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le : 23.05.2012


La "Nationalité", un gros mot ?

Et la bi nationalité, alors ?

Publié le vendredi 24 juin 2011, par NEMO.
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Au cas où vous l’ignoreriez, une mission parlementaire, présidée par le député UMP Claude Goasgen, vient de publier un rapport sur la Nationalité dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a fait la quasi-unanimité contre lui de la bienpensance Française, de droite comme de gauche d’ailleurs, au point que son président s’est empressé de rétropédaler en précisant qu’il ne s’agissait que d’un document de travail…

C’est que le rapport se permettait une incongruité inouïe, impensable dans un pays où l’on nous martèle jusqu’à plus soif que nous sommes tenus par nos traditions ancestrales d’accueillir généreusement, et en laissant au vestiaire le racisme et la xénophobie que nos hôtes ne manquent pas une occasion de nous reprocher, tous ceux qui viennent frapper à notre porte, et tant qu’à faire aussi ceux qui entrent chez nous sans nous demander la permission.

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D’où les commentaires offusqués et indignés, depuis le « ridicule » de Villepin, ou le « stupide » de Bayrou, jusqu’à l’inévitable « honte à l’UMP qui court après les thèses nauséabondes du Front National » des socialistes… Parce que suggérer, comme le rapport le fait, que cesse l’ambigüité de la bi-nationalité, et que les titulaires d’une carte d’identité Française qui bénéficient d’une autre nationalité manifestent par un acte solennel leur attachement à la France est, pour nos élites fréquentables, une stupidité, une régression, une manifestation xénophobe, voire raciste, la caractéristique de cerveaux étroits, repliés sur eux-mêmes, fermés à la richesse de la diversité, mal finis, bref des cerveaux de droite dure, pour ne pas dire d’extrême droite, la lie de la France.

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Hé bien moi, comme la notion de bi nationalité, à l’instar de Laurent Blanc, ça m’a toujours dérangé, et que par conséquent je suis condamné à faire partie de la populace des penseurs de bistrot qui ne méritent même pas d’être mono nationaux, je vais leur retourner leur compliment, à tous ces offusqués à bon compte qui me gonflent, que vous ne pouvez pas savoir...

Et en plus il se trouve que moi, contrairement à ces bavards ignares, j’ai de vraies références sur ce qui constitue une nation, pas des affirmations de perroquets, d’autant plus péremptoires qu’elles sont sans contenu. Tenez, cette définition, par exemple :

« La nation est une communauté humaine stable, historiquement constituée, née sur la base d’une communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit dans une communauté de culture ».

Vous pensez à un auteur bien ancré à droite, pourquoi pas Hitler, ou Mussolini, voire Marine le Pen, ce serait bien leur genre ?... C’est Joseph Staline, et pas le Staline tsarisé et sanguinaire des années 40, mais le communiste encore jeune et plein d’illusions qui présentait en 1919 un rapport au Comité central bolchevik intitulé « le Marxisme et la Question Nationale », rapport très applaudi par tous les apparatchiks, y compris Lénine soi-même. Et Staline de préciser que si un seul des éléments qu’il cite manque, il n’y a pas de nation. Tout en ajoutant qu’une nation n’est pas fermée sur elle-même, et qu’elle peut au contraire s’ouvrir pour autant que les personnes ou groupes qu’elle accueille adhèrent à tous ses constituants... Tiens, dans le temps on pouvait être à gauche et respecter l’idée de Nation ?

Et cette autre, pour compléter ; elle est d’Ernest Renan, l’auteur favori des mêmes qui - sans doute ne l’ont-ils pas lu- vous assènent que la bi nationalité n’est pas un problème, et que ce sont ceux que ça dérange qui sont dérangés : « une Nation c’est une âme, un principe spirituel… Deux choses constituent cette âme : la possession en commun d’un riche legs de souvenirs… et la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis ».

Voilà. Je ne vais pas remonter jusqu’à la Révolution, encore que les révolutionnaires, qui avaient plus souvent le mot "Nation" à la bouche que les socialistes d’aujourd’hui le mot "souffrance", seraient bien étonnés de voir ce que leurs lointains descendants en ont fait.

