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	<title>NotreJournal</title>
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	<description>Un site pour tous, fait par des Pieds Noirs pour enrichir le d&#233;bat, responsable de ce qu'il &#233;crit mais pas de ce que vous comprenez.</description>
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		<title>La guerre des Trois aura-t-elle lieu ?</title>
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		<dc:date>2025-12-06T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Arnaud</dc:creator>


		<dc:subject>article-externe</dc:subject>

		<description>Daniel Arnaud est un Fran&#231;ais install&#233; en Russie depuis de nombreuses ann&#233;es apr&#232;s avoir &#233;galement habit&#233; l'Ukraine apr&#232;s la chute de l'Union sovi&#233;tique. Il a collabor&#233; avec notre cha&#238;ne YouTube d&#232;s son lancement. C'est-&#224;-dire au printemps 2022 afin de tenter de r&#233;informer face &#224; la propagande que l'on a vu d&#233;ferler sur l'ensemble du syst&#232;me m&#233;diatique mainstream. Il nous livre aujourd'hui son point de vue d'occidental grand connaisseur de la Russie, sur le conflit mondial actuellement en (&#8230;)

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cibloc cibloc_bordure&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Daniel Arnaud est un Fran&#231;ais install&#233; en Russie depuis de nombreuses ann&#233;es apr&#232;s avoir &#233;galement habit&#233; l'Ukraine apr&#232;s la chute de l'Union sovi&#233;tique. Il a collabor&#233; avec notre cha&#238;ne YouTube d&#232;s son lancement. C'est-&#224;-dire au printemps 2022 afin de tenter de r&#233;informer face &#224; la propagande que l'on a vu d&#233;ferler sur l'ensemble du syst&#232;me m&#233;diatique mainstream.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous livre aujourd'hui son point de vue d'occidental grand connaisseur de la Russie, sur le conflit mondial actuellement en cours.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Regis de Castelnau&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Les-imperialismes-rivaux'&gt;Les imp&#233;rialismes rivaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour exprimer qu'il valait mieux jouer de diplomatie que faire la guerre, Winston Churchill disait : &#171; better to jaw, jaw, jaw, then to war, war, war &#187;. Il semble que dans toute l'Union Europ&#233;enne, la diplomatie soit devenue un crime, valant les &#233;pith&#232;tes de traitres, supp&#244;ts de Poutine, etc. La clameur montant de toutes les chancelleries est &#171; guerre, guerre, guerre &#187;. On &#233;tait assez habitu&#233; &#224; cette rh&#233;torique de la part des pays Baltes, qui pouvaient d'autant plus se la permettre, que leur absence de moyen, les prot&#233;geait de leur propre agressivit&#233;. Mais, ce sont aujourd'hui les trois plus grandes puissances de l'UE, la France, l'Allemagne, et l'Angleterre qui les ont rejoints, dans la rh&#233;torique guerri&#232;re. Ainsi, apr&#232;s avoir substantiellement p&#233;nalis&#233;e leurs &#233;conomies, s'&#234;tre compl&#232;tement mises en d&#233;pendance des USA qui en profite pour les racketter, la France, l'Angleterre et l'Allemagne semble vouloir terminer leur seppuku g&#233;opolitique et &#233;conomique dans l'enthousiasme, en allant faire la guerre directe, avec la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des commentateurs Europ&#233;ens et Russes analysent ce comportement irrationnel comme de l'agitation m&#233;diatique, destin&#233;e &#224; la &#171; consommation interne &#187;. Il faut inqui&#233;ter les populations pour mieux les contr&#244;ler, et justifier l'augmentation des d&#233;penses militaires, au d&#233;triment des d&#233;penses sociales, de sant&#233;, etc. Dimitri Medvedev le dit lui-m&#234;me : &#171; l'UE a invent&#233; la menace russe pour unir l'&#233;lectorat et d&#233;penser de l'argent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, sachant que l'UE, de son propre aveu, n'a ni les moyens financiers, ni militaires pour soutenir l'Ukraine, comment peut-on envisager que ses dirigeants songent s&#233;rieusement &#224; faire la guerre directement &#224; la Russie ? Ainsi, les commentateurs concluent-ils en g&#233;n&#233;ral, soit &#224; l'agitation m&#233;diatique, soit &#224; l'incomp&#233;tence des dirigeants europ&#233;ens en panique devant ce qui ressemble de plus en plus &#224; une d&#233;faite. Mais en analysant plus avant les facteurs historiques et &#233;conomiques, se pourraient-ils que nous fissions face &#224; quelque chose de beaucoup plus sinistre ? Question d'autant plus l&#233;gitime qu'en parall&#232;le des d&#233;clarations de plus en plus dangereuses, comme celle du pr&#233;sident finlandais Stubb, &#171; l'UE ne doit pas prendre en compte les inqui&#233;tudes de s&#233;curit&#233; de la Russie &#187;, les provocations se multiplient : soi-disant incursions volontaires de dr&#244;nes russes en Pologne, ou incursion d'avions russes en Estonie. Le plus inqui&#233;tant &#233;tant que, une fois que l'&#233;v&#232;nement est d&#233;mystifi&#233;, et que les v&#233;ritables causes sont parfaitement connues, le discours de propagande pr&#233;-construit continue d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;, et bien plus par les dirigeants