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Retourner en Algérie ? ECOUTE réservée aux abonnés

mardi 1er avril 2008, par Kir - Lecture réservée abonnés (en cours)

Certains d’entre nous retournent sur le sol natal, et jusqu’à présent ce voyage pouvait se faire en sécurité.

Aujourd’hui, il semblerait que mieux vaudrait y réfléchir à deux fois, d’autant que Ben Laden regroupe ses forces au Sahara.

voir en ligne : Sahara, Le nouveau sanctuaire d’Al-Qaeda :

Alerte en Algérie

La DST et la DGSE s’inquiètent de la sécurité des Français en Algérie.

Depuis les attentats du 11 décembre 2007, les autorités d’Alger ont durci la lutte antiterroriste, ce qui fait craindre le risque d’une surenchère.

Et la transformation de l’ex-GSPC en filiale d’Al-Qaeda pourrait conduire ses membres à viser les intérêts français, Paris étant régulièrement cité dans les communiqués de l’organisation terroriste de Ben Laden

Voir en ligne : Alerte en Algérie

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37 Messages de forum

  • 3638 - Retourner en Algérie ? 1er avril 2008 14:30, par cactus

    Paraitrait qu’ils nous redonnent nos maisons si nous retournons en ALGERIE. Madre de DIOS

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    • 3641 - Retourner en Algérie ? 1er avril 2008 16:52, par daniele

      cactus, meme cadeau et meme avec tes épines, tu y retournes ? :))

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      • 3687 - Retourner en Algérie ? 3 avril 2008 07:59, par cactus

        ma chère Danièle j’y retournerai un jour peut-être au printemps prochain et beaucoup de personnes m’ont invitées à leur rendre visite. Tu sais on revient toujours à ses origines et à sa terre natale et l’Algérie est ma terre même si beaucoup de choses ont changé, même si certains me disent "tu as la mémoire courte". Je suis de 1952, c’est vrai que je n’avais qu’une dizaine d’années lorsque l’on nous a forcée à partir, c’est vrai que dans ma famille nous avons été marqués par la guerre et des disparus. Mais c’est vrai aussi que je me sens amputée de ce pays car si la France nous a accueilli si nous avons fait nos vies , réussi ou pas, il manque quelque chose pour la fin de notre vie ( en ce qui me concerne) aussi je retournerai sur ma terre, dans les maisons de mes aîeux si elles y sont toujours et pourquoi pas passer souvent quelques jours pour le ressenti de mes origines car je n’aime pas rester sur une défaite certains s’installent à l’étranger mais reviennent un jour chez eux et je pense que beaucoup de descendants feront celà au moins une fois dans leur vie ou plus. Même un cactus peut avoir du bon dans sa chair : HUILE de CACTUS.

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        • 6192 - Retourner en Algérie ? 14 septembre 2008 15:19, par cloem

          Bonjour !

          Je me permets de vous contacter car ma grand-mère est partie d’algérie en 1960. Il n’y a pas un jour sans qu’elle me parle de son pays. Elle a aujourd’hui 67ans, et j’aimerais beaucoup lui offrir ce voyage : retourner à Saida, sa ville ! Néanmoins, je ne sais pas comment m’y prendre, s’il existe des associations qui organisent des voyages, ou s’il faut s’y prendre seul. Pour les personnes qui y sont retournées, pourriez-vous m’aider dans mes démarches ? Je serai heureuse de partir avec elle dans son pays, elle commence à avoir une santé fragile et j’aimerais qu’elle voit son pays et sa ville avant qu’elle ne le puisse plus. Merci de vos réponses.

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          • 6194 - Retourner en Algérie ? 14 septembre 2008 16:36, par Marino

            je vous conseille de voir le site De France diplomacie malheureusement, la prudence est très recommandée quoique en disent les Agences de Voyages ou les Associations - A moins de croire à son destin…

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            • 6199 - Retourner en Algérie ? 15 septembre 2008 02:15, par constantine1948

              Retourner à Constantine.. Je suis née en 1948,et j’ai quitté l’Algérie en 1968.mes parents avaient choisi de rester là-bas,après l’indépendance.Comme beaucoup d’autres ..du moins à Constantine. Je sais que je vais au devant de courriers hostiles,mais j’ai vécu une histoire différente,du fait de ce départ tardif ! Puis,j’ai du aller vivre en France,à 20 ans. Durant toutes ces années,je ne me suis jamais sentie chez moi,en France.(je précise que mes 2 grands pères ont fait la guerre de 14/18,mon père ,celle de 42/46,avec les américains,et que je me sens totalement française) Mon histoire familiale et mes racines me rendaient différente de mes voisins. J’étais triste de ne pas pouvoir montrer à mes enfants,mon école ou ma maison. Enfin,après 40 ans,j’ai pu retourner à Constantine. Mon compagnon et moi,avons été magnifiquement reçus.La gentillesse des constantinois a été extraordinaire. les pieds-noirs sont très bien acceptés,et nous avons entendu"bien venus chez vous",très souvent. J’ai pu retourner dans nos endroits préférès,Bône,Phillipeville,Ain m’Lila..et ,en me faisant connaitre,j’ai même reçu des cadeaux,venus du coeur.. Je crois que j’y retournerais dés que possible. Je ne pense pas que ce voyage soit dangereux.Les attentats visent des bâtiments publics,pas des étrangers. Le peuple est malheureux,se révolte contre le pouvoir et la corruption des fonctionnaires. Tout a bien changé,mais ,en partant en 1968,j’avais déja vu le pire. Maintenant,j’aspire à retrouver ce pays qui a tant compté,pour tous les miens. Je crois que ceux qui ont envie de revoir les endroits magiques de leur enfance ont le droit de le faire. Nous sommes nombreux à avoir des amis d’enfance en Algérie.copains d’école,par exemple,qui sont heureux de nous recevoir. Les voyages organisés ne laissent pas de vraies libertés,et les hôtels sont chers et plutôt douteux. Retourner en Algérie,je crois que c’est possible,pour tous ceux qui en ont vraiment envie.

