple, à cheval entre belle morale et tentation de l’interdit. En comparaison, le glacial Lavrine fait penser à un certain Poutine tant il se révèle dangereux et dur. C’est un profiteur qui a déjà opéré dans le petit milieu de la mafia russe. Suivre les aventures des deux amis permet d’en rencontrer d’autres tout aussi attachants, mais surtout de constater l’état de délabrement total de l’ancienne puissance soviétique. C’est l’époque où la mafia a pris le contrôle de tout le pays.

Le deuxième tome, Les nouveaux Russes, est dans la même veine. Slava s’est converti à la solidarité minière, et gère seul son business, ainsi que la belle Nina. Lavrine est confronté à d’anciens clients mécontents. Ce tome montre la survie des personnages dans un pays sans loi, où seuls les plus brutaux peuvent s’en sortir. L’auteur propose un travail de grande qualité. Pierre-Henry Gromont narre, peint ses personnages avec nuance, crédibilité et réalisme. Slava peut avoir des airs de BD légère et drôle, mais la façon qu’a l’auteur de raconter un sujet si sérieux ne peut lui valoir que des éloges.

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Slava , de Pierre-Henry Gomont, Dargaud, 104 p., 20,50 €. DARGAUD

Voir en ligne : https://www.contrepoints.org/2023/1...