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Général Bertrand Soubelet : « Il y a désormais un problème de confiance »

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Pour le Général Bertrand Soubelet, malgré la discipline, les militaires demandent juste d’avoir les moyens de travailler.

Ex-numéro trois de la gendarmerie nationale, le général Soubelet avait été relevé de ses fonctions après avoir souligné lors d’une audition à l’Assemblée en 2013 les lacunes de la sécurité nationale.

Vous comprenez la démission du général de Villiers ?

GÉNÉRAL BERTRAND SOUBELET.

Il a fait son devoir. C’est un grand chef militaire qui dit ce qu’il pense, pour servir l’intérêt général, pas pour se faire mousser. Quand il a dit ses vérités devant la commission de la Défense, il voulait faire prendre conscience aux députés des conséquences de réductions budgétaires. Si le chef défend l’outil, c’est parce que cela a un impact sur la vie de ses subordonnés. La grande différence entre les politiques et nous, c’est que nous sommes responsables de la vie de nos subordonnés. Cela donne une exigence de vérité que peu de monde comprend. D’autant que les politiques sont dépourvus de culture militaire, surtout les parlementaires nouvellement élus.

Cela laissera des traces ?

Il y a désormais un problème de confiance entre le président de la République et les armées. Comment croire à ses promesses pour les prochaines années ?

Cela va être un problème pour son successeur ?

Il ne faudra surtout pas qu’il se dise : « Attention, si je l’ouvre, je vais devoir partir. » Il faut une certaine connivence entre le chef d’état-major et le président. Celle-ci existait sous le quinquennat précédent, grâce à un homme extrêmement important dans le dispositif : le général Puga, ancien chef d’état-major particulier de l’Elysée. Il s’entendait très bien avec Hollande et de Villiers, du coup, il n’y avait pas de non-dits.

Y a-t-il un risque de grogne au sein de l’armée ?

Je ne crois pas. C’est un outil très discipliné. Les militaires ne se posent pas toutes ces questions. Ce qu’ils demandent, c’est d’avoir les moyens de travailler. Mais ils ont aussi besoin de chefs en qui s’identifier, en qui avoir confiance, afin de ne pas se retrouver dans un système ordre et contre-ordre. Les armées ont besoin d’un chef qui ait une parole et qui porte celle de ses subordonnés. Pour qu’elle soit crédible, elle ne peut pas changer au gré des volte-face politiques.

Voir en ligne : http://www.leparisien.fr/politique/...

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