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              • 6203 - Retourner en Algérie ? 15 septembre 2008 09:32, par SEREIN

                Bonjour . Pourquoi penser que vous allez devant des réactions hostiles . Notre étonnement est grand . Quand nous quittons l’Algérie , nous convoyons les familles , et de nombreux F.L.N suivent les convois pour s’en prendre aux P.N .

                Quand je quitte l’Algérie , Oran est en feu et je suis persuadé que tous les Européens et les Harkis sont partis .

                Quand j’apprends beaucoup plus tard que les Harkis ont été massécrés ma colère et mon chagrin sont immenses .

                Quel ne fut pas mon étonnement quand un expert comptable me dit être resté au village jusqu’en ( je n’en sais plus trop rien ) en Algérie . Je lui ai posé la question : " pas de problèmes avec les Algériens " . " Non , aucun ". Une dame avec qui nous allions à Lourdes avec l’Association du 26 mars ( j’étais chargé à l’époque d’une partie de l’intendance ) me dit : " je suis resté à Oran après l’Indépendance " . Un martien me l’aurait expliqué , je ne l’aurai pas cru .

                Effectivement nous n’avons pas vécu la même chose et nous nous réjouissons que cela ait pût être possible.

                Ma famille à quitté Alger ( sauf 2 , dont un abattu dans sa ferme à Mouzaïa ) , la famille de ma femme ( Oran ) est toute partie . Sa grand- mère maternelle a eu de la chance ( arrêté prés d’un bus et attendant , un Algérien lui a dit dans son dos : ne restez pas là Madame , c’est dangereux : quelques instants aprés son départ le bus explosait " . Une collègue de travail m’a dit ( son père était à Mers el Kebir ) . Dans ORAN le 5 juillet , j’étais bébé et ma mère s’est réfugiée avec moi dans ses bras et 300 personnes dans une Eglise . L’armée algérienne s’est interposée entre la populace en furie , et nous a sauvées . Et ce Commandant de l’A.L.N allant voir régulièrement Katz pour lui demander d’intervenir , lui - même n’osant pas comme Fouchet faire tirer sur ses compatriotes .

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                • 6371 - Retourner en Algérie ? 27 septembre 2008 02:12, par constantine1948

                  Tout d’abord veuillez excuser mon retard à vous répondre… Ensuite,j’ai bien dit que mes parents avaient choisi de rester à Constantine…moi,j’avais 14 ans.. je sais que à Oran et à Alger,les choses ont été différentes.à Constantine,il n’y a pas eu "de gros problèmes". Pardon pour ceux qui ont subi des choses difficiles. Moi,je suis allée à l’école,puis j’ai travaillé dans l’enseignement. j’ai quitté Constantine à 20 ans et bon nombre de mes amis y vivaient encore. Il faudrait comprendre que tous les pieds noirs n’ont pas quitté l’Algérie en 62.il doit y avoir des chiffres officiels.. il faudrait,peut-être apprendre à être plus tolérant. Quand je vous disais que j’allais au devant de réactions hostiles !

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                  • 6372 - Retourner en Algérie ? 27 septembre 2008 08:37, par Constantine1951

                    Il n’y a pas de réactions hostiles, il n’y a que des faits et de la prudence.

                    Dans cette même ville de Constantine justement, ma famille a eu à redouter ce que vous appelez "les gros problèmes". Et quand j’entends des amis qui y sont retournés récemment, c’est à dire au mois de mai 2008 (on ne peut pas faire plus proche), leur version n’est pas aussi rassurante que celle que vous donnez.

                    Devoir sortir dans une voiture blindée ne me rassurerait pas.

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                    • 6373 - Retourner en Algérie ? 27 septembre 2008 09:09, par Ryad

                      Bonjour,

                      Vous exagérez beaucoup…j’ai connu un certain Gérard sur le net un pied d’Alger, il est venu en 2007, il est revenu en 2008 avec sa femme, ile est allé par tout ni voiture blindée ni quoi que ce soit, il m’a d’ailleurs téléphoné et on a failli se rencontrer mais je n’ai pas voulu le gêner, j’ai compris quil avait un problème chargé…que dire aussi à ses étrangers qui marchent avec des sacs à dos dans la rue, vous avez on les mangent…quand aux pieds noirs demandez à vos amis qui sont venus comment ils sont reçus…nous avons toujours été un peuple accueillant, et nous sommes pas des rancuniers ni quoi que ce soit, on sait aussi aimer els enfants de notre pays…

                      Ryad, d’Alger

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                      • 6374 - Retourner en Algérie ? 27 septembre 2008 10:00, par SEREIN

                        M. Ryad . Ce chant que vous apprenez dans vos écoles , bien qu’étant peu en accord avec l’Islam , ne risque - t -il pas d’envenimer les choses quand l’Algérien apprend que le touriste est Français ? Que pense les Algériens au fond d’eux - mêmes de la France . Je ne parle pas des gens qui interprétent mal le Coran , et qui veulent s’en prendre à tout le monde , même aux Algériens on l’a vu .

