
Le parti travailliste, qui compte 257 députés sur les 650 de la Chambre des communes, avait déjà conduit le gouvernement à modifier mercredi soir à la dernière minute sa motion, en annonçant qu’il ne voterait pas en faveur de la motion si une intervention militaire était envisagée avant les résultats de l’enquête de l’ONU.
Après les déclarations de mercredi, les Occidentaux semblent ce jeudi s’éloigner peu à peu d’une intervention militaire imminente en Syrie. À Paris par exemple, François Hollande a modéré ses propos de la veille, affirmant la nécessité de privilégier une "solution politique" après avoir rencontré à l’Élysée le chef de file de l’opposition syrienne, Ahmad Djarba.
Même prudence à Washington, où Barack Obama a rejeté dans la nuit de mercredi à jeudi tout "engagement direct militaire", évoquant à peine un "coup de semonce". Cependant, au cas où, le secrétariat américain à la Défense a annoncé jeudi le déploiement d’un cinquième destroyer.
Dans ce contexte, Angela Merkel et Vladimir Poutine ont discuté ce jeudi, par téléphone, de la situation. Les deux dirigeants semblent être parvenus à la même conclusion : c’est l’ONU qui doit gérer les événements, ainsi qu’une éventuelle intervention militaire.
Berlin et Moscou ont publié quasiment au même moment un communiqué sensiblement identique. Les deux capitales réaffirment la nécessité d’attendre le rapport des inspecteurs de l’ONU, actuellement à Damas, avant de prendre la moindre décision. Selon le communiqué du gouvernement allemand, Angela Merkel a timidement fait pression sur son homologue russe afin, très diplomatiquement, d’"utiliser les négociations au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour une réaction internationale rapide et unanime".