<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>NotreJournal</title>
	<link>https://notrejournal.info/</link>
	<description>Un site pour tous, fait par des Pieds Noirs pour enrichir le d&#233;bat, responsable de ce qu'il &#233;crit mais pas de ce que vous comprenez.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net (Sarka-SPIP)</generator>




 
	<item xml:lang="fr">
		<title>LE 27 JUIN 1962, DESTINATION PARIS via MARSEILLE</title>
		<link>https://notrejournal.info/LE-27-JUIN-1962-DESTINATION-PARIS-via-MARSEILLE</link>
		<guid isPermaLink="true">https://notrejournal.info/LE-27-JUIN-1962-DESTINATION-PARIS-via-MARSEILLE</guid>
		<dc:date>2025-07-07T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucienne PONS</dc:creator>


		<dc:subject>NJ/archives</dc:subject>

		<description>RECIT DE MON RETOUR Le 27 juin 1962 je me r&#233;veillais sur mon dernier matin en Alg&#233;rie... J'habitais &#224; Hydra (au-dessus de Birmandreis) et j'avais dormi comme un ange. Tout &#233;tait en place dans ma grande maison, meubles, linges, porcelaines, argenteries, et m&#234;me bijoux(oubli&#233;s au dernier moment, je n'&#233;tais pas et je ne suis toujours pas mat&#233;rialiste) sauf quelques objets tels que petits meubles, radios etc... que j'avais fait planquer la veille chez des amis ing&#233;nieurs des p&#233;troles, qui (&#8230;)

-
&lt;a href="https://notrejournal.info/-Sites-internet-" rel="directory"&gt;PN &amp; Harkis&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://notrejournal.info/+-NJ2-154-+" rel="tag"&gt;NJ/archives&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://notrejournal.info/local/cache-vignettes/L128xH128/arton34504-44028.png?1769730053' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='128' height='128' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='RECIT-DE-MON-RETOUR'&gt;RECIT DE MON RETOUR&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 27 juin 1962 je me r&#233;veillais sur mon dernier matin en Alg&#233;rie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'habitais &#224; Hydra (au-dessus de Birmandreis) et j'avais dormi comme un ange. Tout &#233;tait en place dans ma grande maison, meubles, linges, porcelaines, argenteries, et m&#234;me bijoux(oubli&#233;s au dernier moment, je n'&#233;tais pas et je ne suis toujours pas mat&#233;rialiste) sauf quelques objets tels que petits meubles, radios etc... que j'avais fait planquer la veille chez des amis ing&#233;nieurs des p&#233;troles, qui devaient rester en Alg&#233;rie pour quelques temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil r&#233;gnait d&#233;j&#224; en grand ma&#238;tre dans un ciel bleu et des grandes baies de mon appartement je voyais se dessiner &#224; l'horizon pour la derni&#232;re fois les beaux arbres et les villas du quartier du Golf. On frappa doucement &#224; la porte vers 7 heures quinze : j'&#233;tais pr&#234;te au grand d&#233;part, calme et tranquille. C'&#233;tait un copain Paul Aletti ( de la famille propri&#233;taire de l'h&#244;tel Aletti) qui venait me chercher pour m'accompagner &#224; Alger o&#249; je devais prendre le Ville d'Oran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul et moi nous nous connaissions par des amis communs d&#233;fendant la m&#234;me cause c'est-&#224;-dire l'Alg&#233;rie Fran&#231;aise.Nous avons fait un dernier tour des lieux, j'&#233;tais la derni&#232;re habitante de cet appartement puisque mes enfants &#233;taient rapatri&#233;s &#224; Nice chez leurs grands parents depuis deux mois. Au moment de partir, le propri&#233;taire des lieux et son &#233;pouse ont sonn&#233; &#224; la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un couple de vieux Fran&#231;ais, mari retrait&#233; de l'arm&#233;e, ils savaient que je partais ce matin-l&#224; et sont venus pour encaisser un dernier loyer d'avance sur Juillet car ils n'avaient pas trouv&#233; de locataire pour me remplacer. Ils &#233;taient loin d'&#234;tre dans le besoin et dej&#224; propri&#233;taires en France. Mais l'argent, c'est l'argent .... J'ai pay&#233; aimablement, sans discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils nous ont quitt&#233;s heureux et contents et persuad&#233;s qu'ils n'arriveraient jamais plus &#224; louer l'appartement qui pourtant &#233;tait enti&#232;rement meubl&#233; et &#233;quip&#233; de mes affaires personnelles... C'&#233;tait leur seul souci..Enfin passons sur cette cupidit&#233;... Paul en &#233;tait outr&#233; &lt;br class='autobr' /&gt; Puis nous sommes partis pour Alger dans sa Jeep... je crois que c'&#233;tait une Jeep, enfin une voiture dans ce style l&#224;. Je n'avais qu'un petit sac de voyage, m&#234;me pas une valise et la veille j'avais fait d&#233;poser sept colis de bagages(linge de famille intact brod&#233; par mes grands m&#232;res) dans l'espoir qu'ils seraient charg&#233;s sur le navire. ( je ne les ai jamais revus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes arriv&#233;s sur le quai d'embarquement. Les dokers alg&#233;riens nous regardaient avec un air f&#233;roce et m&#233;prisant parlant tr&#232;s fort entre eux en arabe, presque mena&#231;ants envers nous. Une multitude de pieds-noirs attendaient l'embarquement. J'avais r&#233;ussi &#224; n'avoir qu'une place sur le pont : cette place m'avait pratiquement &#233;t&#233; impos&#233;e par Monsieur Jordan qui travaillait comme moi &#224; la SN REPAL, parce que jusqu'au dernier moment j'esp&#233;rais qu'un retournement de situation surviendrait et qu'un sursaut national nous garderait l'Alg&#233;rie Fran&#231;aise, et je voulais pas partir, ent&#234;t&#233;e comme une mule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais finalement, Monsieur Jordan qui s'inqui&#233;tait de me voir seule dans les bureaux d&#233;sert&#233;s, et qui avait r&#233;ussi &#224; obtenir cette derni&#232;re place,a r&#233;ussi &#224; me convaincre de devoir partir et Paul aussi insistait pour la m&#234;me cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais pratiquement la seule habitante Fran&#231;aise &#224; rester encore &#224; Hydra, le quartier le 27 juin au matin &#233;tait d&#233;sert d'habitants. Sur les quais les visages &#233;taient graves et certains laissaient couler silencieusement des larmes sur leurs visages. Tous les membres de ma famille s'&#233;taient rapatri&#233;s les jours pr&#233;c&#233;dents en me suppliant de partir avec eux ou au moins de les suivre, mais j'&#233;tais quelque peu ent&#234;t&#233;e &#224; l'&#233;poque..( javais 28 ans)...et je croyais encore que l'Alg&#233;rie resterait fran&#231;aise. Sur le quai j'ai rencontr&#233; le fr&#232;re de mon Directeur, Maurice, par discr&#233;tion je ne citerai pas son nom de famille, qui me courtisait quelque peu, sans plus. Il f&#251;t ravi de me rencontrer et ce f&#251;t ensuite lui mon chevalier servant jusqu'&#224; notre arriv&#233;e &#224; Marseille, en tout bien tout honneur, bien entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons sur le quai de d&#233;part, les dokers jetaient les valises et les colis dans les cales sans aucun m&#233;nagement ; la population qui attendaient d'acc&#233;der au navire &#233;tait digne et plut&#244;t silencieuse. M&#234;me les enfants sentaient qu'ils se passaient quelque chose de grave. Enfin vers midi (ou plus tard, je n'ai pas la m&#233;moire de l'heure exacte) nous avons gravi les uns apr&#232;s les autres la passerelle, avec l'allure de personnes endeuill&#233;s qui suivent un enterrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul rest&#233; sur le quai me suivait du regard bleu de ses yeux mouill&#233;s de larmes contenues... avant de me quitter il m'avait offert sa montre Lip en souvenir. En principe il devait quitter Alger quelques jours plus tard, mais en fait il a &#233;t&#233; enlev&#233; et emprisonn&#233; par le FLN et