                        Kassaman , hymne nationale algérien a été écrit par Moufdi Zakaria utilisant son sang comme encre sur les murs alors qu’il était dans la prison de Barberousse à Alger ( d’après la légende ) . Voyons plutôt le couplet qui nous concerne .

                        Ya faran’saa qad madha waqtou l’3itab Wa taway’naahou kamaa youtwa l’kitaab Ya faran’saa inna dhaa yewmou l’hissaab festa’iddy wa khoudhy minnaa l’djawab Inna wi thawratinaa faslou l’khitaab Wa aqadna el’âazma an tahya aldjazair. Refrain : Fashhadoo ! Fashhadoo ! Fashhadoo

                        Ô France ! le temps des palabres est révolu Nous l’avons clos comme on ferme un livre Ô France ! voici venu le jour où il te faut rendre des comptes Prépare toi ! voici notre réponse Le verdict, Notre Révolution le rendra Car Nous avons décidé que l’Algérie vivra Témoignez-en ! Témoignez-en ! Témoignez-en

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                        • 6375 - Retourner en Algérie ? 27 septembre 2008 10:26, par Ryad

                          A Monsieur Serein

                          La Marseillaise n’est guère mieux tendre et vous le savez…pourtant je ne vous accuse de rien, au contraire je vous aime bien et je ne dis jamais que ce que vous apprenez est mal…mieux encore je vous trouve cultivé et franchement intéressant.

                          Ryad, d’Alger ze10ry yahoo.fr

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                          • 6376 - Retourner en Algérie ? 27 septembre 2008 11:10, par GG

                            Ryad, si vous parlez dans ces termes de notre chant National, c’est que vous en connaissez bien les paroles.

                            http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mar…

                            Et vous n’avez pas tout à fait tort, la Marseillaise était un chant révolutionnaire. Mais depuis je crois bien qu’on l’a oublié, il y a si longtemps !!

                            GG

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                            • 6379 - Retourner en Algérie ? 27 septembre 2008 14:51, par Henri thoa

                              Un PN d’Hussein-Dey vous parle de Cherchell où les gens ont ici encore la nostalgie du temps passé ; par exemple les pratiquants de la pétanque avec les PN….Chez eux je n’ai jamais trouvé la moindre haine à notre égard ….Bien au contraire Je sais que pour certains PN il ne reste que plus que nostalgie et même une pointe de haine …et je le regrette ….mais sachez qu’il fait bon y vivre et que j’y passe du bon temps…Si je devais passer tous les messages de sympathie à notre égards 10 pages n’y suffiraient pas J’en profite pour remercier les nombreux lecteurs de votre site qui parcourent mes articles sur www.algeriepyrenees.com Cordialement Henri Thoa dit "Le Pèlerin"

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          • 6201 - Retourner en Algérie ? Visite virtuelle 15 septembre 2008 06:31, par Marino

            Réponse à Cloem

            Les Saïdeens ont fait un voyage en 2006 et l’ l’Amicale (à Toulouse)fournit un D.V.D au prix de 20€. Prenez contact avec eux et emmenez dans un premier temps votre grand-mère au rassemblement annuel.

            Sur l’Encyclopédie A.F.N. vous trouvez un petit historique et des photos anciennes de Saïda.

            (cliquez sur le lien en bleu)

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  • 3658 - Retourner en Algérie ? 1er avril 2008 19:06, par poinvert

    Et le courage, b… ?

    N’est-ce pas entrer dans le jeu de cette organisation terroriste, très chère Kir, que d’être aussi alarmiste ? De plus, la DST et la DGSE parlent des Français en général et non spécialement des Français d’Algérie. Si ces services de sécurité n’ont pas parlé aussi des autres nationalités occidentales victimes potentielles du crime de l’organisation terroriste, c’est tout simplement parce que ce n’est pas de leur ressort.

    Une autre raison de t’encourager, toi et tous nos autres soeurs et frères de cette terre, quelques aient été leurs positions politiques à l’époque, à venir partager d’autres moments avec nous ici au bled : vous êtes généralement entourés de personnes qui sont restées ici et qui généralement pensent que vous êtes des soeurs et frères nouris des entrailles de la mêmes terre. Si vous êtes touchés, c’est tous les Algériens qui le sont aussi.

