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	<title>NotreJournal</title>
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	<description>Un site pour tous, fait par des Pieds Noirs pour enrichir le d&#233;bat, responsable de ce qu'il &#233;crit mais pas de ce que vous comprenez.</description>
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		<title>Loi climat de l'Union Europ&#233;enne : un d&#233;sastre &#233;conomique et soci&#233;tal sans aucun effet sur le climat</title>
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		<dc:date>2026-01-25T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent B&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>article-externe</dc:subject>

		<description>L'Union europ&#233;enne a entam&#233; le processus l&#233;gislatif visant &#224; inscrire en 2026 dans sa loi une r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre de 90% en 2040, par rapport &#224; celles de 1990. Cet objectif constitue un point d'&#233;tape avant l'atteinte esp&#233;r&#233;e des &#171; z&#233;ro &#233;missions nettes &#187; en 2050. En cas d'adoption d&#233;finitive, les &#201;tats membres devront transcrire ces dispositions dans leurs lois. Notre rapport d&#233;montre que cet objectif est impossible &#224; tenir car il suppose que l'UE dispose des (&#8230;)

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 <content:encoded>&lt;img src='https://notrejournal.info/local/cache-vignettes/L144xH76/arton35314-0e7fd.png?1769697156' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='76' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Union europ&#233;enne a entam&#233; le processus l&#233;gislatif visant &#224; inscrire en 2026 dans sa loi une r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre de 90% en 2040, par rapport &#224; celles de 1990. Cet objectif constitue un point d'&#233;tape avant l'atteinte esp&#233;r&#233;e des &#171; z&#233;ro &#233;missions nettes &#187; en 2050. En cas d'adoption d&#233;finitive, les &#201;tats membres devront transcrire ces dispositions dans leurs lois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Notre rapport d&#233;montre que cet objectif est impossible &#224; tenir car il suppose que l'UE dispose des moyens de multiplier par 2 &#224; 3 la vitesse de d&#233;carbonation de l'&#233;conomie, ce qui rel&#232;ve du r&#234;ve. En effet, l'Europe ne dispose ni des ressources financi&#232;res, ni de la main d'&#339;uvre, pour conduire aussi rapidement un changement complet de nos paradigmes &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire encore, le plan sugg&#233;r&#233;, &#224; base de d&#233;ploiement massif d'&#233;lectricit&#233; solaire et &#233;olienne, d'investissements colossaux pour corriger l'intermittence de ces &#233;nergies, en ayant recours &#224; des technologies dont la maturit&#233; technologique est incertaine, et la durabilit&#233; faible, ne pr&#233;sente pas les garanties de fiabilit&#233; n&#233;cessaires pour notre approvisionnement &#233;lectrique. Des organismes officiels, y compris au sein de l'Union, ont soulign&#233; le manque de rigueur scientifique de certaines options retenues, notamment concernant le d&#233;veloppement d'une fili&#232;re hydrog&#232;ne &#171; verte &#187;, et d&#233;noncent l'incapacit&#233; des &#233;tats membres de d&#233;ployer les r&#233;seaux &#233;lectriques indispensables pour faire fonctionner des &#233;nergies renouvelables dont la puissance install&#233;e serait multipli&#233;e par quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la volont&#233; d'imposer aux agents &#233;conomiques des modifications co&#251;teuses, et parfois techniquement immatures, de leurs m&#233;thodes de production et de consommation d'&#233;nergie, les place dans une situation concurrentielle d&#233;favorable qui a d'ores et d&#233;j&#224; provoqu&#233; une chute de certaines productions industrielles et menace de l'aggraver encore, poussant nombre d'industries, et notamment celles qui consomment beaucoup d'&#233;nergie, &#224; d&#233;localiser leurs sites de production, principalement vers l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de la d&#233;carbonation &#224; tout prix a d&#233;j&#224; conduit les &#201;tats membres &#224; adopter des mesures limitant certaines libert&#233;s individuelles, &#224; commencer par celles d'exercer certaines activit&#233;s professionnelles, comme par exemple l'&#233;levage. Elles vont &#233;galement imposer aux m&#233;nages des d&#233;penses massives qu'ils n'entreprendraient pas de fa&#231;on rationnelle sans coercition l&#233;gislative. Poursuivre dans cette voie laisse craindre la multiplication de ce genre de mesures liberticides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les 21 000 milliards d'Euros que l'UE pr&#233;voit de d&#233;penser, ou de faire d&#233;penser aux agents &#233;conomiques priv&#233;s, d'ici &#224; 2040, pour mettre &#224; ex&#233;cution son plan climat, toutes les difficult&#233;s d&#233;j&#224; apparues montrent que le plan n'a aucune chance d'&#234;tre atteint : pas assez d'argent, pas assez de main d'&#339;uvre, pas assez de demande de la soci&#233;t&#233; pour des produits &#171; verts &#187; tant que ceux ci seront beaucoup plus co&#251;teux que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport d&#233;montre &#233;galement que cette obsession climatique n'aura absolument aucun effet sur le climat mondial. La diff&#233;rence de contribution de l'UE aux temp&#233;ratures terrestres en 2100, selon que le plan 2040 sera mis en &#339;uvre ou pas, et selon les m&#233;thodes d'estimation du GIEC, est estim&#233;e entre deux centi&#232;mes et cinq centi&#232;mes de degr&#233;, tout &#224; fait imperceptibles. Que l'Europe atteigne le net z&#233;ro en 2050, en 2100, ou quelque part entre ces deux dates, ne fait tout simplement aucune diff&#233;rence au niveau du climat mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique retenu par l'UE s'inspire du mod&#232;le allemand de la transition &#233;nerg&#233;tique d&#233;fini sous les chanceliers Merkel et Schr&#246;der. Ce mod&#232;le a d'ores et d&#233;j&#224; &#233;chou&#233;, et m&#234;me le chancelier allemand actuel s'en rend compte. Persister dans cette direction contre toute rationalit&#233;, par dogmatisme pur, constituerait une faute grave de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar des choix r&#233;cemment op&#233;r&#233;s par l'administration am&#233;ricaine, L'Europe doit d'urgence admettre cet &#233;chec et effectuer un virage &#224; 180&#176; en faveur de l'adoption d'un &#171; mod&#232;le fran&#231;ais modernis&#233; &#187; de l'&#233;lectricit&#233; fond&#233; sur l'&#233;nergie nucl&#233;aire, certes actuellement plut&#244;t ch&#232;re et lente &#224; d&#233;velopper en comparaison des &#233;nergies fossiles, mais qui suscite &#233;norm&#233;ment de recherches et de d&#233;veloppements prometteurs laissant esp&#233;rer que ces d&#233;savantages comp&#233;titifs seront effac&#233;s en l'espace d'une g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Rapport'&gt; Rapport &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='I-Contexte'&gt; I. Contexte &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 5 novembre 2025, le Conseil des ministres de l'Environnement de l'Union europ&#233;enne a valid&#233; une proposition d'amendement &#224; la loi climat de l'union[1] fixant une nouvelle &#233;tape dans son agenda de r&#233;duction des gaz &#224; effets de serre (GES) : &lt;strong&gt;&#8211; 90 % d'&#233;missions nettes d'ici 2040&lt;/strong&gt;, par rapport &#224; 1990. Cet objectif prolonge l'agenda &#171; Fit for 55 &#187; (&#8211; 55 % d'ici 2030) et constitue la derni&#232;re &#233;tape avant l'objectif de neutralit&#233; carbone en 2050[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amendement doit encore suivre un parcours l&#233;gislatif de plusieurs &#233;tapes, avant publication au Journal Officiel courant 2026. S'il est d&#233;finitivement adopt&#233;, les &#201;tats membres devront le transcrire dans leurs lois. Le pr&#233;sent rapport vise &#224; analyser la &lt;strong&gt;faisabilit&#233; &#233;conomique, physique et technologique&lt;/strong&gt; de cette trajectoire, ainsi que les &#233;ventuelles cons&#233;quences soci&#233;tales de sa transposition l&#233;gislative.