europ&#233;ens que par la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble donc primordial de comprendre les intentions r&#233;elles des dirigeants europ&#233;ens. L'exercice peut sembler vain, tant il est impossible de se glisser dans leur esprit, ou comprendre les m&#233;canismes de prise de d&#233;cision en utilisant les mod&#232;les ou m&#233;thodes pass&#233;s, h&#233;rit&#233;s de la longue tradition occidentale de cart&#233;sianisme. Mais il ne l'est pas si on entend par l&#224;, l'analyse des facteurs &#233;conomiques et historiques qui dictent, de fait, les intentions et les actions entreprises par nos dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut proc&#233;der &#224; un r&#233;sum&#233; draconien du dernier si&#232;cle et demi de l'histoire de l'Europe. Dans une premi&#232;re phase, jusqu'en 1945, c'est la lutte d'imp&#233;rialismes rivaux, essentiellement anglais, fran&#231;ais et allemand. Apr&#232;s 1945, c'est l'assujettissement de plus en plus rigoureux de ces imp&#233;rialismes &#224; celui, devenu dominant, des USA. On peut aussi distinguer la p&#233;riode 1918 - 1945, comme une phase de transition, durant laquelle l'imp&#233;rialisme des USA s'imposent sur la sc&#232;ne internationale, entrant en concurrence avec les puissances europ&#233;ennes. Il faut comprendre ici &#171; imp&#233;rialisme &#187; au sens o&#249; L&#233;nine le d&#233;finit dans son ouvrage : &#171; L'imp&#233;rialisme, stade ultime du capitalisme &#187;. Ce r&#233;sum&#233; est vraiment un raccourci, le processus n'est pas lin&#233;aire. Il voit, par exemple, la France r&#233;affirmer sa souverainet&#233; durant la &#171; parenth&#232;se de Gaulle &#187;, avant de reprendre une &#233;volution vers une soumission qui atteint aujourd'hui son apog&#233;e. D'autre part, la vie politique de l'Europe ne saurait &#234;tre strictement limit&#233;e &#224; cet aspect. Cependant, l'importance du jeu des imp&#233;rialismes dans le glissement vers la pr&#233;sente situation, de retour de la guerre en Europe, est primordiale, et c'est pour cela qu'il convient de l'isoler dans le cadre de cette analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bien ce jeu des imp&#233;rialismes concurrents, lib&#233;r&#233;s par le d&#233;clin de la puissance am&#233;ricaines, qui paradoxalement, m&#232;ne un continent affaibli, et que les le&#231;ons de l'histoire devraient inciter &#224; la prudence, &#224; envisager la guerre avec la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Les-ruptures-de-l-histoire-recente-des-USA'&gt;Les ruptures de l'histoire r&#233;cente des USA&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Donc, le relais de l'h&#233;g&#233;monie globale entre l'empire britannique et les USA s'accomplit au lendemain de la seconde guerre mondiale, avec l'instrumentalisation d'une pr&#233;tendue menace sovi&#233;tique, comme camouflage id&#233;ologique des app&#233;tits imp&#233;riaux. L'Angleterre accepte un r&#244;le de subordination &#224; l'h&#233;g&#233;mon am&#233;ricain, position r&#233;aliste &#233;tant donn&#233; son affaiblissement, pour conserver ce qui peut &#234;tre sauv&#233; de son ancienne puissance. Les USA &#233;tablissent leur domination sur la partie de l'Europe qui leur revient suivant le partage de Yalta. Avec une grande intelligence, il faut le reconna&#238;tre, ils donnent &#224; cette domination un cadre institutionnel, sous la forme d'un projet d'union, qui, d&#232;s sa conception, se destine &#224; cr&#233;er un pouvoir supranational qui devra, &#224; terme, subordonner les pouvoirs des anciennes nations. Ce cadre institutionnel est compl&#233;t&#233; par le volet militaire de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, l'assujettissement des souverainet&#233;s nationales est d&#233;guis&#233; derri&#232;re des id&#233;aux g&#233;n&#233;reux : assurer la paix sur le continent europ&#233;en, la stabilit&#233; et la s&#233;curit&#233; par la prosp&#233;rit&#233;, et la protection contre l'ennemi sovi&#233;tique. Dans le contexte de la lutte id&#233;ologique avec l'URSS, il ne s'agit pas que de mots, et il y a un vrai b&#233;n&#233;fice dans le deal que les USA proposent &#224; l'Europe occidentale. Le boom &#233;conomique qui dure jusqu'au ann&#233;es 70 l'illustre. Le bien-&#234;tre &#233;conomique, et une politique de soft-power tr&#232;s habile, font qu'il se forme, dans les pays qui composent le march&#233; commun, une &#233;lite sinc&#232;rement am&#233;ricanophile, et favorable aux int&#233;r&#234;ts des USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La machine se grippe &#224; partir des ann&#233;es 70 avec le retour de la crise &#233;conomique, de l'inflation et du ch&#244;mage en Europe et aux USA. Les USA d&#233;couvrent alors, dans les alli&#233;s et subordonn&#233;s dont elle avait favoris&#233; le d&#233;veloppement &#233;conomique, de redoutables concurrents, Japon et Allemagne en t&#234;te, France et Italie dans une moindre mesure. Sans rentrer dans les d&#233;tails de l'histoire, il en r&#233;sulte des changements de politiques profonds : les USA, de cr&#233;diteurs universels, deviennent d&#233;biteurs universels. De principaux producteurs sur le march&#233; mondial, ils deviennent consommateurs de derniers recours, absorbant les surplus de production de leurs alli&#233;s, qui