    Bien à toi soeur très chérie

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  • 3696 - Retourner en Algérie ? 3 avril 2008 18:46, par MARIE CHRISTINE

    Je suis retournée à Alger en avril 2006 (je suis née en 1954 et suis partie en juin 1962, j’avais 8 ans) . Je m’en souviens pourtant comme si c’était hier. (Le psy m’explique que c’est normal tout est déjà joué à 8 ans) Que d’émotions, j’ai visité ma maison, ma chambre (tout est dégradé et sale) le cabanon à saint cloud lui n’existe plus, mais entre les rires et les larmes, j’ai pu un peu exorciser. je précise quand même que nous étions constamment entouré de flics même pour visiter nos appartements. j’ai trempé mes pieds dans l’eau salée de Zéralda " les sables d’or" où j’allais enfant, j’ai revu le tombeau de la Chrétienne, la Pointe Pescade,la Cathédrale où j’ai été baptisée, N.D. d’Afrique, Fort de l’eau… et puis…. et puis… la rue d’Isly, la Grande Poste, où mon père et mes oncles se trouvaient le 26 mars, tout était présent dans ma tête, mon père avec le drapeau en sang, et aussi le tombeau de mes grands parents au cimetière de St Eugène, Je crois que j’ai même entendu "le bruit des casseroles". "Ils" ont rasé la forêt de Baïnem, il n’y a plus le vivier de Sidi Feruch où mon papa m’amenait. Je répète tout est sale, à l’abandon… mais j’ai ramené un peu de terre rouge et du sable. C’est très curieux, j’ai la haine mais en même temps je ne rêve que d’y retourner au moins encore une fois avant de mourir. Quand je suis là-bas chez moi, JE RESPIRE !

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    • 3733 - Retourner en Algérie ? 4 avril 2008 21:22, par Michelle

      Marie christine,moi je suis d’oran, j’avais 20 ans lorsque je suis partie en 62 , j’ai la nostalgie de plus en plus de mon pays, je n’y suis jamais retournée, les moyens ne me le permettent pas, et puis d’un autre coté j’ai peur d’avoir un choc, car le quartier ou j’étais n’existe plus. Tout est cassé et à l’abandon.Pourtant j’ai envie d’y aller au moins une fois. Je me suis pas faite à la France, pour moi ce n’est pas chez moi, chez moi c’est là-bas. Donc je te comprends, quand tu dis que tu respire quand tu es là-bas.

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    • 3764 - Retourner en Algérie ? 6 avril 2008 01:15, par Michelle J.

      Je crois que plus l’on vieillit, plus la terre qui nous a vu naître nous manque… Certains peuvent "faire leur deuil", d’autres ne le pourront jamais. Le passé est passé, dit-on mais "là-bas" est resté un part de nous-mêmes… Alors ?

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      • 3774 - La guérison par le retour 6 avril 2008 15:56, par la bergeronnette

        Je viens témoigner pour un retour merveilleux et très émouvant au Pays en septembre 2007 pour une première fois, puis au passage à l’an 2008 en janvier pour, très bientôt puisqu’en fin mai, y retourner à nouveau avec projet de remettre ça en octobre ! J’ai eu la chance de retrouver un camarade algérien avec lequel nous sommes allés à l’école communale de notre petit village d’Auribeau dans la commune de Jemmapes, grâce à internet et tout c’est décidé très rapidement puisque début 2007 nous avons repris contact et nous avons planifié mon retour 7 mois plus tard. Mon compagnon (PN également) et moi-même avons été pris en charge dès la descente de l’avion par ce très dévoué camarade et nous avons retrouvé notre ancien instituteur qui nous avait précédé de quelques jours. Nous avons eu le privilège et l’extrême bonheur de nous réunir, les anciens camarades du village ainsi que les enseignants et directeur actuels, dans notre bonne vieille école communale. Quelle émotion de se retrouver sur les bancs de notre enfance heureuse et insouciante… puis après tant d’émotions nous avons tous été conviés dans la salle des fêtes à un repas composé, entre autres, d’un délicieux couscous confectionné par les bons soins de la maman d’un de nos camarades de classe et couronné par de succulentes pâtisserie élaborées par les filles de mon camarade retrouvé via internet. Pour digérer ce plantureux repas nous sommes tous partis en procession sur le chemin de la source du village qui nous a rafraîchi tout au long de notre vie passée "là-bas", nous avons même poussé la ballade plus loin dans le djebel sans être nullement inquiétés par qui que ce soit et qu’il était bon de retourner sur les pas de nos ancêtres qui ont foulé ces chemins pour se rendre à la battue et autres chasse, cueillette de champignons etc… L’accueil fut des plus chaleureux tout au long de notre séjour qui dura une semaine et ce qui me toucha énormément ce furent ces paroles souvent entendues de la part des habitants "Soyez les bienvenus chez vous" !!!… Je vous encourage à y retourner, vous, qui en avez tant le désir tout comme je l’avais. N’hésitez pas et profitez de cette ouverture actuelle qui, sait-on jamais, risque de ne plus être dans le futur… ? Oui les villes et villages ont changés, il y a beaucoup plus d’habitations ce qui est tout a fait normal (ici aussi) mais la campagne est pratiquement restée la même, mis à part les vignobles qui ont disparu, hormis ceux concernant le raisin de table. Les orangeraies sont toujours là, témoins d’un passé chargé de dur labeur et d’amour de cette terre tant aimée par nous tous, surtout nos agriculteurs et viticulteurs pour lesquels le lien était beaucoup plus charnel on le comprend ! J’en parle en connaissance de cause puisque mon grand-père parternel et mon père étaient "des terriens" Et je confirme que le retour au pays est une véritable thérapie pour notre guérison. La déception concernant la découverte de vos habitations est possible selon les endroits mais l’accueil chaleureux que vous y recevrez vous fera oublier toutes ces petites choses, somme toute, matérielles. L’âme de nos ancêtres plane toujours en ces lieux, vous aurez le bonheur de toucher ces murs contre lesquels vous vous adossiez, de redécouvrir le carrelage de votre maison, de fouler la terre de votre jardin, de caresser certains arbres, témoins de vos jeux d’enfants, qui sont encore présents, de respirer à nouveau cet air, de revoir ce ciel profond et si bleu, d’entendre craqueter les cigognes etc… tout ce qui est enfoui depuis plus de 45 ans va ressurgir dans une bouffée d’émotions intenses, toute cette tristesse et ce mal être refoulé s’échapperont et s’évanouiront au contact de cette nature et de cette population qui nous reçoit chaleureusement. Vous aurez enfin fait votre deuil et nous sommes à des âges où il est encore tant d’accomplir ce chemin de guérison du coeur et de l’âme. Et je vous souhaite, tout comme moi, d’avoir la chance de reprendre contact avec d’anciens amis (lancez une bouteille à la mer en mettant un message sur le site par exemple) qui, étant sur place, saurons vous guider avec un plaisir et un dévouement appréciables. Bonne chance à vous et écoutez votre coeur. La bergeronnette