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='II-Decryptage-ce-que-signifie-reellement-l-objectif-90-en-2040'&gt; II. D&#233;cryptage : ce que signifie r&#233;ellement l'objectif &#8211;90 % en 2040 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de r&#233;duction &#171; &#8211; 90 % d'&#233;missions nettes &#187; doit &#234;tre d&#233;crypt&#233;, car il comporte des subtilit&#233;s. Tout d'abord, ce chiffre de -90% est jug&#233; par rapport aux &#233;missions cumul&#233;es en 1990, des pays composant l'UE aujourd'hui, m&#234;me s'ils ne faisaient pas partie de l'Union il y a 35 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la notion d'&#233;missions nettes est la r&#233;sultante des &#233;missions brutes, traduites en &#171; &#233;quivalent CO2 &#187; (EqCO2) pour les autres gaz tels que le M&#233;thane, desquelles on retranche les retraits de CO2 effectu&#233;s par les &#171; puits de carbone naturels terrestres &#187;, for&#234;ts, prairies, sols, g&#233;n&#233;ralement abr&#233;g&#233;s sous l'acronyme &lt;i&gt;LULUCF&lt;/i&gt; (Land Use, Land Use Change and Forestry). Puis on retranche les retraits de CO2 &#233;ventuellement effectu&#233;s par des m&#233;thodes industrielles, si elles existent. Enfin, le texte pr&#233;voit qu'&#224; partir de 2036, en cas de retard dans la mise en &#339;uvre de ces objectifs, l'UE puisse acheter des cr&#233;dits carbone sur les march&#233;s mondiaux ad hoc pour compenser une &#233;ventuelle contre-performance par le financement de r&#233;duction des &#233;missions effectu&#233;es ailleurs dans le monde, &#224; concurrence de 5% des &#233;missions de 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1990, les &#233;missions brutes de GES de l'union repr&#233;sentaient environ 4,9 Gt EqCO2, et l'absorption LULUCF environ 300 Mt, soit des &#233;missions nettes de 4,6 Gt. R&#233;duire de 90% ce chiffre en 2040 les am&#232;nerait donc &#224; 460 Gt. L'UE estime que l'absorption restera plut&#244;t stable de l'ordre de 300 Mt, et le &#171; joker &#187; d'achats de cr&#233;dits carbone &#224; concurrence de 5% des &#233;missions de 1990 donne une marge suppl&#233;mentaire de 230 Mt. 460 Mt d'&#233;missions nettes correspondent donc &#224; &#8776; 990 Mt d'&#233;missions brutes, que l'on peut arrondir &#224; 1Gt .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire de 90% les &#233;missions nettes de 1990 revient donc &#224; r&#233;duire leur valeur brute de 4,9 &#224; 1 Gt, soit une r&#233;duction de &#171; seulement &#187; 80%. &lt;strong&gt;Par rapport &#224; 2023&lt;/strong&gt;, o&#249; elles ont atteint 3,1 Gt, &lt;strong&gt;la r&#233;duction n&#233;cessaire des &#233;missions brutes est donc de 68%&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retiendra que les &#233;missions de l'UE ont &#233;t&#233; diminu&#233;es de 37% en 33 ans, mais qu'il faudrait qu'elles soient r&#233;duites de 68 % dans les 17 ann&#233;es suivantes. Des r&#233;ductions deux fois plus importantes dans un laps de temps deux fois plus court, est-ce r&#233;aliste ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='III-Faisabilite-economique-l-egalite-de-Kaya'&gt; III. Faisabilit&#233; &#233;conomique : l'&#233;galit&#233; de Kaya &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Relation-entre-emissions-et-PIB'&gt; Relation entre &#233;missions et PIB &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste Yoishi Kaya a popularis&#233; une &#233;galit&#233; triviale montrant la relation existant entre &#233;missions de CO2, intensit&#233; carbone de l'&#233;nergie, l'intensit&#233; &#233;nerg&#233;tique du PIB, l'&#233;volution du PIB par habitant, et la population. Dans sa forme d&#233;velopp&#233;e, cette &#233;galit&#233; s'&#233;crit ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_documents spip_lien_ok'&gt;
&lt;img src='https://notrejournal.info/local/cache-vignettes/L500xH51/emissions-CO2-76-da569ceb-a5e00-9714c.png?1769708785' width='500' height='51'
alt=&#034;PNG - 33.8&#160;kio&#034; style='max-width:100%;' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;On peut la simplifier de la fa&#231;on suivante : &#201;missions = (CO2/PIB) x PIB &#8211; Le terme (CO2/PIB) est appel&#233; &#171; intensit&#233; carbone de l'&#201;conomie &#187;, que nous nommerons &#171; Ic &#187;, exprim&#233;e en grammes de CO2 par dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;galit&#233; abr&#233;g&#233;e devient donc : &lt;i&gt;&#201;missions = Ic x PIB&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution d'Ic d&#233;pend essentiellement des progr&#232;s technologiques qui nous permettent de remplacer les &#233;nergies fossiles par des alternatives, et d'utiliser moins d'&#233;nergie par unit&#233; de valeur cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Les-objectifs-2040-quel-realisme'&gt; Les objectifs 2040, quel r&#233;alisme ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre 1990 et 2023[3], le PIB r&#233;el de l'UE -hors inflation- a augment&#233; de 70%, soit 1,6% par an en moyenne, alors que les &#233;missions brutes de GES sont pass&#233;es de 4,9 &#224; 3,1 Gt de CO2, soit une r&#233;duction de 37%[4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait &#233;mettre 345 grammes de CO2 pour produire 1$[5] de valeur en 1990, et seulement 128 g en 2023, soit une r&#233;duction de 63% en 33 ans, une moyenne de presque 3% par an, et m&#234;me 3,2% par an entre 2008 et 2023. Ce r&#233;sultat est tout &#224; fait remarquable et est de loin le meilleur de toutes les grandes zones &#233;conomiques du monde d&#233;velopp&#233; ou &#233;mergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utilisons l'&#233;galit&#233; de Kaya pour calculer respectivement en 2040 le PIB, la r&#233;duction de l'intensit&#233; carbone de l'&#233;conomie, ou les &#233;missions, selon 3 sc&#233;narios (&lt;i&gt;tableau 1&lt;/i&gt;) :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Scenario-1-lt-lt-amelioration-technologique-constante'&gt;Sc&#233;nario 1, &#171; am&#233;lioration technologique constante &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; : les objectifs d'&#233;missions sont atteints (68% d'&#233;missions brutes en moins par rapport &#224; 2023), et le rythme d'am&#233;lioration de notre Intensit&#233; carbone reste constant &#224; 3,2% par an. =&gt; L'&#233;volution du PIB qui en d&#233;coule est elle r&#233;aliste ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Scenario-2-lt-lt-croissance-economique-constante'&gt;Sc&#233;nario 2, &#171; croissance &#233;conomique constante &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; : les objectifs d'&#233;missions sont atteints, le PIB augmente de 1,6% par an =&gt; L'&#233;volution de l'intensit&#233; carbone qui en d&#233;coule est elle r&#233;aliste ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Scenario-3-lt-lt-poursuite-des-tendances-actuelles'&gt;Sc&#233;nario 3, &#171; poursuite des tendances actuelles &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; : L'intensit&#233; carbone diminue de 3,2% par an et la croissance augmente de 1,5% par an =&gt; Quelle baisse des &#233;missions peut on r&#233;ellement esp&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;nario &lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&#201;missions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2040/2023&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;Intensit&#233; carbone&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2040/2023&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;PIB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2040/2023&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;x 0,32&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;x 0,57&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;x 0,56&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pour atteindre l'objectif 2040 &#224; progr&#232;s technologique constant, il faut diviser le PIB par presque 2, soit une d&#233;croissance annuelle de 3,3% : &lt;strong&gt;irr&#233;aliste&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;x 0,32&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;x 0,25&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;x 1,29&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pour atteindre l'objectif 2040 et continuer de cro&#238;tre nos &#233;conomies au rythme habituel, il faut am&#233;liorer l'intensit&#233; carbone de l'&#233;conomie de 7,8% par an, soit 2,4 fois plus vite qu'actuellement : &lt;strong&gt;c'est ce que veut l'UE, mais est-ce possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;x 0,74&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;x0,57&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;x1,30&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;En continuant nos progr&#232;s &#233;conomiques et techniques au rythme actuel, nos &#233;missions brutes seront r&#233;duites de seulement 26% au lieu de 68%, et atteindront 2,3 Gt au lieu d' environ 1 Gt : &lt;strong&gt;raisonnable &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tableau 1- Trois sc&#233;narios de r&#233;duction des &#233;missions et d'&#233;volution du PIB en Europe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; de Kaya est impitoyable pour le sc&#233;nario n&#176;1 : l'Union Europ&#233;enne ne peut pas, &#224; progr&#232;s technologique constant, r&#233;duire ses &#233;missions sans massacrer son PIB, ce que ses citoyens n'accepteront pas. Dans un r&#233;gime de libert&#233; &#233;conomique, m&#234;me encadr&#233;e, les agents &#233;conomiques mettent leur ing&#233;niosit&#233; en &#339;uvre pour produire constamment mieux en donnant moins de peine : c'est la d&#233;finition m&#234;me de la croissance. Ajoutons qu'avec une d&#233;mographie vieillissante, la croissance est absolument indispensable pour que la valeur produite par les actifs permette d'offrir un niveau de vie d&#233;cent aux inactifs sans que le pr&#233;l&#232;vement sur leur revenu ne soit trop insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE peut-elle esp&#233;rer une r&#233;duction des &#233;missions conforme &#224; l'objectif 2040 avec une croissance simplement identique &#224; celle qu'elle a connue ces derni&#232;res ann&#233;es (sc&#233;nario n&#176;2) ? &#192; premi&#232;re vue, il para&#238;t illusoire d'esp&#233;rer que le progr&#232;s technologique en faveur de la d&#233;carbonation de notre &#233;nergie s'acc&#233;l&#232;re 2,4 fois en si peu de temps, mais c'est pourtant ce que l'&#233;tude d'impact de la loi