
11/10/2016 – 19h00 Montpellier (Lengadoc Info) – C’est un samedi après-midi qui s’annonçait tendu en centre-ville de Montpellier qui devait être le lieu de deux manifestations diamétralement opposées sur un plan politique. D’un côté, la manifestation des identitaires contre « l’invasion migratoire » devait partir de la place royale du Peyrou. De l’autre, Nuit Debout appelait à un rassemblement de « bienvenue aux réfugiés » devant la préfecture, en réaction à la manifestation des identitaires.
Le préfet de l’Hérault laisse le centre-ville aux antifas
Deux manifestations qui risquaient de dégénérer en affrontement si les cortèges se rencontraient. Devant cette situation, la préfecture de l’Hérault a donc fait un choix pour le moins surprenant. En effet, la manifestation des identitaires, qui avait pourtant fait l’objet d’une déclaration en préfecture, a été littéralement enfermée sur la place du Peyrou par les forces de l’ordre, allant jusqu’à fermer les grilles pour empêcher quiconque de passer pendant toute l’après-midi.
Une décision qui a scandalisé les manifestants anti migrants, d’autant plus qu’au même moment, les « antifas » étaient libres de circuler partout dans le centre-ville alors qu’ils n’avaient déposé aucune demande de manifestation. Richard Roudier, président de la Ligue du Midi et organisateur de la manifestation anti migrants, nous a indiqué qu’il étudiait avec ses avocats les poursuites judiciaires à mener contre le préfet. Pour Joan, manifestant anti migrants, « le préfet a choisi son camp. Nous avons voulu respecter la loi et on s’est fait avoir. On le saura pour la prochaine fois. »
Le centre-ville recouvert de tags antifas, une permanence parlementaire attaquée
En laissant le centre-ville aux antifas et en parquant les identitaires, le préfet voulait éviter les dégâts dans le centre-ville. Un choix qui n’a pas eu les conséquences attendues puisque les antifas en ont profité pour se livrer à de nombreuses dégradations. Alors que dans l’après midi, la manifestation d’extrême gauche avait reçu le soutien de nombreux élus à commencer par le conseiller municipal et conseiller départemental socialiste Michaël Delafosse, celle-ci va durer toute la soirée de samedi sous la forme d’un « karnaj’val ». Le compte rendu de la soirée publié par Nuit Debout est éloquent :
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« Les graf’ se multiplient, les attaques de distributeurs de billets aussi (…). Les enseignes des magasins de luxe de l’avenue Foch, que nous rejoignons prestement, nous donnent encore l’occasion d’éprouver notre imagination. »
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« On arrive bien vite devant notre but mystérieux : la permanence de la députée PS de Montpellier Anne-Yvonne Le Dain (…). Quelques coups de marteaux et quelques tags devraient être assez clairs. Par acquis de conscience, on brûlera tout de même deux poubelles devant le local, histoire d’être sûr d’avoir été bien compris. »
Quant à la police, elle est tout simplement absente :
« Ca fait bien une heure qu’on est parti, et pas un flic en vue. Probablement quelques baqueux rôdent, mais aucun flic pour nous empêcher d’avancer ou pour nous virer du centre-ville, comme au printemps. Alors évidemment, on se sent pousser des ailes. »
A la fin de la soirée, deux militants antifas seront finalement interpellés. L’un sera relâché à la fin de sa garde-à-vue et l’autre passera en comparution immédiate et sera condamné à 35 h de travaux d’intérêt général.
A noter que la dernière manifestation des identitaires en centre-ville de Montpellier en février dernier, n’avait engendré aucune dégradation.
Photos : Lengadoc Info
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