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        • 3775 - La guérison par le retour 6 avril 2008 16:22, par fleury14

          Bergeronnette Merci pour ce plaidoyer à notre pays de naissance. Il a le mérite d’être honnête et de refléter une maturité atteinte avec une vision objective. Vous intègrez le drame passé, le nôtre inoubliable mais vous voulez, en même temps, être porteuse d’espoir pour un avenir plus serein dans ce pays, sinon pour nous, mais nous le souhaitons, pour nos enfants, les nôtres, les leurs. Votre papier est intéressant et bien argumenté. Je n’y suis jamais retournée. Amicalement à vous et aux visiteurs. yvette

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        • 6351 - La guérison par le retour 25 septembre 2008 22:23, par genevieve

          je suis partie d"Algerie en 1962.Ma mémoire s’est arrétée là.Ma vie entiére est infiltrée par cet événement.Aprés de nombreuses années pendant lesquelles il était hors de question d’y retourner j’envisage de faire le voyage mais pratiquement comment faire ?faut-il prendre un guide ?peut-on circuler librement ?estce que quelqu’un pourrait me donner des indications ?

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          • 6353 - La guérison par le retour 26 septembre 2008 08:57, par CACTUS

            le suis partante Geneviève pourquoi nepasmonterun groupepuisque virtuelement nous avons des relations et nouspourrions faireun iruit sur ertaines villes en s’y prenantmaintenant et en éhangeant nos idées elà pourrait sefaire à moins de rejoindredes groupes de voyages organisés ?

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          • 6354 - La guérison par le retour 26 septembre 2008 09:05, par Marino

            Les zones à risque restent la Kabylie, Chlef, Aïn-Defla, Mascara, Blida, Médéa et les régions occidentales à la frontière avec le Maroc. Actuellement même la région du Sahara (Tassili, Hoggar, oasis du grand erg occidental) n’est pas sûre : aux risques d’attaques sur la route carrossable saharienne Hassi-Messaoud -In Amena (où l’on ne circule que par convoi escorté à des heures fixées à l’avance) il faut ajouter le risque d’enlèvement de touristes.

            Il est donc conseillé d’éviter la zone comprise entre Ouargla et Illizi

            Les voyages pour tourisme dans le nord de l’Algérie sont encore à éviter. Si vous devez impérativement vous rendre dans la capitale pour affaires, il faut absolument respecter les règles de sécurité adoptées par la police locale ou indiquées par l’Ambassade française.

            Il est en particulier vivement recommandé de loger dans les grands hôtels qui offrent les mesures de sécurité adéquates, de ne pas circuler durant les heures nocturnes, d’éviter de fréquenter les lieux très animés comme les marchés, les rues commerciales ou les moyens de transport publics, d’éviter les contacts avec des inconnus, d’être accompagné, si possible, par des personnes du lieu, de confiance et qui connaissent bien la ville. Invitation à la prudence aussi près des mosquées, des Universités, des Ambassades américaine et anglaise, des lieux où se déroulent des manifestations de protestation.