eux leur ach&#232;tent de la dette. C'est la premi&#232;re rupture d'&#233;quilibre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde sera celle de la chute de l'URSS. Elle lib&#232;re l'hubris des classes dirigeantes am&#233;ricaines, et permet la prise de contr&#244;le de la politique &#233;trang&#232;re par les n&#233;oconservateurs. Elle donne aussi un niveau de contr&#244;le in&#233;dit sur les ressources naturelles russes. Dans l'&#233;tat de d&#233;liquescence de la Russie des ann&#233;es Eltsine, la Russie cesse de produire et doit compter sur la vente de ses ressources pour payer ses importations. Mais elle n'a plus les technologies de forage et d'extraction mini&#232;re, qu'elle doit aller chercher en Europe et aux USA. Privatisations et prises de participations font glisser ce secteur vital sous l'emprise des grands groupes occidentaux. Il est vraisemblable que cette situation inspire fortement les fantasmes de domination des n&#233;oconservateurs, dont l'outil de pr&#233;f&#233;rence est le contr&#244;le des ressources &#233;nerg&#233;tiques de la plan&#232;te. Dans les ann&#233;es 90, les USA contr&#244;le de fait les ressources p&#233;troli&#232;res d'une partie du Moyen Orient, de l'Am&#233;rique Latine, et celles de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re rupture est celle des attentats du 11 septembre 2001, qui va donner aux n&#233;oconservateurs la possibilit&#233; de mettre en &#339;uvre leur projet PNAC (Project for a New American Century). On constate, &#224; posteriori, que le PNAC a d&#233;truit les pays du Moyen-Orient qui poss&#233;daient les ressources p&#233;troli&#232;res qui n'&#233;taient pas compl&#232;tement sous la domination des USA : Irak, Lybie, Syrie. De m&#234;me, le conflit se prolonge aujourd'hui avec l'Iran, et la Russie, qui avait entretemps repris le contr&#244;le de ses ressources &#233;nerg&#233;tiques. Il est tout &#224; fait remarquable que Vladimir Poutine soit devenu l'homme &#224; abattre &#224; l'instant o&#249; il a entrepris cette reprise de contr&#244;le au d&#233;but de son premier mandat durant les ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#171; effet secondaire &#187; impr&#233;vu des guerres inspir&#233;es par le PNAC, est la perte de cr&#233;dibilit&#233; et des USA en temps qu'unique puissance h&#233;g&#233;monique. Les &#233;checs militaires, souvent g&#233;n&#233;rateurs d'images assez honteuses leur font perdre le statut d'hyper puissance qu'ils avaient atteint dans les esprits au moment de la dissolution de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution, marqu&#233;e par les ruptures &#233;voqu&#233;es plus haut, am&#232;ne les USA dans la situation d'une puissance imp&#233;riale sur le d&#233;clin : &#233;conomie financiaris&#233;e, production industrielle r&#233;duite, d&#233;pendance forte de puissances industrielles ext&#233;rieures pour sa consommation, et pour l'achat des titres de sa dette, et enfin, contrainte d'utiliser la force militaire pour maintenir son h&#233;g&#233;monie, malgr&#233; les &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'&#233;merge le premier concurrent s&#233;rieux, qui peut &#233;tablir une h&#233;g&#233;monie r&#233;gionale : la Chine. Le d&#233;clenchement de la guerre en Ukraine, qui a &#233;t&#233; voulue, pr&#233;par&#233;e et conduite par les USA[1], s'inscrit dans le contexte d'une lutte d'influence entre deux &#233;coles de pens&#233;es g&#233;ostrat&#233;giques am&#233;ricaines. Afin de contenir la Chine, l'une pr&#233;conisait d'affronter directement la Chine en formant une alliance avec la Russie, sur le mod&#232;le invers&#233; de la guerre froide, l'autre pr&#233;conisait d'attaquer la Russie d'abord, puis une fois la celle-ci &#8220;achev&#233;e&#8221;, de d&#233;faire la Chine. On comprend, pourquoi c'est le camp &#8220;Russie d'abord, Chine ensuite&#8221; qui a gagn&#233;. En effet, les USA, puissances maritimes, d&#233;veloppent une strat&#233;gie d'&#233;tablissement de &#8220;choke points&#8221;, litt&#233;ralement points d'&#233;tranglement, en mer de Chine et dans le Pacifique. Elle leur permettrait de mettre l'industrie chinoise sous blocus &#233;nerg&#233;tique, si, et seulement si, la Russie joue le jeu. D'autre part, le contr&#244;le des ressources &#233;nerg&#233;tiques russes leur permettraient d'influencer les cours selon leurs int&#233;r&#234;ts. A contrario, contenir la Chine, en s'alliant avec la Russie est une politique dont l'efficacit&#233; est limit&#233;e par la bonne volont&#233; russe, qui est guid&#233;e par ses int&#233;r&#234;ts propres. Ainsi, le projet d'h&#233;g&#233;monie par le contr&#244;le des ressources p&#233;troli&#232;res, inscrit dans le PNAC, rendait in&#233;vitable une forme de guerre ou une autre, entre les USA et la Russie. Pour renverser ce d&#233;terminisme historique, il aurait fallu renoncer au PNAC, et en corollaire virer les n&#233;oconservateurs, les &#171; dingues du sous-sol &#187;, comme les nommait Georges Bush senior.