affirme. L'UE estime que si les baisses d'&#233;missions pass&#233;es &#233;taient progressives, les conditions techniques et financi&#232;res existent d&#233;sormais pour une d&#233;carbonation quasi compl&#232;te de l'&#233;conomie, et ce sans renoncer &#224; une croissance &#233;conomique r&#233;guli&#232;re. Nous examinerons le r&#233;alisme de cet objectif dans les chapitres &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons cependant que le seul pays &#224; avoir r&#233;ussi &#224; atteindre 5% de r&#233;duction de son Ic annuellement sur toute une d&#233;cennie est la France, de 1980 &#224; 1990. Pour cela, elle a mis en service 45 r&#233;acteurs nucl&#233;aires, ce qui reste le record mondial absolu sur un laps de temps aussi court. Cette performance, jamais renouvel&#233;e lors des d&#233;cennies suivantes, a n&#233;cessit&#233; plus de 10 ans de pr&#233;paration en amont. L'UE peut-elle battre ce record sur 15 &#224; 25 ans &#224; l'&#233;chelle de 27 pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de nos sc&#233;narios n&#176;1 et n&#176;2 pour 2040 sont parfaitement align&#233;s avec ceux que l'IREF avait d&#233;j&#224; mis en exergue pour les &#233;ch&#233;ances de 2030 et 2050 dans son rapport de 2022 intitul&#233; &#171; politiques climatiques de l'Union Europ&#233;enne, une analyse critique &#187;[6], qui concluait d&#233;j&#224; &#224; l'irr&#233;alisme des objectifs fix&#233;s par l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un sc&#233;nario n&#176;3 raisonnable o&#249; la croissance et la diminution de notre intensit&#233; carbone se poursuivraient au rythme actuel, la r&#233;duction des &#233;missions brutes ne serait que de 26% par rapport &#224; aujourd'hui, soit de 54% par rapport &#224; celle de 1990. En termes d'&#233;missions nettes, et sans recours &#224; la facilit&#233; comptable des cr&#233;dits carbone, cela reviendrait &#224; &#233;mettre environ 2Gt en 2040, au lieu d'1 Gt escompt&#233;e. Est-ce important ou n&#233;gligeable pour le climat mondial ? Nous r&#233;pondrons &#224; cette question au chapitre VII.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='IV-Ampleur-du-projet'&gt; IV. Ampleur du projet &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ambition affich&#233;e par l'UE s'appuie sur les piliers suivants[7] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une production d'&#233;lectricit&#233; d&#233;carbon&#233;e, n&#233;cessitant une refonte compl&#232;te de notre syst&#232;me de production, de distribution, et de stockage de l'&#233;nergie. Une large &#233;lectrification des usages : industries, agriculture, b&#226;timents et transports. Une agriculture moins &#233;mettrice de GES Des instruments financiers largement priv&#233;s, mais avec des incitations publiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient d'examiner chacun de ces points pour en &#233;valuer la pertinence : Quelle est l'ampleur des changements projet&#233;s ? Quels sont les principaux risques technologiques, &#233;conomiques et soci&#233;taux associ&#233;s &#224; ce plan ? Les r&#233;ductions d'&#233;missions projet&#233;es sont-elles en rapport avec ces co&#251;ts et ces risques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La documentation associ&#233;e &#224; la loi &#171; objectif climatique 2040 &#187; est abondante mais il faut aller chercher au fins fonds d'une annexe[8] de l'&#233;tude d'impact de la loi un r&#233;capitulatif des co&#251;ts d'investissement projet&#233;s entre 2031 et 2050, et dans d'autres documents (Origine BCE[9]) ceux correspondant &#224; la p&#233;riode 2025-2030, comme si la commission voulait rester discr&#232;te sur le d&#233;tail des montants envisag&#233;s. On ajoutera que ces co&#251;ts correspondent &#224; un investissement en capital brut, hors frais financiers. S'agissant d'une loi vot&#233;e au parlement et d&#233;clin&#233;e par les &#201;tats membres, impliquant des sommes consid&#233;rables sur des longues dur&#233;es, cela para&#238;t bien l&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau 2 ci-dessous en pr&#233;sente une synth&#232;se fond&#233;e sur le sc&#233;nario m&#233;dian de l'UE, dans lequel la croissance du PIB se situe aux alentours de 1,5% par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EU 27 &lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;2026-2030&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annuel&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;2031-2040&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annuel&lt;/strong&gt; |&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='t2026-2040-Total'&gt;2026-2040
&lt;p&gt;Total&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; | &lt;strong&gt;2041-2050&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annuel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='idd390_l0'&gt;Fourniture d'&#233;lectricit&#233; &lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idd390_l0'&gt;148&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idd390_l0'&gt;289&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idd390_l0'&gt;&lt;i&gt;3630&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='idd390_l0'&gt;328&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;G&#233;n&#233;rateurs d'&#233;lectricit&#233;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;128&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;&#8776; 1600&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;81&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;R&#233;seaux &#233;lectriques&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;88&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;&#8776; 1200&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;157&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Autres : stockage, capture CO2&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;72&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;&#8776; 830&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;90&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id822b_l0'&gt;D&#233;carbonation de la demande hors transports&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id822b_l0'&gt;338&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id822b_l0'&gt;355&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id822b_l0'&gt;&lt;i&gt;5240&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id822b_l0'&gt;357&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Industrie&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;46&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;&#8776; 680&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;24&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;R&#233;sidentiel&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;237&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;&#8776; 3500&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;242&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Services&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;53&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;&#8776; 780&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;73&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Agriculture&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;19&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;&#8776; 280&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;19&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id0e14_l0'&gt;Transports&lt;/th&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id0e14_l0'&gt;754&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id0e14_l0'&gt;861&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id0e14_l0'&gt;&lt;i&gt;12380&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id0e14_l0'&gt;885&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th id='id2a2c_l0'&gt;Total &lt;/th&gt;
&lt;td headers='id2a2c_l0'&gt;1241 /an&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id2a2c_l0'&gt;1505 /an&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id2a2c_l0'&gt;&lt;i&gt;21250&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id2a2c_l0'&gt;1570 /an&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;PIB annuel moyen de la p&#233;riode&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;(pr&#233;vision)&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;18044&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;19444&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;22369&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; % du PIB&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6,9%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,75%&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;7,0%&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tableau 2 &#8211; Besoin annuel moyen d'investissement dans le syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique europ&#233;en, (Mds d'&#8364; 2023)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les montants totaux, consid&#233;rables, sont compris entre 7 et 8% du PIB. Ces pourcentages correspondent &#224; une augmentation des d&#233;penses dans notre syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique de 30 &#224; 50% par rapport &#224; la moyenne de la d&#233;cennie 2010-2020. La Commission esp&#232;re que l'essentiel des fonds proviendra du secteur priv&#233;, entreprises comme m&#233;nages, les aides publiques jouant le r&#244;le d'un catalyseur de d&#233;cisions d'investissements. Elle compte sur l'extension de son syst&#232;me d'&#233;change de permis carbone (ETS) &#224; un nombre croissant d'entreprises pour les inciter &#224; d&#233;carboner leurs activit&#233;s, sur des politiques de subventions directes importantes des &#201;tats membres aux investissements ou aux achats verts, et sur des textes l&#233;gislatifs contraignants pour forcer des changements de comportement d'achat chez les consommateurs finaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='V-description-sommaire-du-plan-de-l-UE'&gt; V. description sommaire du plan de l'UE &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; quoi ces 21 000 milliards seront-ils employ&#233;s ? L'UE pr&#233;voit une baisse de la consommation finale d'&#233;nergie en Europe mais une augmentation forte de la consommation d'&#233;lectricit&#233;, par &#233;lectrification rapide des usages aujourd'hui gourmands en &#233;nergies fossiles. L'UE pr&#233;voit donc d'augmenter sa production &#233;lectrique totale, de 2900 TWh/an aujourd'hui, &#224; entre 4500 TWh et 5200 TWh en 2040. La puissance &#233;lectrique &#224; fournir doit augmenter de 55% (513 GW en moyenne au lieu de 331, et plus 900 GW en puissance de pointe quand la demande est &#224; son maximum).