            Prudence aussi pendant le transit à l’aéroport. Les voyages touristiques individuels en dehors des circuits organisés sont absolument déconseillés ; il reste indispensable de contacter l’Ambassade française à Alger avant et après le voyage et de respecter les conseils donnés à ce sujet

            Les conseils donnés par Service-Voyage.com et l’Ambassade de France

            Alors avec un chouilla de baraka et sans schkoumoun, vous pouvez guérir…

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            • 6355 - La guérison par le retour 26 septembre 2008 09:38, par Marino
            • 6356 - La guérison par le retour 26 septembre 2008 09:41, par Ryad

              Monsieur Marino,

              Vous dites quelques vérités et beaucoup de contre vérité…à part la kabylie, Bouira et Bourmerdès…les autres régions que vous citez il n y a absolument pas de risque…à Alger je vois des étrangers et des pieds noir aussi eh oui…en sac à dos et en short aussi l’été…ils aiment bien Sidi Ferruch aussi…je ne peux pas laisser passer des choses fausses, peut être que vous êtes mal informés mais c’est la vérité…d’ailleurs j’ai cité la zone à risque, je dois dire qu’il y aussi la zone saharienne, où il y a la partie que vous avez cité, mais là le voyage se fait toujours accompagné alors il n y a pas de choses à craindre…en ajoutant mes précisions votre message devient plus juste…salutations cher ami.

              Ryad, d’Alger ze10ry yahoo.fr

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              • 6358 - La guérison par le retour 26 septembre 2008 10:14, par PaSSiSSur

                Même si vous avez raison RYAD de moduler l’intervention de MARINO, la question n’est pas là au fond…

                La question pertinente, me semble-t-il se situe ailleurs !

                Est-il concevable de se poser la question de la sécurité personnelle devant l’enlèvement ou autres ?

                Non ce n’est pas concevable dans un pays "normal", car même si on peut tracer des zones objectives de risques, qui nous assure que ce risque est fixé ? Qui nous assure que tel ou tel pour une raison ou une autre, ne fera comme les autres, pour des questions d’intérêts ?

                C’est très difficile à gérer ! Il faut bien le comprendre…

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                • 6403 - La guérison par le retour 28 septembre 2008 06:06, par Lucide

                  Question à M.A.M : Faut-il encore craindre pour nos ressortissants ?

                  D’une organisation centralisée, on est passé à une myriade de réseaux autonomes, puis ces dernières années à des regroupements autour de mouvements comme l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien, rebaptisé al-Qaida au Maghreb islamique. AQMI menace aujourd’hui les intérêts français dans tout le Maghreb et son influence s’étend au Sahel. Un danger d’autant plus important que les terroristes ont changé de tactique………..

                  Plusieurs dirigeants des pays du Golfe m’ont ainsi confié que les attentats organisés longtemps à l’avance cèdent le pas à des attaques d’opportunité, non programmées et commises par des individus endoctrinés via Internet. Ces derniers ne font parfois même pas partie d’un réseau. Ce nouveau péril est donc beaucoup plus difficile à cerner et à suivre.

                  Extrait partiel de l’Interview du 11.09.2008 du Figaro paragraphe sur l’Algérie

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              • 6359 - La guérison par le retour 26 septembre 2008 10:30, par Marino

                Monsieur RYAD

                Mes informations sont sur le site Service-Voyage.com mais tout particulièrement sur le Service des Affaires Etrangères ici

                Voici quelques extraits :

                Il est conseillé :Les récents attentats montrent qu’un retour à la plus extrême prudence s’impose.

                Les séjours dans les grandes villes, desservies directement par avion depuis la France, sont possibles mais doivent être entourés d’une grande prudence

                en cas de déplacement par la route, de privilégier les grands axes et d’éviter de circuler la nuit.

                Les déplacements dans les zones rurales et montagneuses, en particulier dans le quart Nord-Est du pays, sont strictement déconseillés.

                Le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), qui se fait désormais appeler groupe "Al Qaïda au Maghreb islamique" (AQMI), est toujours actif et commet des attentats qui font de nombreuses victimes parmi les forces de l’ordre et les civils.

                Le GSPC/AQMI a émis à plusieurs reprises des menaces contre les intérêts étrangers, notamment français et américains

                La violence terroriste se manifeste sous diverses formes, parfois proche du banditisme. Un important dispositif sécuritaire est déployé dans les grandes agglomérations et en particulier dans les zones où résident ou se rendent un grand nombre de voyageurs étrangers (grands hôtels, zones de circuits touristiques du Grand sud algérien notamment).

                Une augmentation de la délinquance et de la petite criminalité, notamment des vols avec violence, est à signaler dans la plupart des grandes villes.

                Les voyages touristiques individuels, impliquant des déplacements par la route en dehors des grandes villes, demeurent déconseillés en Algérie.

                En ville, il convient de demeurer dans les quartiers centraux et résidentiels et d’éviter les quartiers périphériques.

                La suite est sur le site (lien bleu))

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                • 6361 - La guérison par le retour 26 septembre 2008 15:58, par Ryad

                  J’habite dans un quartier populaire d’Alger, les étrangers passent en sac à dos quand ils veulent et on les mangent pas, j’en vois souvent, en plus j’ai un grand hôtel près de chez moi…alors l’exagération des choses me gène…je peux comprendre quand c’est une vérité qui est dite mais dès qu’on commence à dire n’importe quoi, alors que moi je peux rester à 4h du mat sans risque, alors que beaucoup de pieds noirs viennent et sont reçus très bien, cela ressemble un peu à de l’ingratitude…ça laisse à réfléchir en vers ces gens qui les accueillent bien et quand ils arrivent sur un site pied noir, ils ne lisent même pas un mot réconfortant…en tout les cas je continue à dire que j’aime tout mes compatriotes ; même si parfois il y en a ceux qui disent des choses qui font mal et qui ironisent…mais ce n’est pas grave, je ne suis pas rancunier.