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Les-ruptures-Europeennes'&gt;Les ruptures Europ&#233;ennes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Europe conna&#238;t une premi&#232;re rupture au moment du choc p&#233;trolier de 1974. Celui-ci r&#233;v&#232;le aux ex-puissances coloniales leur fragilit&#233; induite par le fait qu'elle ne contr&#244;le plus que tr&#232;s imparfaitement leurs approvisionnements &#233;nerg&#233;tiques. La le&#231;on est d'autant plus rude qu'elle est inflig&#233;e par des pays qu'elle dominait encore &#224; peine 30 ans plus t&#244;t. Je fais ici l'hypoth&#232;se que cette r&#233;v&#233;lation a eu une impacte fort sur le lien transatlantique. Elle se produit durant les ann&#233;es Carter. La puissance am&#233;ricaine est en fort repli, son prestige est terni : d&#233;b&#226;cle du Vietnam, r&#233;volution Iranienne et crise des otages, etc. Logiquement, on aurait d&#251; voir les puissances europ&#233;ennes tenter une &#233;mancipation, au moins partielle, de la tutelle assez pesante de l'allier am&#233;ricain. On observe au contraire, une continuation du projet d'int&#233;gration europ&#233;enne, dans son d&#233;veloppement &#8220;am&#233;ricain&#8221;. Il n'est pas possible de l'affirmer avec certitude, bien s&#251;r, mais je pense que se d&#233;veloppe alors dans les chancelleries europ&#233;ennes, le sentiment que m&#234;me affaiblis, les USA sont les seuls qui conservent la puissance a&#233;ronavale n&#233;cessaire pour s&#233;curiser les approvisionnements p&#233;troliers de l'Europe. Cela renforce donc le tropisme europ&#233;en de soumission aux int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains, d&#233;j&#224; bien &#233;tabli et entretenu depuis 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde rupture est la r&#233;unification de l'Allemagne, et la chute de l'URSS. Dans le contexte de la mondialisation qui est alors particuli&#232;rement favorable aux USA, il offre aux pays d'Europe de l'Ouest, comme sur un plateau, des pays avec une main d'&#339;uvre industrielle efficace, et form&#233;e. Le logiciel imp&#233;rialiste des nations avait &#233;t&#233; &#233;touff&#233; par la pr&#233;sence am&#233;ricaine. Il se r&#233;veille, et un &#233;tat de concurrence pour les travailleurs, les march&#233;s d'Europe de l'Est, mais aussi pour les ressources russes se d&#233;veloppe. Au m&#234;me moment, une propagande efficace bien que mensong&#232;re, fait de l'auto-dissolution de l'URSS une victoire am&#233;ricaine. Se d&#233;veloppe alors dans l'imaginaire des gouvernants europ&#233;ens (mais aussi ailleurs dans le monde), l'id&#233;e d'une hyperpuissance am&#233;ricaine, ind&#233;passable et imbattable, avec laquelle il vaut mieux composer que lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me rupture vient avec les accords de Maastricht, et l'adoption de l'Euro. C'est alors que les abandons de souverainet&#233; au profit des institutions supranationales en formation, deviennent visibles et sensibles dans la vie quotidienne des Europ&#233;ens. L'Euro, dont le cours et les r&#232;gles de fonctionnements ont &#233;t&#233; dict&#233;s par l'Allemagne &#224; son profit, cr&#233;&#233; des d&#233;s&#233;quilibres et des tensions particuli&#232;rement d&#233;favorables aux nations du sud : France, Italie, Espagne, etc. Elles conduisent les Allemands &#224; prendre une position dominante dans la gouvernance de la zone, avec parfois une extr&#234;me brutalit&#233; comme pour la Gr&#232;ce en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois ruptures se produisent dans un contexte historique et institutionnel beaucoup plus complexe que celui des USA. En effet, si on reconnait souvent la cr&#233;ation des institutions europ&#233;ennes et leur &#233;volution comme un processus guid&#233; par les USA, dans le but d'une n&#233;o-colonisation de l'Europe, on ne s'interroge pas assez sur l'origine imp&#233;riale des principales nations fondatrices du &#171; projet europ&#233;en &#187;. Les nations qui se rassemblent dans le &#171; march&#233; commun &#187;, sont toutes d'ex-puissances imp&#233;rialistes, et pour certaines, comme la France, entretiennent encore des relations de subordination avec les nations n&#233;es de la d&#233;colonisation. La guerre qui s'ach&#232;ve en 1945 cl&#244;t un si&#232;cle d'histoire europ&#233;enne fa&#231;onn&#233;e par la lutte entre les imp&#233;rialismes allemand, fran&#231;ais, et anglais. Et si, contrairement &#224; 1918, les rivalit&#233;s ne reprennent pas tout de suite, ce n'est pas tant parce que le continent est ruin&#233;, que gr&#226;ce si &#224; la tutelle am&#233;ricaine. La paix en Europe de l'Ouest est une pax americana, qui &#233;touffe les tensions inter-&#233;tatiques, et les redirigent vers un ennemi ext&#233;rieur, l'URSS. Parmi les b&#233;n&#233;fices du &#171; deal &#187; que les USA imposent &#224; l'Europe &#224; partir de 1945, l'un des plus importants est justement cette mise sous le boisseau des rivalit&#233;s intra-europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si l'on peut voir Jean Monnet comme un traitre, ils ne l'&#233;taient pas sans raison. Face aux deux grandes catastrophes de si&#232;cle, accepter le gendarme am&#233;ricain pour nous prot&#233;ger de nous-m&#234;me, pouvait paraitre l&#233;gitime, m&#234;me si cela signifiait, &#224; terme, la vassalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;canique se brise avec la r&#233;unification de l'Allemagne et la chute de l'URSS. Devant tous ces nouveaux territoires qui s'ouvrent &#224; l'exploitation &#233;conomique, qui ressemble furieusement &#224; une