lib&#233;r&#233; seulement un an et demi au moins plus tard apr&#232;s avoir subi des tortures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le navire charg&#233; &#224; bloc avec des centaines de passagers entass&#233;s sur les ponts a quitt&#233; le port, tous les visages &#233;taient tourn&#233;s vers Alger la Blanche avec des regards graves et recueillis, certaines personnes se signaient en regardant Saint-Eug&#232;ne et la Basilique de Notre Dame d'Afrique, qui tr&#244;nait majestueuse sur la colline,des larmes dignes coulaient silencieusement sur des joues tristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi pas.... j'ai jet&#233; un seul regard vers la ville l'embrassant une derni&#232;re fois toute enti&#232;re,j'ai respir&#233; tr&#232;s profond&#233;ment son air, puis r&#233;solument j'ai tourn&#233; la t&#234;te vers le Nord, ce grand inconnu qui s'ouvrait devant moi. Comme va la barque va la vie ....!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; ce moment l&#224; j'ai eu une pens&#233;e pour cette ancienne past&#233;ra qui avaient 130 ans plus t&#244;t amen&#233; mes anc&#234;tres en Alg&#233;rie venant des Bal&#233;ares le coeur rempli d'espoir et surtout de courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de chemin parcouru en 130 ans, des marais au riches cultures, &#224; l'organisation du pays et puis le point final :la &#034;d&#233;colonisation&#034;programm&#233;e par la France et ses complices, envers et contre tous. &#034;Les colons&#034;, quelle grande expression.... en fait des agriculteurs, des viticulteurs, des marins, des ing&#233;nieurs, des gens de tous les m&#233;tiers travailleurs et acharn&#233;s qui avaient construit de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration la Belle France d'Alg&#233;rie. Mais enfin passons.....il faut savoir &#234;tre g&#233;n&#233;reux, et tourner la page......&#034;quand tu auras vu d&#233;truire l'oeuvre de ta vie, tu seras un homme mon fils ...&#034; Et c'est ce que j'&#233;tais d&#233;cid&#233;e &#224; faire dans ma vie de tous les jours,tourner la page, travailler, reconstruire, fort l'honneur j'avais combattu jusqu'au dernier jour en bon petit soldat et pour le reste cel&#224; ne m'emp&#234;che pas de garder mes id&#233;es et mes souvenirs intacts ; Sur le navire j'ai rencontr&#233; Odile et Lucien ma belle-soeur et mon beau-fr&#232;re. Un instant de r&#233;confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis avec Maurice nous avons &#233;t&#233; accost&#233; par un marin du Ville d'Oran qui nous a propos&#233;, contre une petite fortune, sa cabine et celle d'un de ses coll&#232;gues, &#034;l'argent, toujours l'argent&#034; : nous avons pay&#233; et c'est ainsi que nous avons pu voyager avec un certain confort, en partageant nos cabines avec d'autres rapatri&#233;s, gratuitement... cette fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice &#233;tait un homme mari&#233; avec une des arri&#232;res cousines de mon p&#232;re, mais &#224; l'&#233;poque je ne le savais pas : c'est en faisant des recherches g&#233;n&#233;alogiques ces temps derniers que j'ai d&#233;couvert cel&#224;, mais comme j'ai perdu Maurice de vue d&#232;s notre arriv&#233;e en France, il ignore toujours cel&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas s'il est toujours en vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au soir je suis rest&#233; sur le pont du Navire, avec les passagers, regardant la mer qui s'ouvrait devant nous, vers le nord : apr&#232;s tout j'&#233;tais petite fille d'officier de marine au long cours par ma m&#232;re et je me sentais bien dans mon &#233;l&#233;ment, sans compter que mes anc&#234;tres paternels &#233;taient armateurs-p&#234;cheurs au long cours avant d'arriver en Alg&#233;rie et faisaient p&#234;che jusqu'&#224; Saint Pierre et Miquelon, avant d'arriver en Alg&#233;rie pour devenir pour certains agriculteurs et