                  Ryad, d’Alger ze10ry yahoo.fr

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                • 6366 - La guérison par le retour 26 septembre 2008 23:18, par Colette

                  bonsoir, nous avons dû quitter notre pays natal en 1962 et depuis beaucoup ont songé à revoir l’Algérie de leur enfance…. personnellement je suis retournée en Algérie dès 1968 car mes parents y étaient restés. Je savais qu’il existait déjà certains dangers à se promener seule et notamment dans certains quartiers dits dangereux, un peu excentrés. Mais, l’accueil a été formidable certaines connaissances algériennes sont venues me parler et nous avons évoqué les moments de notre vie du temps où tous nos amis étaient encore présents sur ce sol natal. Puis, je suis revenue en 1982,83 et 84 pour des raisons familiales et j’ai assisté à la transformation du pays. Des constructions multiples et modernes s’implantaient dans le centre de la ville de Bône, de grands palaces de tourisme étaient construits aux abords des grandes plages de St Cloud et de Chapuis… mais nous faisions très attention dans l’entrée de notre immeuble, car c’est là que ma mère et moi avons été suivies et avons failli être agressées par un individu armé qui fut arrêté quelques jours plus tard par la police car il avait commis un cambriolage dans une villa. Enfin, voilà en gros l’ambiance qui régnait à l’époque et même si mon pays me manque, je sais que c’est très dangereux d’y aller alors je me fais à cette idée que je ne peux courir de rixe d’autant qu’à présent , les groupes armés d’Al Quaïda sont de plus en plus nombreux et n’hésitent pas à attaquer des civils et à jeter des bombes dans les centres villes, comme récemment sur la région d’Alger. En fait, la guerre n’est pas finie …Sincèrement. Colette Paule.

                  Voir en ligne : Il y a des vérités à dire !

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      • 3776 - Retourner en Algérie ? 6 avril 2008 16:33, par fleury14

        Michelle Faire le deuil, nous le faisons par force mais c’est un deuil "contre nature", c’était celui de ma mère qui n’a jamais pu revoir son pays et pour laquelle, il est trop tard puisqu’elle n’est plus, celui de mon père, le patriache, qui vit encore et n’y retournera jamais, malgré les mots qu’il dit encore, ces mots pleins de chez nous, celui de ma soeur chèrie, avec laquelle nous nous promettions d’y retourner et pour laquelle il est trop tard, puisqu’elle n’est plus, et ainsi peuvent se dérouler la longue litanie de tous nos manques, de tous mes manques, je parle des miens, parce que je suis complètement déchirée comme beaucoup de nos compatriotes, cette épine plantée au plus profond du coeur, jamais je n’en serai guéris, plaie à vif, mal soignée pas soignée…Le passé est passé vous dites, mais il est si lourd à porter… Amicalement à vous yvette

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        • 3780 - Retourner en Algérie ? 6 avril 2008 17:33, par louis

          un super film avec beaucoup de nostalgie et d’auto critique fait avec des témoignages d’algériens. A VOIR absolument.

          il passe actuellement dans 2 salles a paris : reflet medicis rue champollion L’Entrepot 7-9, rue Francis-de-Pressense 75014 Paris - Metro Pernety

          L’Algérie aux Algériens Docu. Jean-Pierre Lledo confronte son pays à l’histoire de son indépendance. ÉDOUARD WAINTROP QUOTIDIEN : mercredi 27 février 2008 Algérie, histoires à ne pas dire documentaire algérien de Jean-Pierre Lledo. 2 h 40. 2 réactions Il faut prendre au sérieux le titre de ce film : Histoires à ne pas dire. Dans l’Algérie d’aujourd’hui, où les préjugés régressifs renforcent les mensonges officiels, parler des liens noués par les Algériens avec des pieds-noirs ne se fait pas.

          Né à Tlemcen en 1943, ayant refusé de quitter l’Algérie car il soutenait sa révolution, Jean-Pierre Lledo est, dès l’abord, un pied-noir de type particulier. Il a fait ses classes de cinéaste à Moscou, ses premiers films en Algérie, avant de s’exiler en France lorsque la menace islamiste s’est faite trop précise, en 1993. Puis il est retourné dans son pays une fois que le malheur s’est éloigné. On ne vit pas une histoire personnelle aussi agitée sans réfuter à un moment ou un autre les mensonges que le destin met sur votre route. Il a donc décidé de dire des vérités peu confortables sous la forme de quatre récits vrais et dérangeants et de portraits étonnants (1).

          Larmes. Algérie, histoires à ne pas dire commence avec Aziz, un ingénieur agronome à l’air tranquille. Il raconte à Lledo sa jeunesse passée dans un hameau au-dessus de Skikda, autrefois Philippeville, en Kabylie. Il a du mal à retenir ses larmes quand il évoque le souvenir de sa famille massacrée par les soldats du colonel Aussaresses, ordonnateur des basses œuvres de l’armée française. L’émotion n’est pas moins forte quand il raconte comment son voisin, un cultivateur français d’origine corse, l’a aidé à surmonter cette épreuve atroce et à continuer à vivre. En 1962, l’agriculteur pied-noir est parti en France et Aziz est devenu un nostalgique de cette cohabitation, de son côté quasi filial.