forme de colonisation, les rivalit&#233;s imp&#233;riales qui n'&#233;taient pas &#233;teintes, se r&#233;veillent. C'est bien la reconnaissance pr&#233;cipit&#233;e de l'ind&#233;pendance de la Slov&#233;nie par l'Allemagne, en 1991, sans consultation avec les autres &#171; partenaires Europ&#233;ens &#187;, qui conduit &#224; l'intervention de l'arm&#233;e Yougoslave, et lance 10 ans de conflits dans cette r&#233;gion. Dans la suite on verra l'Allemagne soutenant plut&#244;t la Croatie, pendant que la France &#233;tait plut&#244;t proserbe. On retrouve alors des clivages remontant&#8230; au d&#233;but de la premi&#232;re guerre mondiale. Ce n'est que lorsque Jacques Chirac d&#233;cide de jeter l'&#233;ponge et rejoindre la coalition contre la Serbie que celle-ci peut &#234;tre bris&#233;e par un mois de bombardements a&#233;riens. Laiss&#233; &#224; nous m&#234;me, il n'est pas du tout exclu que la France et l'Allemagne se soient affront&#233;es, peut-&#234;tre pas directement, mais par l'interm&#233;diaire de proxys balkaniques. La pr&#233;sence am&#233;ricaine le pr&#233;vient, et c'est l'Europe elle-m&#234;me qui demande aux USA de trouver la solution de sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, c'est aujourd'hui, le retrait des USA de l'Europe, qui rendent la guerre en Europe de nouveau tr&#232;s probable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Le-lt-lt-logiciel-imperial-relance'&gt;Le &#171; logiciel imp&#233;rial &#187; relanc&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors, observons l'&#233;volution de l'UE durant les ann&#233;es qui suivent. C'est le temps des vagues successives d'&#233;largissement de l'OTAN puis de l'Union Europ&#233;enne. En rejoignant ces institutions, les pays de l'Europe de l'Est abandonnent leur souverainet&#233; politique et &#233;conomique. Il est difficile de ne pas voir cela comme une extension imp&#233;riale. En fait l'Europe ach&#232;ve dans ces ann&#233;es-l&#224; son &#233;volution en sous-empire d'un empire dominant. Ou, pour le dire autrement, son logiciel imp&#233;rial red&#233;marre. Ce sous-empire doit s'&#233;tendre pour pr&#233;server sa viabilit&#233; &#233;conomique. Vu ainsi, on comprend mieux que l'UE se soit laisser convaincre d'adh&#233;rer au projet d'int&#233;gration de l'Ukraine dans l'OTAN et l'UE. On comprend aussi mieux l'intransigeance avant 2014 de l'UE, r&#233;pondant &#224; toutes suggestions d'une solution de compromis pour l'Ukraine, entre une int&#233;gration euro-atlantique et une int&#233;gration eurasiatique, par une fin de non-recevoir. Vous serez avec nous ou contre nous. Les dangers d'une tentative d'int&#233;gration de l'Ukraine dans l'OTAN &#233;taient reconnus. Les dirigeants europ&#233;ens en 2008 avaient tent&#233; timidement de s'opposer aux USA sur ce point. Mais l'Europe &#233;tait pi&#233;g&#233;e, d'une part par la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server le r&#244;le pacificateur des USA, restant dans son r&#244;le d'empire domin&#233;, et respectant les int&#233;r&#234;ts de l'empire dominant. D'autre part, seconde m&#226;choire du pi&#232;ge, la n&#233;cessit&#233; &#233;conomique la contraignait &#224; l'expansion imp&#233;riale. Ce double pi&#232;ge rendait in&#233;luctable cette d&#233;cision tragique. Il conduisit la politique fran&#231;aise et allemande dans la gestion des accords de Minsk. Et enfin, il dicte aujourd'hui, l'engagement sans faille de l'UE dans le conflit en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie am&#233;ricaine, embrass&#233;e par n&#233;cessit&#233; par l'UE et la plupart des nations qui la composent, reposait sur un pr&#233;suppos&#233; compl&#232;tement faux : une Russie affaiblit imploserait sous le poids des sanctions &#233;conomiques. Si cela avait march&#233;, ce qu'on appelle d&#233;sormais l'occident collectif, aurait de nouveau pu accaparer les ressources russes, s'offrant un r&#233;pit dans ses difficult&#233;s &#233;conomiques. Leur contr&#244;le lui aurait rendu la position dominante face aux nouveaux centres de pouvoir &#233;mergents. Et, USA et UE ensemble, aurait pu r&#233;gler le &#171; probl&#232;me chinois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pr&#233;suppos&#233; &#233;tait faux, la Russie a r&#233;sist&#233;, son prestige a grandi, elle a lutt&#233; contre l'isolement &#233;conomique et diplomatique que l'occident tentait de lui imposer en acc&#233;l&#233;rant, de concert avec la Chine, la cr&#233;ation d'institutions concurrentes, qui elles-m&#234;mes renforcent la coop&#233;ration politique et &#233;conomique du reste du monde, (Asie, Afrique, Russie), sans l'occident. La cr&#233;dibilit&#233; internationale de l'Occident est consid&#233;rablement diminu&#233;e. Pour l'Europe, l'affaiblissement est consid&#233;rable. C'est sur ses fronti&#232;res qu'on se bat, et c'est elle qui subit le plus fort impact des sanctions &#233;conomiques. Et comme un tel &#171; bonheur &#187; n'arrive jamais seul, ces m&#234;mes sanctions qui devaient provoquer l'effondrement de la Russie en 6 mois, provoquent des tensions en son sein, avec des oppositions fortes, comme celles de la Slovaquie et de la Hongrie. Ce qui a conduit Ursula Von der Leyen &#224; sugg&#233;rer des changements radicaux aux processus de d&#233;cisions de l'UE, en revenant sur la r&#232;gle de l'unanimit&#233; des &#233;tats. Les institutions elles-m&#234;mes sont d&#233;sormais sous pression.