viticulteurs apr&#232;s avoir d&#233;frich&#233; de leurs mains les marais d'Alg&#233;rie et pour d'autres maquignons (commerce des chevaux entre la France, l'Espagne et l'Alg&#233;rie) et pour d'autres encore transporteurs ouvrant les routes vers les territoires du sud et du sahara, ou commer&#231;ants, pharmaciens etc.... au fil des g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain 28 Juin 1962 le navire arrive &#224; Marseille, sur les quais personne pour nous accueillir, les passants ont des regards hostiles ; on attend le d&#233;chargement des &#034;colis&#034;, au bout de quelques heures nous renon&#231;ons &#224; retrouver nos affaires dans des monceaux de colis d&#233;pos&#233;s en vrac dans un entrep&#244;t. Alors avec mon petit sac je remonte la Canabi&#232;re avec la m&#234;me d&#233;marche qu'une personne en procession. Notre Dame de la Garde domine la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille s'ouvre devant moi...(j'&#233;tais d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; Marseille en 1958 en tr&#233;s court voyage) ; trois jours plus tard je monte &#224; Paris o&#249; je m'impose, c'est le cas de le dire, dans les bureaux parisiens de la SN REPAL o&#249; personne n'avait pr&#233;vu mon arriv&#233;e. Monsieur Chavanne de Dalmassy, Directeur Economique, Fran&#231;ais de grand honneur, m'aide &#224; y installer une table de bureau dans un coin du bureau de Monsieur de Tilly, lui aussi sympathique envers moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres grandes huiles m&#233;tropolitaines qui r&#232;gnent dans les bureaux parisiens voient mon arriv&#233;e d'un mauvais oeil,(&#034;pied noir, colonialiste...activiste... c'est du chinois pour eux cette triple &#233;tiquette qu'ils nous font porter et qui excite leur m&#233;fiance) ; mais j'ai t&#244;t fait par mon maintien et mon &#233;ducation de leur imposer le respect de ma pr&#233;sence parmi eux, et je les mate d'un seul regard. J'ai du travaiL et je suis comp&#233;tente, ils ont vite fait de s'en apercevoir, c'est l'essentiel, le travail pour nous c'est la vie et la sant&#233;, voil&#224; notre cr&#233;do ! mais il me faut trouver un appartement pour faire venir mes enfants, en attendant c'est la fianc&#233;e de Jacques Pr&#233;vot dit de Br&#233;monville, un ami qui devait plus tard devenir c&#233;l&#232;bre dans l'attentat du Petit Clamart, qui me loge chez elle &#224; Paris. Et ma vie de rapatri&#233;e commence .... mais cel&#224; est une autre histoire. .......&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>LETTRE OUVERTE A TOUS NOS ENFANTS PIEDS-NOIRS</title>
		<link>https://notrejournal.info/LETTRE-OUVERTE-A-TOUS-NOS-ENFANTS-PIEDS-NOIRS</link>
		<guid isPermaLink="true">https://notrejournal.info/LETTRE-OUVERTE-A-TOUS-NOS-ENFANTS-PIEDS-NOIRS</guid>
		<dc:date>2025-02-25T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucienne PONS</dc:creator>


		<dc:subject>article-externe</dc:subject>

		<description>LETTRE OUVERTE A TOUS NOS ENFANTS PIEDS-NOIRS Quelques jours avant ou quelques jours apr&#232;s l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, anciens D&#233;partements Fran&#231;ais, vos parents ont du se d&#233;cider &#224; quitter cette terre pour rejoindre dans leur grande majorit&#233; la m&#233;tropole, pour rester Fran&#231;ais et &#233;chapper bien l&#233;gitimement &#224; de grands dangers. Souvenez-vous de l'expression &#034;la valise ou le cercueil..&#034; Pour vous sauver du cercueil, Chers enfants, nous avons choisi la valise et par avion ou navire (&#8230;)

-