          Ce premier témoignage a l’avantage de poser le contexte. Le deuxième brouille les cartes. Nous suivons Katiba, une femme à la forte personnalité. Journaliste à la radio, elle continue de défendre bec et ongles la geste de la libération nationale. Elle se souvient de la bataille d’Alger, qu’elle a vécue, enfant, dans la Casbah. Elle raconte aussi sa jeunesse à Bab el-Oued. Depuis les années de guerre civile, elle s’est éloignée d’Alger et vit à quelques lieues de là, à Tipasa. Elle a eu raison car, quand elle ose se balader dans ses anciens quartiers, cette blonde aux yeux clairs qui refuse de porter le voile se fait insulter par le menu peuple, qui la prend pour une pied-noire…

          Le film continue avec un voyage à Constantine, la ville qui fut, et reste, une capitale de la musique arabo-andalouse. Lledo y suit un homme qui, toute sa vie, a entendu parler de Cheikh Raymond, Raymond Leiris de son vrai nom, un joueur de luth légendaire. Leiris, dont le portrait n’orne pas le mur où sont célébrés les musiciens les plus fameux de la ville. Leiris, dont l’assassinat est attribué par la propagande officielle à l’Organisation armée secrète (OAS), alors qu’il a sans doute été tué par le Front de libération nationale (FLN). Leiris, le Juif, membre d’une communauté qui a disparu d’Algérie mais qui suscite encore une haine féroce. Après cet épisode, qui a pâti de diverses pressions, de défections, nous sommes prêts à tout entendre.

          Massacres. Vient alors la quatrième enquête, peut-être la partie la plus déchirante du film. Celle qui évoque les liens tissés dans les années 50 entre des jeunes Oranais, Arabes et fils d’Espagnols. Leur amitié et leurs folles nuits de danse et de drague. Jusqu’en 1962. Pour se souvenir de ces moments de bonheur, d’ex-jeunes du cru, devenus sexagénaires, reparlent castillan entre eux. C’est inattendu et émouvant d’entendre ces vieux Algériens s’exprimer ainsi et retrouver l’ombre de leur passé enfui. Que sont devenus leurs amis pieds-noirs, souvent aussi pauvres qu’eux ? Certains sont partis, d’autres ont été victimes des massacres (au moins 440 morts) perpétrés par des activistes du FLN le 5 juillet 1962, jour de l’indépendance, dans ce quartier espagnol qui a été entièrement détruit. Il s’agissait de rompre avec tout ce qui n’était pas purement algérien. « La désignation de l’Autre trahit parfaitement cette pensée : il est le gaouri (« gour », au pluriel), le non-musulman, explique Lledo sur son blog (2). Ce type de pensée où l’ennemi est l’Autre en religion, qu’il soit démuni ou possédant, sympathisant ou opposant au système colonial, n’a jamais été déconstruit après l’indépendance. Ce qui explique aujourd’hui la gêne, en Algérie, à désigner le terrorisme islamiste autrement que par l’euphémisme "décennie noire". »

          Rappeler tout ceci ennuie évidemment les autorités. Algérie, histoires à ne pas dire a été deux fois déprogrammé dans ce pays. Le film a été vilipendé par la ministre de la Culture, accusé de tous les maux et accompagné d’une polémique malsaine. Le 3 février, toujours sur son blog, Lledo a écrit : « Avec Mohamed Harbi (3), traîné dans la boue dans les années 80, quand, le premier, il osa désacraliser le FLN de la guerre, je pense […] que les mythes, une fois devenus instruments de légitimation politique, risquent d’hypothéquer le devenir de tout un peuple. »

          (1) Histoires à ne pas direconstitue le troisième volet d’une trilogie dont les deux premiers sont Un rêve algérien (2003), sur le retour en Algérie d’Henri Alleg, journaliste d’Alger républicain ayant le premier dénoncé la torture pendant la guerre d’Algérie ; le deuxième, Algéries, mes fantômes (2003), est une réflexion personnelle sur l’exil suivie d’entretiens avec des combattants pieds-noirs et des harkis.

          (2) lledo2007.skyrock.com, et le site officiel : www.algeriehistoiresanepasdi…

          (3) Ancien militant actif de la révolution algérienne devenu historien lucide de celle-ci.

          Voir en ligne : http://www.africultures.com/index.a...

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    • 6536 - Retourner en Algérie ? 2 octobre 2008 21:10, par fido

      moi je suis algerienne residant en egypte et lalgerie me menque affeusement… je comprend votre nostalgie et votre joie davoir un peu pu respirer x cette terre si chere..jespere vous lire tres bientot pour discuter si cela vous interresse bien sur. fadila le caire………

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  • 5100 - Retourner en Algérie ? 8 juillet 2008 08:56, par Bison futé

    Numéros utiles :voir les recommandations aux voyageurs

    Convois, Police : Ils n’arrivent pas à se protéger alors renseignez-vous à moins que vous ne soyez de la famille à Ingrid Bettancourt - La France affrétera un avion privé pour vous récupérer…

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