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L’éviction de de Villiers, une décision impopulaire ? Sans doute mais pas seulement...

, par  noreply@blogger.com (atoilhonneur corto) , popularité : 2%
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Hier, alors que j’étais en voiture, RMC interrogeait ses auditeurs sur la baisse de popularité de 10 points du Généralissime Macron : Deux heures pour expliquer ce qui peut tenir en un billet de blog ! Autant me lire, vous gagnerez du temps !

Baisse de popularité de 10 points mettant donc le Macron à 54% d’opinions favorables. Une chute vertigineuse en si peu de temps que seul Chirac avait égalé en son temps. Moi, ce qui m’étonne - confirmant mon idée que les Français sont (sauf mes lecteurs) des veaux - c’est qu’elle n’ait pas baissé plus vite et encore plus fortement. Parce que souvenez-vous, s’il a été élu avec 66% des suffrages exprimés, il ne l’a été que par 43% des électeurs inscrits et pire encore, selon Ipsos (qui sur cette élection ne s’est pas planté), seulement 40 % des électeurs d’Emmanuel Macron adhèrent à son projet. Voici donc un Président élu avec un score officiel de 66 %, mais avec le soutien effectif de seulement 8 millions d’électeurs, soit 17 % des inscrits !

Soit 17% des inscrits ! Un handicap de départ des plus lourds ! Et depuis son élection, on ne peut pas dire qu’il ait cherché à le combattre ce handicap. N’a-t-il pas accumulé de nombreuses erreurs prêtes à entamer sa popularité ?

Des commémorations en pagayes et en repentance, une palanquée de personnalités qu’il a fallu virer (Goulard, Bayrou), recaser ailleurs (Ferrand, de Sarnez) ou recadrer sévèrement (de Villiers), des bourdes à répétition, des retournements de veste, des reculades, l’amateurisme flagrant d’une partie de ses troupes, un ego de plus en plus boursouflé (pyramide du Louvre, Jupiter, maître des horloges...), de la com’ à outrance (Top Gun, hélitreuillage,...), baisse des APL et annonce d’une baisse à venir de l’ISF, les journalistes qu’il s’est mis à dos... De quoi énerver un brin le Français moyen, non ? Des erreurs de jeunesse, diront certains ?

Possible mais pas uniquement. Prenons le cas de l’affaire de Villiers. On nous a présenté cette histoire comme l’affrontement du chef des Armées (Jupiter-Macron, donc) avec le chef d’Etat-Major de ses Armées (le général de Villiers). Et tout ça pour une histoire de 850 millions de réduction budgétaire. De quoi choper les nerfs pour de Villiers qui, à huis-clos, à l’Assemblée, déclara " ne pas se laisser baiser ". Aussitôt, Macron montre au créneau et entre une visite des Invalides et un dîner chez Ducasse (retour d’ascenseur passé sous silence par les medias) avec Trump s’en va, de la manière la plus anti-managériale de base et, selon certains irrespectueuse, engueuler publiquement de Villiers à l’Hôtel de Brienne, toutes caméras convoquées pour l’occasion. L’honneur d’un militaire n’ayant pas de prix, de Villiers est éjecté démissionne. Un clash d’Etat aussi soudain que brutal et tout aussi impopulaire ; le Français aime son armée. Soudain ? Vraiment ? Et si toute cette affaire avait été anticipée, prévue, organisée par Macron et ce depuis un moment ?

Qu’est-ce qui me fait dire cela ? D’abord le parcours fulgurant du remplaçant de de Villiers, le général Lecointre. Aussi brillant militaire fut-il, a-t-on déjà vu, de mémoire de militaire, un colonel rester plus de 8 ans colonel et devenir 5 étoiles en 6 ans ? Non. A-ton déjà vu un colonel devenir général 3 étoiles en à peine 4 ans ? Rarement. Un 3 étoiles devenir 5 étoiles en à peine 2 ans ? Jamais. Lecointre a été mis sur orbite avant même l’arrivée de Macron au pouvoir.

Après, on se souviendra que Macron fut ministre de l’économie de Hollande. Il fut donc déjà confronté, à Bercy, aux revendications budgétaires du " quarteron " de la Défense : Le Drian et son chef de cabinet Cédric Lewandowski, le Général de Villiers et le délégué général de l’armement, Laurent Collet-Billon. Plusieurs fois, ces 4 là avaient fait pression sur Hollande et Macron pour obtenir plus de crédits. De Villiers (et ses 3 chefs d’Etats-Majors) ayant plusieurs fois mis leur démission dans la balance. Macron savait donc qu’avec ses 4 là, ils aurait du souci à se faire et ne pourrait, en matière de Défense, faire ce qu’il souhaitait. Il nomma Goulard à la Défense, transférera Le Drian aux Affaires Etrangères pour mieux le snober ( Le Drian ne fut pas convié aux agapes poutinesques et trumpiennes, il apprit la visite de Poutine par la presse ; sans doute démissionnera-t-il à la rentrée), fit virer Lewandowski par Goulard... puis éjecta, sans ménagement, de Villiers ! Il n’y avait plus qu’à placer Lecointre, celui-là même qui servit Cazeneuve puis Edouard Philippe en tant que chef de cabinet militaire à Matignon.

Aujourd’hui, Macron a désormais une totale main-mise sur la Défense Nationale, une Défense Nationale dont on sait bien (cf la nomination de Goulard) qu’il la souhaiterait... européenne

Tout ça pour dire que si Macron commet ce qui, par les médias, nous est présenté comme des erreurs, certaines ne le sont sans doute pas et tant pis pour la popularité. Macron est certes encore un jeune homme qui n’a pas terrassé l’ours mais c’est un joueur d’échec. Il a la légalité de son élection pour lui, a défaut de légitimité, une très large majorité à l’Assemblée, sans doute une relative au Sénat sous peu, il poursuit un but : gagner la partie pour lui et ceux qui l’on fait élire (on ne parle pas ici de l’électeur lambda...). La popularité, pour l’instant, à 54%, ça lui convient parfaitement. Les médias en feront tout un plat, pas lui.

Folie passagère 3391
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D’accord, pas d’accord : atoilhonneur chez yahoo.fr

Voir en ligne : http://corto74.blogspot.com/2017/07...

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