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La Syrie, un sacré merdier !

, par  NEMO , popularité : 1%
NJ-Ile de France

Ce n’est pas parce que personne ne sait vraiment ce qui se passe, qu’on ne doit pas vous raconter des salades... au nom du droit à l’information, bien entendu.

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Palmyre, en 1994, vue depuis le château arabe, photo personnelle

Vous ne comprenez rien à ce qui se passe en Syrie ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas plus stupide qu’un autre. Les medias et les « experts » qui vous en parlent savamment, trémolos indignés dans la voix, n’y comprennent pas grand-chose non plus, en réalité… Mais ils savent répéter par cœur, les yeux sur le prompteur, les dépêches de l’AFP, en donnant l’impression qu’ils ont pris tous les risques pour obtenir l’information exclusive qui leur donne un coup d’avance sur tous leurs confrères… Faut-il en rire ou en pleurer ? Quand on sait qu’en plus l’AFP, organe officiel et oh combien orienté de la bien-pensance autorisée, puise ses informations auprès de sources qui, elles-mêmes, n’ayant pas la moindre idée de ce qui se passe réellement en Syrie, mais ne craignant pas un démenti que personne n’est en mesure de leur apporter, fabriquent les « news » en fonction de leurs seuls intérêts.

C’est ainsi que l’Agence France Presse se fournit quasi uniquement auprès de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, dirigé par un certain Oussama Ali Suleiman, opposant historique au régime de Assad, exilé en Angleterre depuis l’an 2000. C’est ce brave homme, qui n’aurait pas remis depuis les pieds en Syrie, et dont l’impartialité (pourtant impossible à tenir) n’est jamais mise en balance par nos journalistes (tout aussi objectifs que lui), qui fournit à lui tout seul les chiffres effarants des massacres de population civile perpétués par les séides de Bachar. Vous me direz que je vois le mal partout, mais vous ne m’ôterez pas de la tête qu’il y a dans ces près de 300.000 tués une certaine ressemblance avec les fantasmagoriques 1,5 million de « martyrs » de la guerre d’Algérie.

Bon, on nous sort bien de temps en temps, pour faire croire qu’il y a encore des journalistes qui font leur métier, l’interview trash, réalisé depuis la France (pas folles, les guêpes, pour se rendre sur place), passé en boucle sur tous les supports possibles, comme hier, d’un syrien « modéré », préférant mourir à Alep que vivre ailleurs, et dénonçant l’inhumanité de l’armée Syrienne. Quel scoop ! Des femmes, des vieillards, des enfants, oui, des enfants, exécutés par les hordes barbares de Bachar et de Poutine. Mais qu’attend-t-on pour débarrasser le monde de ces deux salopards ?

Quant aux chrétiens d’Orient, maronites, orthodoxes, qui pavoisent depuis la fin du cauchemar, vous les avez entendus raconter comment les « rebelles » traitaient la population ? Non, l’AFP ne peut pas leur donner la parole, ce serait contraire à la charte laïque de cette noble institution.

Alors, comme les carottes sont cuites, que Poutine a gagné, et qu’il devient manifeste qu’il se tamponne le coquillard de l’indignation de notre futur ex-président Hollande, on essaie de sauver la face en nous jouant le coup de l’humanitaire : il faudrait cesser les combats pour que les civils innocents puissent être évacués. Quelle bonne idée : demander (poliment) au presque-vainqueur de s’arrêter de frapper quand il a l’opportunité d’en finir avec son adversaire, pour le laisser se requinquer. C’est comme si on avait demandé aux russes et aux américains de s’arrêter à la frontière allemande, le temps que les nazis finissent de mettre au point la bombe atomique.

Nous vivons une époque formidable, non ?

Note : pour ceux qui voudraient approfondir le sujet, vous pouvez vous référer à ma tribune du 21 septembre 2015, Bachar el Assad, un dictateur ? . Ce n’est pas pour me vanter, mais je prédisais les attentats du Bataclan, qui se sont produits moins de deux mois plus tard.

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