&lt;a href="https://notrejournal.info/-Sites-internet-" rel="directory"&gt;PN &amp; Harkis&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://notrejournal.info/+-article-externe-+" rel="tag"&gt;article-externe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://notrejournal.info/local/cache-vignettes/L100xH100/arton33887-b13da.png?1769701302' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LETTRE OUVERTE A TOUS NOS ENFANTS PIEDS-NOIRS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant ou quelques jours apr&#232;s l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, anciens D&#233;partements Fran&#231;ais, vos parents ont du se d&#233;cider &#224; quitter cette terre pour rejoindre dans leur grande majorit&#233; la m&#233;tropole, pour rester Fran&#231;ais et &#233;chapper bien l&#233;gitimement &#224; de grands dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvenez-vous de l'expression &#034;la valise ou le cercueil..&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous sauver du cercueil, Chers enfants, nous avons choisi la valise et par avion ou navire nous avons rejoint cette encore grande inconnue pour certains d'entre nous, que nous portions dans nos coeurs &#034;LA FRANCE&#034;. Inconnue territorialement s'entend, &#224; part pour ceux qui y &#233;taient venus y faire leur service militaire, pour y combattre l'ennemi en 14/18, et pour la lib&#233;rer au cours de la deuxi&#232;me guerre mondiale de 1939/1945, guerres dans lesquelles vos grands p&#232;res et p&#232;res ont connu l'honneur de ne pas avoir d&#233;pos&#233; leurs armes et des les avoir port&#233;es haut et fiers, comme des lions courageux jusqu'&#224; la victoire de 1945, et pour d'autres qui avaient eu le plaisir d'y venir en vacances ou en voyages d'affaires. Cette France nous la connaissions &#224; travers les r&#233;cits de nos grands parents et parents et par nos &#233;tudes scolaires et universitaire et nous portions son histoire dans nos pens&#233;es comme un symbole de &#034;LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE&#034; sous l'&#233;tendard de la R&#233;publique Fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#232;tes arriv&#233;s enfants en France o&#249; vous y &#232;tes n&#233;s et parfois vous vous interrogez sur cette expression Pieds-noirs que l'on utilise pour nous qualifier et que nous utilisons aussi entre-nous. Vos parents ont du garder une petite pointe de cet accent enjou&#233; et les expressions qui nous caract&#233;risent. Une certaine pudeur nous emp&#234;chent parfois, pour vous &#233;viter le passage de la guerre d'Alg&#233;rie et ses souvenirs douloureux, de vous enseigner exactement qui nous sommes vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord des Fran&#231;ais de souches et des Fran&#231;ais par option volontaire, de toutes origines europ&#233;ennes. Nos anc&#234;tres lors de la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie arrivaient de France, d'Espagne, d'Italie, des Bal&#233;ares, de Corse et d'autres pays d' Europe, pour s'&#233;tablir sur ce pays dont les terres en friches s'offraient &#224; nos travaux. Pourquoi &lt;br class='autobr' /&gt;
la France a-t-elle conquis l'Alg&#233;rie ?.... Dans un raccourci, indiquons que par suite d'un incident diplomatique insultant &#224; l' &#233;gard du Consul de France de la part du le Dey d'Alger,( ville qui se trouvait sous domination turque) pour relever notre honneur, mais surtout parce que les pays d'Europe en expansion &#233;taient persuad&#233;s de devoir, au nom de l'humanit&#233; et de son bien-&#234;tre &#233;conomique, de porter le flambeau de leur civilisation et de leur savoir faire, dans des pays &lt;br class='autobr' /&gt;