Une Nation, citoyens, citoyennes, c’est tout simple. C’est une langue, un acquit et un avenir commun. La bi nationalité, ça n’existe pas. En attendant qu’il n’y ait plus de nations, et ce n’est pas demain la veille, on nait ou on devient membre d’une Nation, et d’une seule.

Note : en passant, savez-vous que le code de la nationalité permet de déchoir de la nationalité Française un ressortissant Français qui se comporterait en France comme le ressortissant d’un autre pays ?

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3 Messages de forum

  • La "Nationalité", un gros mot ? 26 juin 2011 20:51, par gerardoranmorin

    On ne peut, hélas ! que constater que la nationalité ne signifie pratiquement plus rien de nos jours. Les "élites" se chargent de faire passer le message en utilisant divers artifices tels que le sport ou des situations politiques affectant divers pays d’ailleurs très connotés. A croire qu’il ne se passe rien dans les autres régions du monde.
    De temps à autre l’actualité met un lumière un jeune homme, malheureux prisonnier qui, bien qu’ayant la nationalité française, a choisi d’effectuer son service militaire dans une armée étrangère. La question se pose : est-il toujours français ? Il fut une époque où l’on demandait au jeune Algérien de choisir entre faire son service militaire en France ou bien en Algérie, ce qui conditionnait son admission dans l’une ou l’autre nationalité. Si la conscription nationale n’avait pas été supprimée par le Corrézien le plus ridicule de ce malheureux département décidément pas gâté, quel aurait été le choix du jeune homme cité plus haut ?
    La vérité est que l’idéologie de l’Homme Nouveau, héritée de la révolution française, et la nécessité absolue pour l’économie mondialisée de voir émerger non pas un citoyen mais un consommateur, passe par le démantèlement des états nationaux et l’éradication totale de tout ce qui peut y faire obstacle, la famille, la religion, en un mot la Nation.
    Le but ultime étant la gouvernance mondiale revendiquée ouvertement et publiquement par nombre de personnels politiques. Ce sera, aux dire de ses partisans, la seule façon de gérer le monde : t’inquiète pas, fils, ceux qui savent s’occupent de tout, fais ce qu’on te dit et tu seras heureux.

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  • La "Nationalité", un gros mot ? 27 juin 2011 20:00, par Jcmstella

    Tous les français doivent avoir les mêmes droits, c’est le principe de l’égalité inscrit dans notre constitution. Pourquoi certains doivent-ils avoir des droits supplémentaires ? Je pense, par exemple, aux franco-algériens qui peuvent participer aux élections de France et d’Algérie ? Pourquoi les Harkis et les Pieds-Noirs qui sont nés en Algérie, de parents eux-mêmes nés en Algérie n’ont-ils pas la possibilité de participer eux aussi aux élections algériennes ?
    On ne peut pas avoir deux patries, il faut choisir. Si on nait en France de parents étrangers, on ne doit acquérir la nationalité française qu’à sa majorité, non seulement en la demandant, mais aussi en répudiant la nationalité de ses parents. Mes grands-parents étaient italiens, mais ils ont fait l’effort de s’assimiler en particulier en parlant français non seulement à l’extérieur, mais aussi au domicile. Résulat le français est la langue maternelle de mes parents qui ne savent pas du tout parler l’italien.
    J-C STELLA

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  • La "Nationalité", un gros mot ? 1er juillet 2011 23:41, par SINTES

    Si on retient la définition de Renan (la meilleure me semble-t-il !) : la France actuelle ne correspond plus à la nation à laquelle j’aspire ! car je n’y distingue plus de communauté de destin, en ce qui me concerne, avec les "élites" qui prétendent la représenter (et qui sont régulièrement élus, donc reconnus comme représentatifs par mes "compatriotes") : il faut avoir conscience d’une recomposition, de la création d’un nouvel espace, qui reste à définir (je me sens plus proche de Wladimir Poutine que de Nicolas Sarkozy) .....,

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