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Cette colère que Macron ne voit pas venir

, par  irioufol , popularité : 6%
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Article de fin février

En mars 2018, à l’issue d’un périple dans la France profonde, Emmanuel Macron déclarait, à Loches (Indre-et-Loire) : « Je n’ai pas senti la colère ». Huit mois plus tard, le chef de l‘Etat était démenti par les Gilets jaunes. Venus des provinces et de leurs ronds-points, ils déboulaient sur les Champs Elysées pour faire voir à tous, à travers le gilet de la sécurité routière, leurs exaspérations face à un pouvoir aveugle et sourd. Samedi, lors de sa visite au Salon de l’agriculture, à Paris, Macron a renouvelé son analyse si peu prophétique : « Je ne sens pas la colère, je sens une inquiétude ». La même cause (le déni) produisant généralement le même effet (la révolte), il faut donc se préparer à une expression de plus en plus radicale de la France d’en bas, en dépit des dénégations présidentielles. Cela fait plus de cinq ans que les Français oubliés subissent l’arrogance de la macronie. Elle se bouche le nez devant des revendications jugées « populistes » au prétexte qu’elles n’entrent pas dans le moule du système voulu par les « élites ». Alain Minc, le 21 février sur RTL, a eu l’honnêteté de reconnaître que la réforme des retraites n’avait d’autre but que de rassurer les marchés financiers qui financent les 3000 milliards d’euros de dettes publiques. Ce raisonnement peut évidemment se comprendre : encore faudrait-il qu’il soit assumé par le gouvernement, ce qui n’est pas le cas.

Le chef de l’Etat a épuisé depuis longtemps son originalité initiale. « Pensez printemps », lançait-il en 2018 en reprenant la formule du philosophe Alain. « Pensez printemps », a-t-il redit début janvier 2023 en appelant une nouvelle fois à « conjurer les esprits tristes ». Ces mots creux, répétés par un disque rayé, illustrent l’appauvrissement intellectuel du pouvoir. Il tourne sur lui-même, se pousse du col, mais se montre uniquement préoccupé par sa propre survie. Dans ce contexte de fin de règne, la journée du 7 mars fera mesurer le degré d’insurrection qui parcourt la société en colère. Les syndicats veulent faire de cette date un jour de blocage, voire de grève générale. Je reste dubitatif sur leur capacité à aimanter tous les mécontentements, d’autant que les leaders de la CFDT et de la CGT persistent à rejeter le Rassemblement national, désormais premier parti ouvrier. Pour autant, les retraites ne sont déjà plus le seul sujet de mobilisation. L’inflation des produits de consommation courante, le déclassement des zones rurales, l’invisibilité de la France périphérique, le sentiment de dépossession culturelle et identitaire qui gagne les classes populaires enracinées sont autant de possibles ressorts, aujourd’hui disparates, pour l’expression d’une colère plus collective. Macron ne voit rien venir ? Aux Français de lui démontrer, une fois de plus, son erreur.

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