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Generation-d-electricite'&gt; G&#233;n&#233;ration d'&#233;lectricit&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne pr&#233;voit une hausse continue de la part des &#233;nergies renouvelables intermittentes (ENRi) dans la production &#233;lectrique : Les capacit&#233;s &#233;oliennes terrestres doivent &#234;tre tripl&#233;es, l'&#233;olien offshore multipli&#233; par 9[10], et le solaire par 4, portant la puissance install&#233;e des ENRi &#224; environ 1900-2000 GW au lieu de 500 aujourd'hui. Les ENRi doivent repr&#233;senter plus de 80% de la production &#233;lectrique europ&#233;enne en 2040. Les autres &#233;nergies pilotables non fossiles, hydro&#233;lectricit&#233;, biomasse, nucl&#233;aire, &#233;voluent peu. Notamment, le nucl&#233;aire est jug&#233; trop lent &#224; d&#233;ployer, du fait du petit nombre de r&#233;acteurs en projet (11) ou en chantier (4) dans l'Union. Les capacit&#233;s fossiles doivent &#234;tre r&#233;duites de 40%. Au total, la puissance nominale du r&#233;seau &#233;lectrique doit &#234;tre port&#233;e &#224; 2400 GW contre 1100 aujourd'hui, mais avec une forte diminution de la capacit&#233; des centrales pilotables, &#224; environ 400 GW, nettement en dessous de la demande moyenne attendue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Transport-et-distribution-de-l-electricite'&gt; Transport et distribution de l'&#233;lectricit&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La quantit&#233; d'&#233;lectricit&#233; &#224; transporter et &#224; distribuer augmentant, la quantit&#233; de lignes &#233;lectriques doit &#233;galement cro&#238;tre. L'UE pr&#233;voit de d&#233;ployer 150 000 km de nouvelles lignes haute et moyenne tension (transport) ou basse tension (distribution), dont 18 000 km de c&#226;bles sous-marins et 20 000 de c&#226;bles souterrains tr&#232;s co&#251;teux, dont une grande partie d&#232;s 2030, pour anticiper les besoins de connexions futures. Les ENRi changent radicalement l'organisation du r&#233;seau. Chaque unit&#233; g&#233;n&#232;re une petite quantit&#233; de courant al&#233;atoire, mais avec un maillage bien plus fin qu'un r&#233;seau de centrales classiques. De plus, le r&#233;seau de distribution ne doit plus seulement acheminer le courant vers le client final mais aussi recevoir le courant des toitures solaires. Cela impose le d&#233;ploiement massif de nouveaux &#233;quipements de contr&#244;le de tension, de fr&#233;quence, de gestion num&#233;rique, etc., pour maintenir la fiabilit&#233; du r&#233;seau &#233;lectrique. Les interconnexions frontali&#232;res joueront un r&#244;le essentiel pour amortir les d&#233;s&#233;quilibres g&#233;ographiques de la disponibilit&#233; du vent et du soleil. L'UE pr&#233;voit de les doubler d'ici 2040 (270 GW au lieu de 126) et tripler en 2050.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Stockage-de-l-electricite'&gt; Stockage de l'&#233;lectricit&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La production des ENRi &#233;tant variable, tant&#244;t plus &#233;lev&#233;e que la demande, tant&#244;t plus basse, il convient de g&#233;rer cette intermittence pour qu'&#224; tout moment, la quantit&#233; d'&#233;lectricit&#233; distribuable soit &#233;gale &#224; la demande. Aujourd'hui, cette stabilisation est assur&#233;e par des centrales de secours fonctionnant souvent aux &#233;nergies fossiles. L'UE souhaite remplacer ce dispositif par du stockage d'&#233;lectricit&#233;, avec en 2040 une multiplication par 15 des parcs de batteries (de 15 GW &#224; plus de 225), un l&#233;ger d&#233;veloppement de stations de transfert d'&#233;nergie par pompage hydraulique (STEP) et la diversification des technologies de stockage &#224; plus long terme, et notamment l'hydrog&#232;ne &#171; vert &#187; produit &#224; partir des exc&#232;s d'&#233;lectricit&#233; renouvelable. Le plan hydrog&#232;ne est particuli&#232;rement ambitieux : il sera produit &#224; partir des surplus d'&#233;lectricit&#233; renouvelable, achemin&#233;e vers des &#233;lectrolyseurs capables de casser des mol&#233;cules d'eau pour en extraire l'hydrog&#232;ne sans &#233;mettre de CO2. Cet hydrog&#232;ne &#171; vert &#187; sera achemin&#233; sous haute pression par environ 40 000 km de tuyaux, vers des cavernes salines souterraines naturelles qui servent aujourd'hui au stockage du gaz naturel, puis extrait de ces stockages vers d'autres tuyaux pour soit entra&#238;ner des turbines &#233;lectriques, soit servir de carburant &#224; des installations produisant principalement des engrais azot&#233;s, du m&#233;thane ou des biocarburants pour l'aviation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Decarbonation-de-la-demande-d-energie-industrie-agriculture-batiments'&gt; D&#233;carbonation de la demande d'&#233;nergie : industrie, agriculture, b&#226;timents &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les industries &#224; forte intensit&#233; &#233;nerg&#233;tique (sid&#233;rurgie, ciment, verre, papier, raffinage, chimie de base, engrais) sont incit&#233;es &#224; adopter des proc&#233;d&#233;s bas carbone (&#233;lectricit&#233;, hydrog&#232;ne&#8230;), ou la capture et le stockage de leurs &#233;missions. L'UE pr&#233;voit une r&#233;duction des &#233;missions agricoles en am&#233;liorant l'efficacit&#233; des pratiques de culture et d'&#233;levage, notamment par l'optimisation de l'usage d'engrais et d'engrais &#171; verts &#187;, une gestion am&#233;lior&#233;e des sols, de la rotation des zones de culture et d'&#233;levage, et la diffusion de techniques de production &#224; plus faible intensit&#233; carbone. Elle pr&#233;voit une r&#233;duction de la consommation &#233;nerg&#233;tique des b&#226;timents, gr&#226;ce notamment &#224; des normes renforc&#233;es d'efficacit&#233; pour la construction neuve, &#224; l'am&#233;lioration de l'isolation des logements existants et l'adoption de pompes &#224; chaleur &#233;lectriques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Decarbonation-des-transports'&gt; D&#233;carbonation des transports &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Le transport est de loin le secteur dans lequel les investissements attendus par l'UE sont les plus &#233;lev&#233;s, repr&#233;sentant pr&#232;s de 60% de leur total en 2040 (cf &#167; IV) L'Union europ&#233;enne pr&#233;voit une &#233;lectrification massive du parc routier (voitures et poids lourds), en visant une g&#233;n&#233;ralisation progressive des v&#233;hicules particuliers et utilitaires &#224; batterie, soutenue par des normes d'&#233;missions qui interdisent les ventes de voitures &#224; moteurs thermiques neufs &#224; partir de 2035. Elle veut &#233;galement soutenir le d&#233;veloppement d'une infrastructure de charge rapide. Les transports urbains et r&#233;gionaux (bus, trains diesel) doivent &#234;tre largement &#233;lectrifi&#233;s, l'investissement dans les &#171; mobilit&#233;s douces &#187; encourag&#233;, et le transport a&#233;rien et maritime doit &#233;voluer vers des carburants renouvelables ou bas carbone.