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='La-derniere-rupture-my-God-les-USA-foutent-le-camp'&gt;La derni&#232;re rupture : my God, les USA foutent le camp !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est donc cette UE en crise et affaiblie qui doit faire face &#224; la derni&#232;re rupture, que ses dirigeants d'une extr&#234;me m&#233;diocrit&#233; n'ont &#233;videmment pas vu venir : le d&#233;sengagement am&#233;ricain. La d&#233;stabilisation est double. Les USA se d&#233;gagent du conflit qu'ils ont eux-m&#234;mes d&#233;clench&#233;s, en m&#234;me temps qu'ils exigent de l'Europe qu'elle compense leurs pertes. L'&#233;chec du PNAC, impose aux USA une r&#233;vision de leur stature imp&#233;riale. De mondial, ils vont devoir se replier sur un empire r&#233;gional. Ils ne vont pas pouvoir compenser leur &#233;norme d&#233;ficit par le contr&#244;le global des ressources &#233;nerg&#233;tiques. A l'&#233;vidence, c'est en grande partie par le pillage de l'Europe qu'ils veulent r&#233;tablir leur &#233;conomie. Et il ne s'agit pas d'une foucade d'un pr&#233;sident fantasque. L'id&#233;e de l'affaiblissement de la Russie par la guerre en Ukraine est un projet qui a &#233;t&#233; soutenu par une partie des R&#233;publicains et des D&#233;mocrates, et initialement mis en &#339;uvre par ceux-ci. Le m&#233;pris des int&#233;r&#234;ts europ&#233;ens, le statut de chair &#224; canon &#233;conomique pour la pr&#233;servation des int&#233;r&#234;ts &#233;tats-uniens, ne datent pas du mandat de Trump. C'est l'administration Biden qui a inflig&#233; le coup le plus dur &#224; l'Europe avec la destruction de Nord-Stream.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE et les nations qui la composent font donc face &#224; une triple d&#233;stabilisation. Le pacificateur quitte le terrain, la crise &#233;conomique s'aggrave, et l'ancien alli&#233; se comporte comme un ennemi. C'est ce retrait am&#233;ricain qui rend la guerre directe avec la Russie indispensable, alors que l'Europe est incapable de la mener.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='De-la-triple-allegeance-a-la-drole-de-guerre'&gt;De la triple all&#233;geance &#224; la dr&#244;le de guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me europ&#233;en, am&#233;ricano-centr&#233;, a cr&#233;&#233; une classe de dirigeants ayant une triple all&#233;geance : une premi&#232;re soumission aux int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains, en dessous l'all&#233;geance aux institutions europ&#233;ennes, puis loin derri&#232;re, la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des nations qui les ont &#233;lus. Leur pouvoir n'existe plus que dans ce cadre. Puisque le souverain am&#233;ricain se retire, la pr&#233;servation de l'UE, en tant qu'institution o&#249; s'exerce leur pouvoir devient primordiale. Car si la premi&#232;re all&#233;geance perd sa raison d'&#234;tre, alors la seconde, l'all&#233;geance aux institutions europ&#233;ennes, &#224; Bruxelles, devient le socle indispensable du pouvoir de cette &#233;lite en &#233;tat de divorce avec les populations. La Russie est l'ennemi ext&#233;rieur qui permet de s'unir en faisant taire les dissensions internes. Il remplace le r&#244;le pacificateur des USA. L'acc&#232;s aux ressources Russes, dans les conditions d'un pillage, est n&#233;cessaire au r&#233;tablissement (on a presque envie de dire la survie) de l'&#233;conomie europ&#233;enne. Vu ainsi, il n'y a plus rien de surprenant &#224; voir Starmer, Merz et Macron devenir les champions de la croisade contre la Russie. Les trois puissances imp&#233;rialistes du XX&#176; si&#232;cle, s'unissent pour une nouvelle extension imp&#233;rialiste commune au XXI&#176; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse tendancielle des taux de profits qui durent depuis 40 ans, l'acc&#233;l&#233;ration des dettes nationales depuis 2008, puis les confinements du COVID, la d&#233;sindustrialisation, le retrait au moins partiellement des USA du th&#233;&#226;tre de guerre qu'ils ont eux-m&#234;mes cr&#233;&#233;, leurs exigences vis &#224; vis des europ&#233;ens (achat d'&#233;nergie &#224; haut prix, transferts de richesses), tous les facteurs (la liste n'est pas exhaustive), tendent vers une crise syst&#233;mique majeure du &#171; syst&#232;me UE &#187;, dont nous vivons d&#233;j&#224; les d&#233;buts. Elle en d&#233;truirait les institutions, sur un mod&#232;le similaire &#224; ce qui est advenu en URSS dans les ann&#233;es 90. Vu des bureaux de Merz, Macron, Starmer, c'est tout le syst&#232;me qui leur donne leur pouvoir, et auquel ils s'identifient, qui menacent de s'effondrer, pour les renvoyer aux &#171; poubelles de l'Histoire &#187;, selon l'expression consacr&#233;e. Seul un effondrement de la Russie, et l'acc&#232;s au pillage de ses ressources, peut aujourd'hui le sauver. Il y a donc une convergence d'int&#233;r&#234;ts objective entre les &#233;lites de pouvoir europ&#233;iste, et le syst&#232;me financier et oligarchique, pour poursuivre l'escalade jusqu'&#224; une confrontation directe en la Russie et l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils n'en ont pas les moyens. C'est