que l'on pourrait consid&#233;rer de nos jours comme des pays hyper-sous-d&#233;velopp&#233;s.Il &#233;tait important aussi pour notre commerce d'assainir la m&#233;diterran&#233;e des pirates qui abordaient et pillaient quantit&#233; de navires et de nous assurer une place forte en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#233;tablis dans le pays, vers 183O environ, peu &#224; peu au fil du temps nous nous sommes mari&#233;s entre Fran&#231;ais-Italiens-Espagnols-Corse, et tous autres europ&#233;ens et on nous appelaient bien souvent les Europ&#233;ens d'Alg&#233;rie. Pour ces raisons de mariages entre europ&#233;ens, nous avons dans une m&#234;me famille des blonds aux yeux bleux, des ch&#226;tains roux aux yeux verts et des bruns aux yeux noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur nos tables familiales se pr&#233;sentent tous les plats d'Europe, nous sommes gourmets : pa&#235;lla, rizotto, pates en sauce tomate, civets, escargots, tomates-poivrons-aubergines-courgettes facies ou finement cuisin&#233;es, petits pat&#233;s au fromage, &#224; la viande, ou &#224; la soubessade, beignets sal&#233;s ou sucr&#233;s, cocas et pizzas &#224; la tomate et aux poivrons ... viandes roties ou en sauce fines, etc... je ne peux pas tout citer, mais je n'oublierai pas notre gourmandise pour les fruits de mer et les poissons, sans oublier les d&#233;licieuses p&#226;tisserie parfum&#233;es &#224; la fleur d'oranger( Ah ! les mounas de P&#226;ques), les ment&#233;caos &#224; la cannelle, les oreilletes etc...Nous sommes de bons mangeurs et nous aimons aussi les fruits frais, past&#232;ques, melons, raisins, abricots, prunes, oranges, mandarines et les confitures, sans oublier tous les fruits secs ; Enfin nous savons aussi tenir nos verres &#224; l'ap&#233;ritif avec l'anisette et la kh&#233;mia, et nous appr&#233;cions les bons vins pendant le repas et les liqueurs &#224; la fin, avant le caouah ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes comme on dit &#034;des bons vivants&#034;, nous avons une bonne fourchette et savons lever notre verre dans les bonnes occasions. Ah ! j'allais oublier le couscous et le m&#233;choui.......ce sont des plats que nous appr&#233;cions la-bas et que nous avons mis au go&#251;t du jour dans les &#034;raouts&#034; en France et les Fran&#231;ais de France appr&#233;cient aussi notre cuisine, quoiqu'il vaut mieux les pr&#233;venir quand notre &#034;cheval de Troyes culinaire&#034; contient un ennemi puissant des palais d&#233;licats : je veux parler du piment et de l'harissa ... Aie ! Aie ! Aie !.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cuisine comme la litt&#233;rature et les arts fait partie de notre culture et c'est autour d'une bonne table que l'on fait plus ample connaissance, que les langues se d&#233;lient et que finalement on s'aper&#231;oit que patos ou pieds-noirs c'est du pareil au m&#234;me pour ce qui est de l'app&#233;ciation des mets et des bons vins. Pour l'appr&#233;ciation de nos id&#233;es politiques c'est parfois autre chose.... mais enfin en gens bien &#233;duqu&#233;s nous sommes tol&#233;rants des deux c&#244;t&#233;s et nous &#233;vitons les sujets &#224; rebrousse-poils, quoique nous avons le souci d'informer et de remettre poliment ( en &#233;vitant le coup de b&#233;lier) les pendules c&#233;r&#233;brales et intellectuelles &#224; l'heure quand il le faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfants et petits enfants de pieds-noir vous appartenez &#224; une dynastie de travailleurs, vos anc&#234;tres en Alg&#233;rie ont d&#233;frich&#233;s de leur mains des terres incultes et des marais pestilentiels ou sur des boues et eaux infest&#233;es r&#233;gnaient la malaria, le paludisme et bien d'autres maladies mortelles &#224; l'&#233;poque et dont des centaines sont morts quelques temps apr&#232;s leur arriv&#233;e et pendant quelques d&#233;cennies ensuite, en attendant que tout le pays f&#251;t assaini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis peu &#224; peu ces travailleurs ont plant&#233; des cultures, c&#233;r&#233;ales, vignes, jardins potagers, jardins fruitiers, plantes et fleurs, des arbres venus de France et ils ont construit des maisons, des routes, des villages, des &#233;coles, des h&#244;pitaux, &#233;tablit des commerces et des entreprises, cr&#233;er des mus&#233;es, des th&#233;atres et des op&#233;ras, des lieux de cultures et de distractions. Tout cel&#224; ne s'est pas fait