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Coherence-entre-production-reseaux-stockage-et-demande'&gt; Coh&#233;rence entre production, r&#233;seaux, stockage, et demande &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les sc&#233;narios de l'UE reposent sur une hypoth&#232;se implicite mais d&#233;terminante : &lt;strong&gt;la coh&#233;rence temporelle entre les trois piliers du syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique, &lt;/strong&gt;production, transport et stockage, et un quatri&#232;me pilier, l'augmentation de la demande. Que l'une de ces composantes du plan prenne du retard et la s&#233;curit&#233; de l'approvisionnement &#233;lectrique de l'Europe peut &#234;tre remise en cause. Cette coh&#233;rence est d'autant plus d&#233;licate &#224; garantir que ce plan europ&#233;en doit &#234;tre d&#233;clin&#233; en volets nationaux par les &#201;tats membres, et il suffit que tous ne progressent pas &#224; la m&#234;me vitesse pour que des d&#233;s&#233;quilibres majeurs apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='VI-Principales-critiques-du-plan-climat-2040-de-l-Union'&gt; VI. Principales critiques du plan climat 2040 de l'Union &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas &#224; ce jour de critique globale du plan &#171; climat 2040 &#187; de l'Union. En revanche, de nombreux travaux examinant certains points particuliers ou certaines d&#233;clinaisons de ce plan au niveau d'un &#201;tat membre soulignent l'existence de difficult&#233;s importantes. Nous n'en citerons que quelques-unes particuli&#232;rement significatives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Production-d-electricite-l-equation-economique-impossible-des-ENRi'&gt; Production d'&#233;lectricit&#233; : l'&#233;quation &#233;conomique impossible des ENRi &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les &#233;nergies renouvelables intermittentes produisent beaucoup lorsque le vent et l'ensoleillement sont abondants, et tr&#232;s peu lorsque ces deux &#233;l&#233;ments se font rares (p&#233;riode souvent d&#233;sign&#233;e par son nom allemand, &lt;i&gt;Dunkelflaute&lt;/i&gt;). Au niveau europ&#233;en, l'observation des donn&#233;es des derni&#232;res ann&#233;es montre que la production des ENRi peut varier de 5 &#224; 65% de sa capacit&#233; maximale &#224; un instant donn&#233;. Au niveau d'un seul pays comme la France ou l'Allemagne, le niveau de disponibilit&#233; des ENRi peut tomber &#224; moins de 1%. Cela a de grandes cons&#233;quences sur l'&#233;conomie des ENRi. Alors que la demande moyenne est projet&#233;e &#224; &#8776;500 GW en 2040 (pointe : 900 GW), les 2 TW d'ENRi install&#233;es produiront jusqu'&#224; 1300 GW en p&#233;riode de forte charge m&#233;t&#233;orologique. Or, &#224; tout moment, la demande et l'offre d'&#233;lectricit&#233; doivent co&#239;ncider. En l'absence de capacit&#233;s de stockage importantes,&lt;strong&gt; il y aura donc de plus en plus fr&#233;quemment des p&#233;riodes de surproduction massive d'&#233;lectricit&#233;&lt;/strong&gt; aboutissant &#224; des prix de gros n&#233;gatifs, o&#249; certains producteurs doivent payer pour pouvoir injecter leur &#233;lectricit&#233; sur le r&#233;seau. Cela conduit syst&#233;matiquement &#224; des coupures forc&#233;es de certaines centrales sur ordre des gestionnaires de r&#233;seau, contre d&#233;dommagements. Eurelectric[11] note une explosion r&#233;cente du nombre d'heures o&#249; au moins un pays de l'UE est confront&#233; &#224; des prix n&#233;gatifs (figure 1).&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_documents spip_lien_ok'&gt;
&lt;img src='https://notrejournal.info/local/cache-vignettes/L500xH333/Nombre-dheures-d-fbb9fa41-a19b9-95990.jpg?1769708785' width='500' height='333'
alt=&#034;JPEG - 57.7&#160;kio&#034; style='max-width:100%;' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Figure 1 &#8211; Nombre d'heures de prix de gros de l'&#233;lectricit&#233; n&#233;gatifs dans au moins un pays de l'UE&lt;/i&gt; Au niveau europ&#233;en, l'ENTSO-E[12] alerte sur le risque d'explosion de ce ph&#233;nom&#232;ne d'ici &#224; 2030. &#171; &lt;i&gt;Il y a des indications claires que les &#233;v&#233;nements de g&#233;n&#233;ration excessive d'&#233;lectricit&#233; deviendront chose commune d'ici &#224; 2030&lt;/i&gt; &#187;, les capacit&#233;s ENRi install&#233;es &#224; cette date d&#233;passant largement les fourchettes de consommation observ&#233;es. En France, le haut-commissaire &#224; l'&#233;nergie atomique note[13] que &#171; &lt;i&gt;L'offre est d&#233;j&#224; trop importante, nous vivons une surcapacit&#233; de production (&#8230;) Les &#233;pisodes de prix spot&lt;strong&gt;[14]&lt;/strong&gt; n&#233;gatifs ou nuls, rares jusqu'en 2023, ont explos&#233;&lt;/i&gt; &#187;, et indique qu'en juin 2025, le nombre d'heures &#224; prix n&#233;gatifs &#233;tait d&#233;j&#224; sup&#233;rieur &#224; ce m&#234;me nombre pour toute l'ann&#233;e 2024. Pour les mois d'avril, mai et juin, 15% des heures sont d&#233;sormais en situation de prix n&#233;gatif. Cela oblige les gestionnaires de r&#233;seau &#233;lectrique &#224; forcer des producteurs, y compris d'ENRi, &#224; couper leur production, moyennant des d&#233;dommagements de plus en plus &#233;lev&#233;s. En contrepartie, en p&#233;riode de &lt;i&gt;Dunkelflaute&lt;/i&gt;, fr&#233;quentes en automne et en hiver, si la demande est &#233;lev&#233;e, le d&#233;ficit de production peut devenir important car les capacit&#233;s pilotables seront tr&#232;s inf&#233;rieures &#224; la demande de pointe, laquelle peut &#234;tre tr&#232;s &#233;lev&#233;e aux m&#234;mes &#233;poques du fait du froid. Dans ces moments, les prix &#171; spot &#187; peuvent atteindre des sommets, mais les producteurs d'ENRi n'en profitent &#233;videmment pas. Par cons&#233;quent, le &#171; temps rentable &#187; des fermes de production d'ENRi diminue au fur et &#224; mesure que leur installation augmente. Dans un pays comme le n&#244;tre, o&#249; les moyens de production pilotables nucl&#233;aires ne peuvent massivement s'effacer devant les renouvelables, le haut commissaire &#224; l'&#233;nergie atomique conclut que &#171; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Les-moyens-renouvelables-actuellement-mis-en-service-et-ceux-deployes-dans-nbsp'&gt;Les moyens renouvelables actuellement mis en service et ceux d&#233;ploy&#233;s dans la future d&#233;cennie seront tr&#232;s largement contraints de ne pas produire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;. Chaque actif (renouvelable) nouvellement install&#233; sera quasi &#233;chou&#233; d&#232;s son inauguration et ne pourra produire que marginalement, ce qui se traduira par des co&#251;ts consid&#233;rables pour le contribuable, pour de l'&#233;lectricit&#233; qui ne sera pas produite&lt;/i&gt; &#187; Les capacit&#233;s renouvelables massives ne peuvent donc &#234;tre rentables qu'en pr&#233;sence de subventions de plus en plus fortes. Or, la promesse politique de la transition &#233;nerg&#233;tique &#233;tait que ces subventions ne soient que temporaires, pour aider le secteur &#224; se lancer. De fait, certains gouvernements ont commenc&#233; &#224; r&#233;duire ces aides, parfois sous la pression de leurs &#233;lecteurs. Faute de sch&#233;mas de subventions suffisamment &#233;lev&#233;s pour couvrir tous les risques, plus de 150 GW de projets dans l'&#233;olien Offshore ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s dans le monde entre 2023 et 2025[15], dont environ 100 GW en Europe, et l'UE constate pour la premi&#232;re fois une baisse des installations solaires[16] en 2025. De plus, les co&#251;ts unitaires de d&#233;ploiement des ENRi baissent bien moins vite que lors de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente. Par cons&#233;quent, &lt;strong&gt;on ne voit pas comment l'investissement dans les renouvelables pourrait augmenter sans faire exploser les subventions&lt;/strong&gt;. De fait, l'agence de coop&#233;ration des r&#233;gulateurs europ&#233;ens de l'&#233;nergie (ACER) estime que les co&#251;ts du syst&#232;me &#233;lectrique[17] augmenteront de 20 &#224; 40% entre 2024 et 2030, et doubleront d'ici 2050, et que d'une fa&#231;on ou d'une autre, ce co&#251;t sera port&#233; par les m&#233;nages et les entreprises, qui verront leur facture exploser, mena&#231;ant &#224; la fois notre niveau de vie et notre comp&#233;titivit&#233;. Pire encore, plus les ENRi se d&#233;ploient, et plus les moyens de production classiques (gaz, charbon, nucl&#233;aire) doivent s'effacer devant la surproduction renouvelable. Dans le cas du nucl&#233;aire fran&#231;ais, cet effacement est absolument dramatique &#233;conomiquement : il r&#233;duit le taux d'utilisation des centrales ainsi que la dur&#233;e de vie de certains de leurs &#233;quipements non pr&#233;vus pour fonctionner en &#171; stop and go &#187;[18]. Ces deux ph&#233;nom&#232;nes augmentent consid&#233;rablement le prix de revient de l'&#233;lectricit&#233; produite par ces centrales, ob&#233;rant leur rentabilit&#233;. Le d&#233;veloppement de nouvelles centrales nucl&#233;aires est donc rendu &#233;conomiquement impossible par le d&#233;veloppement massif des capacit&#233;s renouvelables[19].