l'objection qu'on entend d'habitude, et elle est exacte. L'UE n'est pas en situation de faire la guerre &#224; la Russie. Mon hypoth&#232;se est que, dans l'imm&#233;diat, Starmer, Mertz, et Macron ont d'abord besoin d'un &#233;tat de guerre, pas de la guerre elle-m&#234;me. Ils ont besoin d'une situation ressemblant &#224; celle de la &#171; dr&#244;le de guerre &#187;. L'&#233;tat de guerre ouvre un champ d'action consid&#233;rable. Il permet de suspendre les processus d&#233;mocratiques d&#233;j&#224; affaiblis. On peut imposer la f&#233;d&#233;ralisation de l'Europe, on peut pr&#233;empter l'&#233;pargne des europ&#233;ens, on peut suspendre la libert&#233; d'expression, restreindre celle de d&#233;placement, etc. En bref, il permet d'imposer aux populations ce qu'elles ne sauraient accepter dans un jeu normal des institutions. Et pour qu'elles jouent le jeu, il faut obtenir une action de la Russie qui permette de la pr&#233;senter comme l'agresseur avec un minimum de cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Les-nouveaux-funambules-de-l-escalade'&gt;Les nouveaux funambules de l'escalade&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut alors envisager les sc&#233;narios de provocations de plus en plus grave, d'op&#233;rations sous faux drapeau, jusqu'&#224; obtenir une r&#233;action de d&#233;fense de la Russie qui puisse &#234;tre &#171; vendue &#187; aux populations comme une agression. Dans cette hypoth&#232;se, le territoire de la Finlande semble le lieu id&#233;al. Car si le but est de cr&#233;er une situation de guerre larv&#233;e, &#224; la fa&#231;on de la &#171; dr&#244;le de guerre &#187;, il faut avoir la maitrise de l'escalade. De ce point de vue, les autres candidats aux suicides g&#233;opolitiques que sont les &#233;tats Baltes ne sont pas fiables. Les importantes communaut&#233;s russes qui y vivent risqueraient d'&#234;tre la cause d'un emballement incontr&#244;lable. La Finlande offre de grands &#233;tendues vides, une longue fronti&#232;re avec la Russie, et la proximit&#233; de la seconde ville de Russie, Saint P&#233;tersbourg, comme facteur de d&#233;clenchement d'une r&#233;action russe. Une hypoth&#232;se serait l'installation de missile de croisi&#232;re le long de la fronti&#232;re, dans un endroit d&#233;sert mais raisonnablement proche de Saint P&#233;tersbourg. Il suffit alors d'un tir d'essai, sans avertissement pr&#233;alable vers la partie russe, pour provoquer une r&#233;ponse automatique des syst&#232;mes de d&#233;fenses russes. Cet incident sans perte de vie humaine, mais avec la destruction d'un mat&#233;riel de l'OTAN sur son sol serait suffisant pour que la Finlande demande l'activation de l'article 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre sc&#233;nario serait celui d'une destruction en vol d'un avion de ligne. Les vols de soi-disant drones russes au-dessus, ou dans le voisinage des a&#233;roports pourraient bien &#234;tre une pr&#233;paration des opinions publics &#224; un tel &#233;v&#233;nement. &#171; L'avantage &#187; de ce genre d'actions est l'&#233;norme &#233;motion publique qu'elles provoquent. La m&#233;diatisation est ais&#233;e et efficace. L&#224; encore, la Finlande, avec sa longue fronti&#232;re qui oblige n&#233;cessairement les avions de ligne &#224; &#233;voluer &#224; proximit&#233; du territoire Russe, est un th&#233;&#226;tre propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, ce type d'incident n'exigeant aucune action militaire imm&#233;diate, on se retrouverait effectivement dans un contexte de &#171; dr&#244;le de guerre &#187;. La suite du sc&#233;nario serait alors la mise en &#233;tat d'urgence des pays de l'OTAN, en particulier la France, l'Allemagne et le Royaume Uni. Il devient alors possible pour ces pouvoirs extr&#234;mement impopulaires, de reprendre l'initiative en imposant par la force ce que les populations ne ne sauraient accepter tant que les institutions fonctionnent. L'espoir &#233;tant, toujours, d'arriver &#224; mettre la Russie &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='La-guerre-des-trois-aura-bien-lieu'&gt;La guerre des trois aura bien lieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais le probl&#232;me subsiste : les &#233;valuations faites par tous les observateurs comp&#233;tents disent qu'il faudrait au minimum 5 ans pour reconstruire une arm&#233;e capable, sur le papier, de combattre directement la Russie. Mais ce serait une arm&#233;e sans aucune exp&#233;rience du feu, qui serait donc, m&#234;me superbement &#233;quip&#233;e, d&#233;savantag&#233;e sur le terrain. En outre, le syst&#232;me europ&#233;en est-il capable de tenir 5 ans en &#233;tat d'urgence ? &#201;tant donn&#233; son impopularit&#233; et l'&#233;tat de son &#233;conomie, on peut en douter. Serait-il aussi capable de survivre &#224; la d&#233;t&#233;rioration de ses relations avec le reste du monde, en particulier en ce qui concerne les cha&#238;nes d'approvisionnement ? L&#224; aussi, on peut en douter. Le projet semble donc absurde. Mais l'histoire r&#233;cente nous a appris que ce n'est pas parce qu'une id&#233;e est stupide et irr&#233;aliste que les &#233;lites europ&#233;ennes ne la mettent pas en &#339;uvre. On a m&#234;me envie de dire : au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce d'autant plus que