en un jour ... il a fallu beaucoup de sueur et d'huile de coude. Ils y avaient aussi des m&#233;decins,des pharmaciens, des ing&#233;nieurs, des hommes d'affaires et de lois, des fonctionnaires, des marins, des transporteurs, des travailleurs artisans, ma&#231;ons, m&#233;caniciens, tailleurs et sp&#233;cialistes de tous les m&#233;tiers qui ne m&#233;nageaient pas leurs temps pour &#233;difier l'oeuvre commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains villages de basse kabylie, construits par les Alsaciens et les Lorrains arriv&#233;s en Alg&#233;rie vers 1870 ressemblaient comme deux gouttes d'eau &#224; certains villages anciens que vous pouvez visiter en Alsace et en Lorraine. D'autres villages ou hameaux du d&#233;but de la conqu&#234;te, construits par les Espagnols et les Mahonnais au coeur de leur cultures, rappelaient l'Espagne et les Bal&#233;ares. Je pense tout particuli&#232;rement au Hameau de Bou Ham&#233;di, pr&#232;s du Fondouk, avec ses maisons basses aux murs blanchis &#224; la chaux, et ceux qui connaissent le nom de ma famille comprendront pourquoi : il a &#233;t&#233; enti&#232;rement &#233;difi&#233; par les famille Gonalons, Pons, Gorn&#232;s Vidal et d'autres noms qui m'&#233;chappent, tous apparent&#233;s ; le dernier ouvrage tr&#232;s important &#233;difi&#233; au Fondouk avant l'ind&#233;pendance, le BARRAGE du FONDOUK, l'a &#233;t&#233; sous la conduite de Jean Gorn&#232;s, ing&#233;nieur des Arts et M&#233;tiers, fil de feu Laurent Gorn&#232;s cousin de ma Grand m&#232;re Feu Agathe Gorn&#232;s. Pardonnez-moi cette parenth&#232;se qui &#233;voque mes tr&#232;s anciennes racines paternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arbres que vos anc&#234;tres avaient plant&#233;s et acclimat&#233;s venaient de France et des pays d'Europe et peu &#224; peu cette terre hostile, fertilis&#233;e et caress&#233;e par leurs mains travailleuses &#233;tait devenue notre Belle France d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants originaires du pays ont accept&#233;s pour certains d'entre eux, de travailler avec nous, d'autre pas. Pour ces derniers, nos moeurs &#233;taient trop occidentales et ils craignaient qu'&#224; l'exemple des europ&#233;ennes leurs femmes ne s'instruisent et s'&#233;mancipent et c'est pourquoi tout en vivant en bonne entente socialement dans la vie publique de tous les jours, nous vivions de fa&#231;on parrall&#232;le nos vies priv&#233;es, nous dans nos coutumes et traditions et eux dans les leurs ; les diff&#233;rence de religions, &#233;l&#233;ments qui comptaient &#224; l'&#233;poque, rendaient tout mariage impossible entre les deux communaut&#233;s.Cel&#224; n'a pas emp&#234;ch&#233; de solides amiti&#233;s de se forger. Il y a eu tr&#232;s peu, presques pas, de mariage mixte Fran&#231;ais et musulmans, sauf dans quelques rares grandes familles &#233;volu&#233;es et tol&#233;rantes. Mais pour le travail et les affaires grandes et petites, nous nous &#233;tions habitu&#233;s progressivement &#224; travailler ensemble en bonne efficacit&#233; et entente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons v&#233;cu l&#224;-bas pendant cinq, six g&#233;n&#233;rations en moyenne ; vos grands-p&#232;res et p&#232;res sont venus &#224; deux reprises en France et en Europe faire leur service militaire et surtout faire la guerre de 14/18 et celle de 39/45 pour d&#233;fendre la France (la M&#232;re Patrie) contre ses ennemis de l'&#233;poque, et ceux qui n'y sont pas morts tu&#233;s au combat sont revenu chez eux en Alg&#233;rie, quelquefois avec une fianc&#233;e Fran&#231;aise &#034;de France&#034; qu'ils n'ont pas manqu&#233; d'&#233;pouser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes fiers de leurs actions et il vous arrivent certainement parfois, si vous fouiller dans leurs affaires, de trouver des d&#233;corations militaires, croix d'honneur, croix de guerre et