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Algérie : de Gaulle craignait la jonction de l’armée et des insurgés

, par  Manuel Gomez , popularité : 4%
Cet article provient d'une source externe à NJ sans autorisation mais à titre d'information.

En ce début d’année 1960, l’objectif du Président de la république, Charles De Gaulle, est de larguer l’Algérie française.

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Il lui faut donc :

1/ Retourner l’opinion publique en France.

2/ Neutraliser l’armée.

Si retourner l’opinion de la population métropolitaine ne présente aucune difficulté, les communistes, les syndicats, la presse dans sa majorité, s’en chargent à longueur d’écrits, d’actes et de paroles. En revanche, neutraliser l’armée devient une priorité pour De Gaulle car la 10e Division Parachutiste, sous la conduite du général Massu, a gagné la bataille d’Alger et bénéficie d’une reconnaissance sans faille des algérois.

Le 19 janvier 1960, recevant à Paris des élus d’Algérie, De Gaulle leur affirme : « L’intégration est une connerie d’ailleurs l’armée ne fait que des conneries ».

De Gaulle sait l’effet que va produire sa déclaration sur la population et l’armée. Il sait qu’Alger va s’enflammer. Il met en place tous les éléments nécessaires au scénario de son plan et c’est le « clash » très attendu.

Une manifestation est prévue pour le 24 janvier. Elle n’est pas interdite. Il est acquis qu’en évitant tout contact entre les manifestants et les gendarmes tout devrait bien se passer.

Dès 9 heures la foule (environ 50.000 personnes) arrive en masse, civils, femmes et enfants, avec à leur tête la musique des Unités Territoriales, formées par le rappel des réservistes européens et commandés par Sapin-Lignères.

L’ordre est donné à la 10e Division Parachutiste, en opération en Kabylie, de rejoindre en urgence Alger afin d’encadrer la manifestation organisée dans la soirée. Dès que les parachutistes seront présents sur les lieux du rassemblement l’ordre sera donné aux gendarmes mobiles de dévaler les escaliers du Forum en ouvrant le feu et l’irréparable sera créé : ce sera l’affrontement inévitable entre les manifestants, les gendarmes et la 10e Division Parachutiste, chère au cœur des algérois.

C’est la tactique préparée et organisée par De Gaulle, mais elle ne fonctionne pas comme il le prévoyait.

Les manifestants commencent à se disperser et il ne reste environ que 5 à 6000 personnes lorsque le colonel Debrosse donne l’ordre aux gendarmes d’intervenir.

Alors qu’ils descendent les escaliers du Forum, des CRS mettent en batterie des fusils mitrailleurs sur l’un des murets. Comme cela se passe, et se passera, le plus souvent un coup de feu est tiré et c’est le déclenchement de l’enfer : les Fusils-Mitrailleurs des CRS tirent dans le dos des gendarmes et dans le ventre des manifestants. Les Fusils-Mitrailleurs des Unités Territoriales répondent aussitôt. Des gendarmes s’écroulent. Les manifestants fuient dans tous les sens.

De Paris, De Gaulle dénonce le « mauvais coup porté à la France ».

Pour la première fois, en Algérie, des français ont tirés et tués d’autres français.

*27 morts, dont 14 gendarmes, et 150 blessés.

Une barricade se construit sous les yeux des parachutistes qui ne font rien pour l’empêcher.

Le délégué du gouvernement, Paul Delouvrier, ne sait pas si l’armée lui obéira.

Arrivé à Alger le 26 janvier, Michel Debré, premier ministre, constate avec inquiétude l’union qui se réalise entre insurgés et militaires. Il est informé que l’armée, même si l’ordre lui en est donné, ne tirera pas sur les insurgés.

Le colonel Argoud, ex chef d’état-major du général Massu, ne s’en est pas caché : « De toute façon, si on me donne l’ordre de tirer, je ne l’exécuterai pas. Je donnerai l’ordre à mes subordonnés de désobéir. »

Voir en ligne : http://magoturf.over-blog.com/2024/...