la crise que les gouvernements europ&#233;ens ont aggrav&#233;e en suivant les am&#233;ricains dans leur &#171; projet Ukraine &#187;, attise les divergences d'int&#233;r&#234;ts entre &#233;tats. Mais pour les Mertz, Macron, Ursula Van der Leyen, et consort, la p&#233;rennit&#233; de l'UE est la condition de l'existence de leur pouvoir, et le cadre dans lequel ils voient se d&#233;velopper leurs carri&#232;res politiques. Lorsqu'ils pr&#233;tendent &#171; vendre &#187; aux peuples l'ennemi Russe comme force unificatrice, ils SE la vendent plus qu'ils NOUS la vendent. L'ennemi ext&#233;rieur leur est plus n&#233;cessaire qu'aux peuples qu'ils gouvernent si mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refaisons la liste des facteurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; La crise &#233;conomique grave&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; La crise syst&#233;mique de l'Union Europ&#233;enne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Des &#233;lites divorc&#233;es des populations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; La n&#233;cessit&#233; de compenser l'affaiblissement du contr&#244;le am&#233;ricain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Les actions hostiles, sur le plan &#233;conomique de l'ancien alli&#233;, et son d&#233;sengagement du th&#233;&#226;tre europ&#233;en, et la n&#233;cessit&#233; de le ralentir voir de le contrecarrer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; L'impossibilit&#233; de reconna&#238;tre la d&#233;faite sans remettre en cause tout l'&#233;difice institutionnel de l'UE,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les facteurs convergent vers l'engagement d'une guerre directe mais impossible avec la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le sc&#233;nario le plus probable aujourd'hui est celui d'une provocation pour cr&#233;er une situation de &#171; dr&#244;le de guerre &#187;. Vue ainsi, on retrouve une forme de rationalit&#233; cynique et perverse au comportement inutilement provocateur, de Merz, Macron et Starmer vis &#224; vis de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;diocrit&#233; des dirigeants Fran&#231;ais, Allemands, Britanniques, ainsi que ceux de l'appareil bruxellois est un facteur que l'on peut d&#233;plorer, ou dont on peut se gausser, mais il n'est pas primordial. Car c'est bien plus la &#171; mati&#232;re historique &#187; qui est aux commandes, que ces nains intellectuels. Comme le montre brillamment Giovanni Arrighi dans son &#171; Adam Smith &#224; P&#233;kin &#187;, durant les 5 derniers si&#232;cles, la paix &#224; &#233;t&#233; plut&#244;t la norme dans l'Asie sino-centr&#233;e, tandis que c'est la guerre qui l'a &#233;t&#233; en Europe. La g&#233;ographie, l'histoire politique, culturelle et ethnographique ont cr&#233;&#233; les conditions de cette agressivit&#233;, mais aussi d'un d&#233;veloppement &#233;conomique extraverti, l&#224; o&#249; la Chine a poursuivi un d&#233;veloppement intraverti. Quand l'Angleterre, la France puis l'Allemagne font leur r&#233;volution industrielle, elles se d&#233;couvrent assez peu riches en ressources naturelles et en espace, et vont donc les chercher &#224; l'ext&#233;rieur. C'est l'histoire, la g&#233;ographie, la culture, les valeurs qui les poussent vers l'imp&#233;rialisme. C'est cette multiplicit&#233; de facteurs qui rend l'&#233;volution inexorable qui rend pertinent la comparaison avec un algorithme. Tout &#233;tudiant ayant suivi le premier cours d'informatique de sa scolarit&#233; connait cette d&#233;finition : un algorithme est une suite d'op&#233;rations qui produit &#224; partir des m&#234;mes donn&#233;es, le m&#234;me r&#233;sultat de mani&#232;re d&#233;terministe. Sous la pression d'une crise &#233;conomique et politique grave, on observe la r&#233;surgence des imp&#233;rialismes, et du militarisme. Bien s&#251;r, le d&#233;terminisme historique n'est pas aussi implacable que les lois de la physique ! Les hommes peuvent influer le cours de l'Histoire. Mais il faut des gens brillants : des Churchill, des de Gaulle, par exemple. Nous n'avons que des Mertz, des Macron, des Starmer, des Van den Leyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc tr&#232;s probable que nous allons rentrer prochainement en &#171; dr&#244;le de guerre &#187; avec la Russie. La guerre des trois, France, Allemagne et Royaume Unie aura lieu. Et tant pis si H&#233;l&#232;ne sent le p&#233;trole, et que Achille, Agamemnon et Ulysse sont incarn&#233;s par Macron, Starmer, et Mertz ! On a les h&#233;ros que l'on m&#233;rite. Mais comme un tel &#233;tat ne peut se prolonger &#233;ternellement, quel sera le sc&#233;nario de sortie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera donc l'objet de la suite de cette analyse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] pour ceux qui ne l'aurait pas encore fait ou contesteraient ce fait, je recommande la lecture du livre de Brzejinski, Le grand &#233;chiquier, ainsi que le rapport de la Rand Corporation .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.vududroit.com/2025/11/la-guerre-des-trois-aura-t-elle-lieu/" class="spip_out"&gt;https://www.vududroit.com/2025/11/l...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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