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Production-electrique-fiabilite-du-reseau'&gt; Production &#233;lectrique : fiabilit&#233; du r&#233;seau &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les difficult&#233;s li&#233;es au d&#233;ploiement massif d'ENRi ne sont pas seulement &#233;conomiques. Les lois de la physique rendent la distribution de cette &#233;lectricit&#233; al&#233;atoire plus difficile &#224; ma&#238;triser que celle des centrales pilotables &#233;prouv&#233;es du si&#232;cle dernier, lesquelles utilisent les propri&#233;t&#233;s d'inertie rotative de leurs turbines pour adapter en permanence et en douceur leur production &#224; la demande de courant. &lt;strong&gt;Le blackout survenu en Espagne le 28 avril 2025 &lt;/strong&gt;a montr&#233; qu'en l'&#233;tat technologique actuel, un r&#233;seau tr&#232;s majoritairement aliment&#233; en ENRi n'est pas fiable[20] car il ne poss&#232;de pas cette capacit&#233; d'adaptation permanente de la production de courant &#224; la demande par inertie qui caract&#233;rise les centrales classiques &#224; turbine. Or, les ENRi repr&#233;sentaient 77% de la g&#233;n&#233;ration &#233;lectrique lorsque l'incident s'est produit, soit moins que le pourcentage moyen de renouvelables envisag&#233; par l'UE en 2040. Le nucl&#233;aire fran&#231;ais, de par sa capacit&#233; d'inertie, a fait office d'amortisseur de crise entre le r&#233;seau espagnol en pleine chute et les autres r&#233;seaux europ&#233;ens. Sans lui, l'incident aurait pu avoir de toutes autres r&#233;percussions sur tout le continent[21]. Un d&#233;veloppement anarchique des ENRi &#224; grande &#233;chelle dans toute l'Union interroge sur la fiabilit&#233; future de notre approvisionnement &#233;lectrique[22]. Depuis le blackout, l'Espagne a relev&#233; la proportion minimale de centrales au gaz maintenues sur son r&#233;seau, r&#233;duisant la puissance ENRi injectable sur le r&#233;seau et donc les revenus des parcs &#233;oliens et solaires[23]. Le pr&#233;-rapport officiel d'ENTSO-E[24] sur cette panne fait &#233;tat d'un manque de r&#233;silience du r&#233;seau &#233;lectrique espagnol, incapable de r&#233;agir aux fluctuations de production inh&#233;rentes aux ENRi et &#224; la difficult&#233; d'adapter dans des tr&#232;s temps tr&#232;s courts la g&#233;n&#233;ration de courant &#224; des variations m&#234;me faibles de la demande. Il pointe une insuffisance des moyens de production pilotables maintenus sur le r&#233;seau &#233;lectrique, et un investissement insuffisant dans ce dernier pour l'adapter &#224; la pr&#233;pond&#233;rance des ENRi comme sources de courant, tant dans les lignes de transmission que dans les moyens de stockage. ENTSO-E rapporte[25] que les incidents de surtension sur les r&#233;seaux europ&#233;ens sont pass&#233;s de 34 par an en 2015, &#224; environ 730 en 2020, et 8645 en 2024. Soit une augmentation de&#8230; 25 000%. Cette explosion des incidents est attribu&#233;e &#224; la r&#233;cente acc&#233;l&#233;ration du d&#233;ploiement des ENRi. Ces incidents ne pourront &#234;tre r&#233;duits que par un investissement massif dans la modernisation des r&#233;seaux et le d&#233;veloppement de stockage des exc&#233;dents d'&#233;lectricit&#233; produits par les ENRi. Ces chiffres montrent que la maturit&#233; technique d'un r&#233;seau &#233;lectrique aliment&#233; principalement par des ENRi n'est pas atteinte. Dans le milieu industriel, on valide des prototypes avant de passer au stade de d&#233;ploiement industriel. Avec la transition &#233;cologique, l'Europe d&#233;cide de g&#233;n&#233;raliser en force un mod&#232;le qui n'est pas convenablement prototyp&#233;. Un industriel qui agirait ainsi vis &#224; vis de la s&#233;curit&#233; de son produit serait passible des tribunaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Securite-energetique-du-modele-ENRi-Stockage'&gt; S&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique du mod&#232;le ENRi + Stockage &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La demande d'&#233;lectricit&#233; varie constamment, et par cons&#233;quent, tout syst&#232;me &#233;lectrique doit entretenir une capacit&#233; de production sup&#233;rieure &#224; la demande de pointe. Dans tout syst&#232;me &#233;lectrique, m&#234;me pilotable, il y a une surcapacit&#233; structurelle des moyens de production. En France, la flexibilit&#233; de la demande est peu assur&#233;e par le nucl&#233;aire, qui n'est pas fait pour cela, mais pour partie par l'hydro&#233;lectricit&#233; (Barrages ou r&#233;servoirs STEP) et aussi, pour une faible part, par des centrales de backup fossiles (gaz essentiellement). Les batteries seront utilis&#233;es pour du stockage de courte dur&#233;e, pour r&#233;pondre aux variations quotidiennes de demande et aux &#224;-coups de la production des ENRi pour remplacer des centrales gaz dites &#171; de pointe &#187;. L'UE projette de d&#233;ployer 227 GW de batteries suppl&#233;mentaires d'ici 2040[26], contre &#224; peine 15 aujourd'hui, capables de d&#233;livrer cette puissance typiquement pendant 4 heures avant de devoir &#234;tre recharg&#233;es. Le prix de ces batteries ne diminuera plus aussi vite que dans les ann&#233;es 2000-2015, les sc&#233;narios internationaux courants[27] pariant au pire sur une stagnation si la fabrication n'arrive pas &#224; suivre la demande, et au mieux une division par 3 si tous les facteurs (cha&#238;nes logistiques et progr&#232;s technologiques) s'alignent favorablement. La faiblesse structurelle du mod&#232;le &#171; intermittence + stockage &#187; concerne le stockage long. En effet, celui-ci doit &#234;tre capable de faire face &#224; des p&#233;riodes de &lt;i&gt;Dunkelflaute&lt;/i&gt; &#233;lev&#233;es au niveau europ&#233;en. Une &#233;tude universitaire de r&#233;f&#233;rence[28] portant sur 38 ann&#233;es de donn&#233;es m&#233;t&#233;o montre que la saison hivernale 1996/1997 constitue le record &#224; prendre en compte, avec 55 jours de s&#233;cheresse m&#233;t&#233;o au niveau europ&#233;en. Ces p&#233;riodes ne sont pas totalement sans vent et sans soleil mais alternent des p&#233;riodes de s&#233;cheresse m&#233;t&#233;o avec des p&#233;riodes de de vent et soleil insuffisantes pour &#224; la fois alimenter la grille et recharger les stockages. Mais contrairement &#224; des usines en backup, le stockage ne produit pas d'&#233;lectricit&#233;, il ne fait que la convertir pour la restituer, avec de fortes pertes de rendement au passage. Si un cygne noir m&#233;t&#233;orologique venait &#224; enfoncer les records de la saison 1996-1997, m&#234;me si le dimensionnement pour cet &#233;v&#233;nement &#233;tait correct, &lt;strong&gt;alors l'Europe serait en fort risque de p&#233;nurie s&#232;che d'&#233;lectricit&#233; sur une dur&#233;e non pr&#233;visible&lt;/strong&gt;. Un tel &#233;v&#233;nement serait catastrophique, et ne pourrait &#234;tre &#233;vit&#233; qu'en rationnant consid&#233;rablement la demande &#233;lectrique c&#244;t&#233; clients : usines au ralenti, voitures &#233;lectriques non indispensables &#224; l'arr&#234;t, etc. Le mod&#232;le de flexibilit&#233; assur&#233; par des centrales fossiles et hydro&#233;lectriques n'est pas sans risque lui non plus, puisque les prix du gaz peuvent s'envoler, et que des conditions g&#233;opolitiques d&#233;favorables peuvent en r&#233;duire l'approvisionnement. Mais au moins ces risques ne sont-ils pas par nature intrins&#232;quement li&#233;s aux lois de la physique et peuvent-ils faire l'objet de solutions politiques. L'&#233;tude pr&#233;cit&#233;e montre que le besoin de stockage varie consid&#233;rablement en fonction de la qualit&#233; des interconnexions entre pays, car les &#233;pisodes de s&#233;cheresse m&#233;t&#233;orologique ne sont jamais uniformes sur tout le continent. Entre un sc&#233;nario utopique d'interconnexion parfaite et la situation projet&#233;e des interconnexions en 2040, le besoin de stockage mesur&#233; varie entre 11 et 26 jours de consommation &#233;lectrique pr&#233;vue en 2040 (159-351 TWh). Le besoin de stockage r&#233;el se situera donc dans cette fourchette. En effet, en l'absence de bonnes interconnexions, les dur&#233;es de s&#233;cheresse de pointe &#224; prendre en compte localement augmentent : 109 jours en Allemagne( 1995/96), et 131 jours en Espagne (1988/89). Le d&#233;veloppement des interconnexions est donc vital pour r&#233;duire le besoin global de stockage. Pour de telles dur&#233;es de stockage, l'usage des batteries est exclu : m&#234;me dans l'hypoth&#232;se de co&#251;t et de dur&#233;e de vie la plus favorable, 159 TWh de batteries co&#251;teraient&#8230; 20 000 milliards d'euros &#224; renouveler tous les 15 ans. Les plans europ&#233;ens parient donc sur les stations de pompage hydro&#233;lectriques (mais le manque de nouveaux sites g&#233;ographiques compatibles limite cette option) et sur l'hydrog&#232;ne, en conjonction avec une am&#233;lioration des r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Reseaux-des-retards-deja-majeurs'&gt; R&#233;seaux : des retards d&#233;j&#224; majeurs &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La simple logique indique que sans bons r&#233;seaux de transmission, ni le surcro&#238;t de production d'ENRi, ni le stockage, ni le surcro&#238;t de demande, ne pourront &#234;tre satisfaits. Voil&#224; pourquoi l'ENTSO-E estime non seulement que le co&#251;t total des investissements n&#233;cessaires atteint 1200 Mds&#8364;, mais que cet effort doit &#234;tre consenti tr&#232;s rapidement, avec un tr&#232;s gros programme d&#232;s avant 2030 (cf &#167; VI). &lt;strong&gt;Pas de r&#233;seaux, pas de transition !