m&#233;dailles militaires. A leur honneur beaucoup d'alg&#233;riens &#233;taient &#224; leur c&#244;t&#233;, dans l'Arm&#233;e Fran&#231;aise. Beaucoup de jeunes Fran&#231;ais d'Alg&#233;rie sont aussi partis comme militaires pour d&#233;fendre le Maroc et la Tunisie et ensuite la Tunisie, mais dans ces derniers cas, victorieux sur les terrains d'op&#233;rations, ils ont &#233;t&#233; trahis et abandonn&#233;s par des politiciens de basse envergure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions citoyens &#224; part enti&#232;re et quand la France &#233;tait en danger nous &#233;tions tous pr&#233;sents sous le m&#234;me drapeau tricolore. C'est ce que l'on appelle le patriotisme et ce que j'appelle moi &#034;l'honneur d'&#234;tre un homme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les valeurs militaires, celle du courage et de l'honneur ont &#233;t&#233; injustement bafou&#233;es par des politiciens de bas &#233;tages, incapables et f&#233;lons : ne vous laissez par leur propagande de faux-intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais vous, que feriez-vous si votre pays et votre famille &#233;taient attaqu&#233; par un ennemi f&#233;roce ? .. Laisseriez-vous &#233;gorger vos p&#232;res, m&#232;res, &#233;pouses et enfants, Laisseriez-vous envahir votre pays les bras crois&#233;s .... Je suis s&#251;re que non. Il ne s'agit pas d'attaquer, nous sommes pacifistes, mais de savoir se d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment ici nous sommes relativement en paix. Alors, chacun d'entre vous selon votre personnalit&#233;, vos qualit&#233;s, vos go&#251;ts, vos tendances et possibilit&#233;s, choissisez un but ; profitez de votre temps d'enfance, d'adolescence et de jeune adulte pour vous instruire, apprendre un m&#233;tier ou un art, sans oublier de vous distraire sainement : la f&#234;te fait aussi partie de la vie ; tout est utile pour votre avenir et pour le pays. Ne perdez pas votre temps pr&#233;cieux, &#233;vitez les exc&#232;s de verbiage pseudo-intellectuels ou politiciens, les pol&#233;miques oiseuses, n'entrez pas dans de vaines querelles partisanes, utiliser vos forces et votre intelligence pour vous livrer &#224; des actions concr&#232;tes, constructives, utiles pour vous-m&#234;mes, pour votre entourage et l'environnement. Il vous faut comme l'on dit &#034;se situer dans le paysage&#034; Vous faites partie d'un ensemble qui demain formera l'Europe nouvelle. Notre Belle Alg&#233;rie de France par ses divers composant en &#233;tait le pr&#233;lude, nous avons d&#233;j&#224; tous travaill&#233; ensemble... et il y encore du pain sur la planche &#224; p&#233;trir. Vous avez votre mot &#224; dire, qu'il soit de v&#233;rit&#233; et de justice ; vous avez une place &#224; prendre, vous &#234;tes en France et dans tous les pays d'Europe l&#233;gitimement chez vous, par descendances, coutumes et traditions. Ne vous laissez pas marchez sur vos pieds-noirs,soyez fiers de vos anc&#234;tres proches et lointains, m&#234;me si en plus de leurs qualit&#233;s ils ont pu avoir des d&#233;fauts, comme tout le monde ; la perfection n'est pas d'ici-bas, comme vous le savez, mais il faut tout faire pour s'en approchez afin de vivre sa vie dignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous les vieux pieds-noirs de l'ombre de notre soir nous vous tendons le flambeau, avec des gestes et des mots tout simples qui peuvent vous para&#238;tre d&#233;pass&#233;s dans notre &#233;poque o&#249; r&#232;gne un mode de communication outranci&#232;re, mais les modes passent et l'esprit demeure. Nous sommes la g&#233;n&#233;ration &#034;m&#233;moire-relais&#034; Pr&#234;tes ? .... Partez. Bonne vie et longue route enfants et petis enfants pieds-noirs et surtout n'oubliez pas comme l'on dit chez nous&#034;comme on fait son lit, on se couche&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>


 
	


 
	

</channel>
</rss>