&lt;/strong&gt; Selon le commissaire europ&#233;en &#224; l'&#233;nergie, 40% du r&#233;seau continental est d&#233;pass&#233;[29] (plus de 40 ans), et l'association europ&#233;enne des &#233;nerg&#233;ticiens estime que l'investissement dans la grille doit &#234;tre augment&#233; de 85% par an d&#232;s &#224; pr&#233;sent. Probl&#232;me : comment financer de tels travaux ? La Cour des auditeurs de l'UE[30] note que l'investissement actuel dans les r&#233;seaux est insuffisant par rapport aux objectifs affich&#233;s. Surtout, le temps de compl&#233;tion d'un projet de ligne est beaucoup plus &#233;lev&#233; que celui de l'implantation d'une &#233;olienne ou d'une ferme solaire, ce qui menace l'indispensable coh&#233;rence temporelle des investissements dans les diff&#233;rentes parties du syst&#232;me. L'ENTSO-E indique[31] qu'en 2030, seuls 35 GW d'interconnexions entre pays seront ajout&#233;s, l&#224; o&#249; un besoin suppl&#233;mentaire de 88 GW serait n&#233;cessaire pour optimiser les transferts d'&#233;lectricit&#233; entre pays et r&#233;duire les besoins de stockage d'&#233;lectricit&#233; dans chacun d'entre eux. La Cour des comptes allemande a publi&#233; un rapport tr&#232;s n&#233;gatif sur l'avancement de la transition outre-Rhin[32]. Le programme de d&#233;ploiement de r&#233;seaux &#233;lectriques, pr&#233;voyant 14 000 km de lignes suppl&#233;mentaires entre 2010 et 2030, n'est accompli qu'&#224; 20%. En 2023, le retard sur le planning initial est de 7 ans et 6 000 km. La Banque publique de d&#233;veloppement allemande KFW[33] indique que les gestionnaires de r&#233;seau &#233;lectrique en Allemagne ne disposent que du quart des fonds n&#233;cessaires pour financer l'&#233;volution des r&#233;seaux. Elles devront soit solliciter les banques, soit lever des capitaux pour plus de 350 milliards d'Euros dans les prochaines ann&#233;es. Mais qui les leur apportera, alors que la rentabilit&#233; de ces investissements appara&#238;t al&#233;atoire ? Ce probl&#232;me se r&#233;p&#232;tera dans toute l'Europe. L'exemple des Pays-Bas[34] montre que dans un pays o&#249; le taux de p&#233;n&#233;tration du solaire est &#233;lev&#233; (40% des maisons &#233;quip&#233;es), le r&#233;seau &#233;lectrique n&#233;cessite des mises &#224; niveau techniques massives pour int&#233;grer des millions de petits centres de production solaires. Ces mises &#224; jour sont estim&#233;es &#224; pas moins de 200 Mds&#8364; d'ici 2040. Pire encore, le pays manque de 28 000 techniciens et ing&#233;nieurs qualifi&#233;s pour mener &#224; bien ces mises en &#339;uvre, ce qui provoque une p&#233;nurie de capacit&#233; de connexion au r&#233;seau[35]. Aujourd'hui, le pays refuse des projets industriels faute de capacit&#233; r&#233;seau disponible, et certaines villes en viennent &#224; bloquer l'urbanisation pour les 5 ans &#224; venir car il n'est plus possible de connecter des logements neufs au r&#233;seau. Le gouvernement n&#233;erlandais publie r&#233;guli&#232;rement des cartes de disponibilit&#233; de raccordement au r&#233;seau &#233;lectrique (figure ci-dessous) qui illustrent cette situation de p&#233;nurie.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_documents spip_lien_ok'&gt;
&lt;img src='https://notrejournal.info/local/cache-vignettes/L500xH354/Connectivite-au--52e91764-a0b77-799e1.jpg?1769708785' width='500' height='354'
alt=&#034;JPEG - 81.6&#160;kio&#034; style='max-width:100%;' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Figure 2 &#8211; Connectivit&#233; au r&#233;seau &#233;lectrique n&#233;erlandais, octobre 2024.&lt;/i&gt; Bien s&#251;r, une simple r&#232;gle de trois ne permet pas de d&#233;duire de l'exemple n&#233;erlandais le co&#251;t total de la mise &#224; niveau des r&#233;seaux au niveau europ&#233;en. Mais si la mise &#224; niveau d'un r&#233;seau d'un pays moderne de 18 millions d'habitants est estim&#233;e par les autorit&#233;s locales &#224; 200 Mds&#8364;, peut-on croire que 1200 Mds, soit seulement 6 fois plus, suffiront pour un continent de 450 millions de personnes, soit 25 fois les Pays-Bas ? Ou faut-il craindre une sous-estimation importante des besoins de financement r&#233;els ? S'il manque 28 000 personnels qualifi&#233;s aux Pays Bas pour mener &#224; bien le programme d'adaptation des r&#233;seaux &#233;lectriques, combien en manque-t-il au niveau de toute l'Europe ? Un calcul proportionnel sugg&#232;re un d&#233;ficit de 700 000 personnes. Un document du Parlement europ&#233;en du 19 juillet 2025[36] &#233;voque une augmentation n&#233;cessaire de 50% de la force de travail, actuellement de 835 000 personnes, d'ici &#224; 2030. L'association des producteurs europ&#233;ens d'&#233;lectricit&#233;, Eurelectric, indique[37] que deux millions d'emplois suppl&#233;mentaires seraient &#224; cr&#233;er pour mener &#224; bien l'am&#233;lioration n&#233;cessaire des r&#233;seaux &#224; l'horizon 2050. La fourchette est large mais m&#234;me calcul&#233;s &#224; minima, les besoins actuellement non satisfaits de personnel form&#233; sont consid&#233;rables. Or, dans un secteur technologiquement pointu et d&#233;j&#224; mature, une augmentation aussi rapide des ressources qualifi&#233;es para&#238;t hautement improbable. En effet, ces secteurs se caract&#233;risent par des cycles de formations techniques longs, une culture d'ing&#233;nierie n&#233;cessitant des connaissances &#233;lev&#233;es, et une faible &#233;lasticit&#233; du march&#233; du travail du fait de la raret&#233; de ces comp&#233;tences. Par cons&#233;quent, int&#233;grer rapidement des masses d'employ&#233;s qualifi&#233;s dans ces secteurs est difficile. La Cour des auditeurs de l'UE note que le secteur des r&#233;seaux a augment&#233; ses effectifs de 13% entre 2014 et 2022, soit 1,5% par an[38]. On est loin d'une augmentation de 50% en 5 ans ou de 100%, voire 200%, d'ici 2050. &lt;strong&gt;L'ensemble des probl&#232;mes &#233;conomiques et goulots d'&#233;tranglement d&#233;j&#224; rencontr&#233;s pour d&#233;ployer de nouveaux r&#233;seaux &#233;lectriques suffit &#224; affirmer que les objectifs de la Commission ne seront atteints ni en 2030 ni en 2040&lt;/strong&gt;. Et comme la mise en place de r&#233;seaux performants est la condition sine qua non du d&#233;ploiement des autres pans du plan de transition, on peut affirmer que&lt;strong&gt; le plan climat 2040 de l'Union europ&#233;enne est mort-n&#233;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Plan-hydrogene-un-prototype-immature-aux-couts-tres-incertains'&gt; Plan hydrog&#232;ne : un prototype immature, aux co&#251;ts tr&#232;s incertains &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; En 2024, la Cour des auditeurs de l'Union a &#233;mis des doutes sur le r&#233;alisme de la strat&#233;gie hydrog&#232;ne de l'Union[39] : objectifs incoh&#233;rents entre d&#233;ploiement d'&#233;lectrolyseurs, de r&#233;seaux et de stockage, absence d'analyse s&#233;rieuse sur la demande r&#233;elle d'hydrog&#232;ne, etc. Elle note que le besoin de puissance des &#233;lectrolyseurs pour 2030 est &#233;valu&#233; &#224; 140 GW, mais que moins de 3 GW de projets sont &#224; un stade avanc&#233;, et moins de 50 au stade des &#233;tudes pr&#233;alables. Elle estime que les objectifs de production ne seront pas atteints malgr&#233; 20 Mds&#8364; de fonds publics engag&#233;s, que la d&#233;clinaison des objectifs de l'UE en plans nationaux des &#201;tats membres est tr&#232;s insuffisante, &lt;strong&gt;et surtout que&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;les objectifs d&#233;finis par l'Europe ne reposent pas sur des donn&#233;es scientifiques rigoureuses mais sur de l'affichage politique&lt;/strong&gt;. La Cour des comptes allemande a &#233;trill&#233; la politique hydrog&#232;ne du pays[40]. La mise en service d'&#233;lectrolyseurs n'atteint que 2% de l'objectif pr&#233;vu pour 2030, et n'atteindra sans doute pas la moiti&#233; &#224; cette &#233;ch&#233;ance. L'Allemagne esp&#232;re importer de l'hydrog&#232;ne vert pour alimenter ses industries utilisatrices, mais les importations projet&#233;es &#224; l'horizon 2030 repr&#233;sentent 75% de la production mondiale pr&#233;visible. Pire encore, L'Allemagne lance un programme de 9000 km de canalisations hydrog&#232;ne pour du gaz qui n'existe pas et ne sera selon toute vraisemblance pas produit. Enfin, les industries dont le gouvernement esp&#232;re qu'elles absorbent la production d'hydrog&#232;ne, comme la sid&#233;rurgie, ne semblent pas int&#233;ress&#233;es, l'usage de l'hydrog&#232;ne &#224; la place du charbon ou du gaz n'&#233;tant &#224; ce jour pas du tout rentable. Les processus de conversion &#233;lectricit&#233; =&gt; H2 =&gt; stockage =&gt; d&#233;stockage =&gt; &#233;lectricit&#233; sont tr&#232;s &#233;nergivores, avec un rendement r&#233;el de l'ordre de 25%[41]. Par cons&#233;quent, pour stocker 1 KWh d'&#233;lectricit&#233; produit par cette fili&#232;re, il faut en gaspiller 3, et donc augmenter le nombre d'installations &#233;oliennes ou solaires dans d'importantes proportions juste pour alimenter le stockage, ce qui explique en grande partie l'augmentation tr&#232;s &#233;lev&#233;e des ENRi projet&#233;e par l'UE. Mais si le stockage ne suit pas, nombre de ces parcs d'ENRi seront install&#233;s en pure perte. La maturit&#233; technologique de la fili&#232;re est l'objet d'interrogations. L'Agence Internationale des Energies Renouvelables (IRENA) indique[42] que si certains &#233;l&#233;ments de la cha&#238;ne de production d'hydrog&#232;ne vert sont techniquement matures, ce n'est pas le cas de tous. Par exemple, les &#233;lectrolyseurs existants sont de capacit&#233; moyenne et le d&#233;ploiement d'unit&#233;s de plus grande capacit&#233; pose encore des questions. Les deux seules technologies d'&#233;lectrolyseurs d&#233;ployables voient de surcro&#238;t leur rendement ou leur dur&#233;e de vie r&#233;duite par le mode de fonctionnement &lt;i&gt;stop and go&lt;/i&gt; impos&#233; par une alimentation en &#233;lectricit&#233; intermittente, ce qui ob&#232;re leur rentabilit&#233;. Le transport longue distance d'hydrog&#232;ne ou son stockage en cavernes salines n&#233;cessitent encore des am&#233;liorations, tous les risques de fuite n'&#233;tant pas r&#233;solus. Enfin, l'IRENA indique qu'il y a une p&#233;nurie de personnels qualifi&#233;s capables de concevoir, manager et installer et maintenir des grands projets dans ce secteur, comme dans le domaine des r&#233;seaux vu pr&#233;c&#233;demment. Tout cela laisse &#224; penser que les objectifs de l'UE en mati&#232;re d'hydrog&#232;ne ne rel&#232;vent pas d'une strat&#233;gie d&#233;velopp&#233;e de fa&#231;on professionnelle, mais d'un vague concept abstrait politiquement attractif, traduit en objectifs sans aucune recherche de r&#233;alisme. Un tel amateurisme laisse pantois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Decarbonation-de-la-demande-industrie-et-agriculture'&gt; D&#233;carbonation de la demande, industrie et agriculture &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; De nombreux projets de production d'Hydrog&#232;ne annonc&#233;s au d&#233;but de la d&#233;cennie sont abandonn&#233;s[43] par des g&#233;ants tels que BP, Equinor, Repsol ou Shell, faute de demande de la part des industries utilisatrices. L'action du norv&#233;gien NEL, leader de la fabrication d'&#233;lectrolyseurs, a chut&#233;[44] de plus de 70% apr&#232;s qu'il ait annonc&#233; la mise en ch&#244;mage technique de ses unit&#233;s de production. La banque ING note que les promoteurs de projets d'hydrog&#232;ne vert n'ont pu signer des contrats de fourniture de long terme ne couvrant que 10 &#224; 15% de leur (pourtant maigre) production. Les clients potentiels (aci&#233;ries, fabricants d'engrais, etc.) estiment que par rapport aux concurrents mondiaux utilisant les technologies fossiles, leur d&#233;savantage comp&#233;titif durera dix &#224; quinze ans, ce qui favorisera des approches attentistes. L'agriculture n'est pas encore pr&#232;s &#224; d&#233;carboner ses moyens de production. Par exemple, les ventes mondiales de tracteurs &#233;lectriques ont atteint 1500 exemplaires en 2024[45], alors qu'il s'est vendu 204 000 tracteurs neufs en Europe cette m&#234;me ann&#233;e, dont 144 000 pour l'agriculture[46]. La croissance de ce march&#233; restera mod&#233;r&#233;e jusqu'en 2035. Et nous avons vu que la production d'engrais &#224; base d'hydrog&#232;ne vert tardait &#224; d&#233;coller. Actuellement, 99% des fertilisants et insecticides sont fabriqu&#233;s &#224; partir de carburants fossiles[47] et rien n'indique la possibilit&#233; d'une transformation rapide de ce secteur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Decarbonation-des-batiments'&gt; D&#233;carbonation des b&#226;timents &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les &#233;conomies d'&#233;nergie r&#233;sultant de travaux d'isolation se r&#233;v&#232;lent souvent d&#233;cevantes. En France, l'INSEE[48] note que ceux qui ont &#233;t&#233; financ&#233;s par le dispositif &#171; Ma prime r&#233;nov &#187; ont co&#251;t&#233; en moyenne 14 300 euros et ont permis d'&#233;conomiser en moyenne 120 euros par an, soit une p&#233;riode de retour sur investissement sup&#233;rieure &#224; 100 ans ! En Allemagne, l'exp&#233;rience montre qu'elle est rarement inf&#233;rieure &#224; 75 ans[49]. L'association europ&#233;enne des fabricants de pompes &#224; chaleurs note une forte baisse des ventes[50] depuis le pic de 2022 (-27%), sous le double effet d'une baisse globale des subventions, et de l'augmentation des prix de l'&#233;lectricit&#233;, de 2 &#224; 4 fois plus ch&#232;re que le gaz par kWh, ce qui annule le b&#233;n&#233;fice de leur rendement sup&#233;rieur. L'UE esp&#233;rait que 60 millions de pompes &#224; chaleur seraient install&#233;es en 2030, les pr&#233;visions actuelles se situent plut&#244;t autour de 40. L'&#233;lectrification r&#233;sidentielle devrait passer de 26% en 2023 &#224; 28% en 2030, entra&#238;nant des r&#233;ductions de CO2 de 1,7% par an, soit nettement moins que lors de la pr&#233;c&#233;dente d&#233;cennie[51]. &#224; ce rythme, la baisse des &#233;missions r&#233;sidentielles entre 2023 et 2040 atteindra 25%, tr&#232;s loin des 70% esp&#233;r&#233;s. La hausse des prix de l'&#233;lectricit&#233;, pour toutes les raisons pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233;es, est un frein majeur aux d&#233;cisions d'investissement des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Decarbonation-du-transport-automobile'&gt; D&#233;carbonation du transport automobile &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Il y a 250 millions de voitures en circulation en Europe, dont environ 5 millions de voitures &#233;lectriques. Les ventes annuelles de v&#233;hicules particuliers sont comprises entre 10 et 12 millions d'unit&#233;s. Les VE et hybrides rechargeables en repr&#233;sentent 21%. En supposant que l'interdiction des ventes de voitures &#224; moteur thermique &#224; 2035 ne soit pas suspendue, malgr&#233; les pressions du chancelier Allemand Friedrich Merz et de la premi&#232;re ministre italienne Giorgia Meloni, et en consid&#233;rant que la part de march&#233; des &#233;lectriques augmentera lin&#233;airement entre aujourd'hui et 2035, environ 125 millions de VE seraient vendus d'ici 2040. Les v&#233;hicules thermiques repr&#233;senteront donc toujours au minimum 50% du parc roulant en circulation. Dans cette hypoth&#232;se plut&#244;t favorable, on serait loin des 80% de VE esp&#233;r&#233;s par l'UE sur ses routes. Cependant, rien n'indique que la hausse des ventes de VE soit soutenue. En fait, pour la premi&#232;re fois, en 2024, les ventes de VE et d'hybrides en Europe ont diminu&#233; de 150 000 unit&#233;s par rapport &#224; 2023, leur part de march&#233; passant de 22,5 &#224; 20,9%. Rien ne dit que cette baisse ne soit pas passag&#232;re, mais elle pourrait indiquer que l'&#232;re des hausses exponentielles de la part de march&#233; des VE observ&#233;e entre 2019 et 2023 est r&#233;volue. Le syndicat des constructeurs automobiles allemands pr&#233;vient qu'une part croissante des immatriculations de VE dans ce pays sont fictives (24% mi 2025). Les constructeurs se vendent les voitures &#224; eux-m&#234;mes, afin de gonfler la part des v&#233;hicules propres dans leur mix de ventes et d'&#233;chapper aux amendes pr&#233;vues par l'UE en cas d'&#233;missions moyennes trop &#233;lev&#233;es des voitures vendues. Elles sont ensuite revendues comme occasions r&#233;centes avec une d&#233;cote. Le ph&#233;nom&#232;ne n'est pas document&#233; dans d'autres pays de l'Union, mais il laisse entrevoir, au mieux, une hausse mod&#233;r&#233;e de l'engouement pour ces v&#233;hicules. Certains gouvernements s'inqui&#232;tent des pertes de recettes de taxes sur les carburants en cas de succ&#232;s trop rapide des VE. Hors UE, la Grande-Bretagne va instaurer une taxe au kilom&#232;tre parcouru pour les VE &#224; partir de 2028. L'id&#233;e semble populaire aupr&#232;s de certains gouvernements imp&#233;cunieux de l'Union. La demande d'&#233;lectricit&#233; par les automobiles va sans aucun doute augmenter dans les ann&#233;es &#224; venir, mais on devrait rester assez loin des pr&#233;visions de l'UE, qui semblent une fois de plus relever du r&#234;ve plut&#244;t que d'une analyse de march&#233; &#233;quilibr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Impacts-socio-economiques-et-menaces-sur-les-libertes'&gt; Impacts socio-&#233;conomiques et menaces sur les libert&#233;s &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les prix europ&#233;ens de l'&#233;lectricit&#233;, tant pour les m&#233;nages que pour les professionnels, &#233;taient traditionnellement un peu plus &#233;lev&#233;s que les prix am&#233;ricains ou chinois. Mais depuis 2021, la diff&#233;rence s'est creus&#233;e[52], du fait des co&#251;ts croissants des subventions aux ENRi et des investissements annexes n&#233;cessaires &#224; leur fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_documents spip_lien_ok'&gt;
&lt;img src='https://notrejournal.info/local/cache-vignettes/L500xH334/Prix-de-lelectri-1b45645e-5b338-18764.jpg?1769708785' width='500' height='334'
alt=&#034;JPEG - 127.2&#160;kio&#034; style='max-width:100%;' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Figure 3 &#8211; Prix de l'&#233;lectricit&#233; industrielle au d&#233;tail (&#8364;/MWh)&lt;/i&gt; Les industries europ&#233;ennes sont &#224; plus de 80% oblig&#233;es d'int&#233;grer le syst&#232;me de bourse de cr&#233;dits carbone ETS (&lt;i&gt;Emission Trading System&lt;/i&gt;). Les industries re&#231;oivent une allocation de &#171; droits d'&#233;missions de CO2 &#187;, celles qui &#233;mettent moins peuvent revendre leurs cr&#233;dits &#224; celles qui &#233;mettent plus. &#192; la fin de chaque exercice, toute entreprise doit poss&#233;der autant de cr&#233;dits ETS qu'elle a &#233;mis de CO2 sous peine d'amende. Elle a le choix entre investir pour r&#233;duire ses &#233;missions, ou acheter des ETS. Seul probl&#232;me : tous les pays du monde n'ont pas mis d'ETS en place, et l'Europe &#233;tant la zone la plus s&#233;v&#232;re en termes d'allocation de quotas d'&#233;missions, elle est aussi celle o&#249; le prix de la tonne de CO2 est le plus &#233;lev&#233;. La baisse continue des quotas allou&#233;s dans le cadre des objectifs 2030 puis 2040 fait craindre que cet &#233;cart n'augmente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://fr.irefeurope.org/loi-climat-de-lunion-europeenne-un-desastre-economique-et-societal-sans-aucun-effet-sur-le-climat/" class="spip_out"&gt;https://fr.irefeurope.org/loi-clima...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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