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Accueil du site > Histoire > La fabuleuse odyssée du cheval Barbe.

La fabuleuse odyssée du cheval Barbe. ECOUTE réservée aux abonnés

vendredi 28 mars 2008, par TOTO - Lecture réservée abonnés (en cours)

LA FABULEUSE ODYSSÉE DU CHEVAL BARBE

Il faut tout d’abord rappeler que l’Homme a tout fait avec le cheval, cet ami à quatre jambes, ce compagnon de chaque jour de son histoire, dont la force, l’endurance et la vélocité furent si recherchées pour pallier ses insuffisances.

D’ailleurs, tant elle sont liées, il est bien difficile de parler de l’histoire de l’homme sans évoquer en parallèle celle du cheval, avec lequel il a fait tant de choses, gagné tant de batailles, pour toujours aller plus vite, plus loin et sans cesse conquérir.

Le cheval Barbe, cheval du Maghreb.

On ne sait pas avec certitude l’origine lointaine du cheval dit Berbère ou Barbaresque, et finalement Barbe, du Moghreb … fixé là au hasard des migrations animales préhistoriques, puis élevé par les tribus nomades de cette région d’Afrique du Nord, bien avant l’époque romaine.

L’hypothèse la plus répandue est qu’une partie des hordes de chevaux ayant migré, il y a environ 20 000 ans, du continent américain vers la Mongolie par le détroit de Behring franchissable alors à pied sec (et peut-être en sens inverse des hommes venus d’Asie se fixer sur ce continent … leur procurant probablement au passage une nourriture salutaire dans un contexte climatique très difficile) s’acheminèrent vers le Sud, vers des prairies plus hospitalières, et jusqu’en Afrique et au Niger en particulier, pour parvenir finalement en Numidie (Ouest de la Tunisie et Est de l’Algérie) et y faire souche.

A Carthage, selon un récit plusieurs fois repris, le cheval Barbe de Numidie aurait été, au moment de la fondation de la cité, le présage de sa puissance et de son destin guerrier.

Ainsi Virgile raconte dans l’Enéide : “ … Il y avait au centre de la ville un bois sacré riche d’ombre où les Carthaginois ballotés par les flots et la tempête déterrèrent, dès leur arrivée, le présage que leur avait annoncé la royale Junon : une tête de cheval fougueux, signe pour leur nation de victoires guerrières …”

Par la suite, les Carthaginois se sont intéressés à l’élevage du cheval puisque, nous le savons, ils possédaient sur leur territoire africain des haras biens pourvus qui n’avaient d’autre but que de remonter leur armée en chevaux, les travaux agricoles et le transport des charges à cette époque étant assurés par des bœufs, plus calmes et plus faciles à utiliser pour tracter. On peut donc en conclure que, déjà à cette époque, les cavaliers des tribus Zénètes, dans toute la Méditerrannée, avaient acquis une grande réputation de guerriers par la qualité de leurs chevaux et leur façon très particulière de les monter.

Depuis le IV ème siècle avant JC et jusqu’à Hannibal, de nombreuses opérations furent lancées par l’armée carthaginoise avec le concours d’une cavalerie locale de plusieurs milliers de chevaux.

Vers 255 av/JC une armée carthaginoise face aux Romains de Regulus alignait par exemple, et entre autre, 4000 cavaliers Numides.

Il semble bien que, déjà à cette époque, les princes de Numidie, tels des mercenaires, se mettaient aux ordres de la riche Carthage pour guerroyer de ci, de là … moyennant finances … vendant ainsi leur savoir faire de cavalier montés sur les meilleurs chevaux de l’époque.

Lorsque, plus tard, en 202, obligé d’abandonner l’Italie pour aller au secours de Carthage … << Hannibal qui manquait de cavaliers, envoya des émissaires à Tychée, un Numide parent de Syphax, qui passait pour avoir avec lui les plus vaillants cavaliers de toute l’Afrique, afin de lui demander de venir à son aide … Tychée se rendit à ses raisons et vint se joindre à Hannibal avec 2000 cavaliers. Mais la même année, quelques jours avant la bataille de Zama ( Le Kef ) Masinissa, qui venait de recouvrer son royaume grâce aux Romains, alla rejoindre Scipion avec, entre autre, 4000 cavaliers.> ( Selon Polybe, historien grec 210 à 125 av/JC )

On sent bien que l’enjeu guerrier entre Carthaginois et Romains était bel et bien de pouvoir utiliser la plus grande quantité de cavaliers locaux pour vaincre l’adversaire. C’est probablement celui qui y parvint le mieux qui gagna finalement et c’est ainsi que les Romains s’installèrent durablement dans la région avec la ‘bénédiction’ des Princes des tribus cavalières Zénètes.

Ces Princes ou petits Seigneurs locaux ne pouvaient par ailleurs se passer de posséder de nombreux cavaliers pour contrôler leurs domaines et asseoir leur autorité dans leurs fiefs. Un autre historien grec, Strabon, raconte que : << l’élevage des chevaux est pour les princes l’objet de soins particuliers si bien que les recensements accusent chaque année la naissance de cent mille poulains > … et il ajoute au sujet de Cirta ( Constantine) : << ville pourvue de toutes choses grâce à Micispa, et qui peut lever au moins dix mille cavaliers>

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5 Messages de forum

  • 3523 - La fabuleuse odyssée du cheval Barbe. 28 mars 2008 19:29, par G.-N. Albouy

    Bonjour, et félicitations pour l’historique de cette belle race qu’est le Barbe. Avec votre autorisation je me permettrai d’ajouter à cette fin un peu pessimiste de votre récit, que depuis 1987 lors du premier colloque de l’Organisation Mondiale du Cheval Barbe qui s’est tenue à Alger les 20 et 21 juin, les bases de la réorganisation du suivi de cet élevage international ont été jetées. Ceci sous les auspices de Monsieur Rachid Benaïssa Directeur des services vétérinaires au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, et secrétaire de l’Organisation Mondiale du Cheval Barbe à l’époque. Aux cotés des pays du Magrheb siégeaient l’Italie, l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne, Malte, le Sénégal et les Etats-Unis. Depuis les choses se sont mis en place et le Barbe est reconnu internationalement mais également en France depuis 1989 par les Haras nationaux. De nombreux éleveurs français réalisent un travail de qualité dans cet élevage, et il n’est que de voir ces chevaux participer à toutes les disciplines sportives éxistantes sans exception. Le Barbe se porte bien, et même chez nous en France. (v. ce site : http://afcb.9online.fr/chevalbarbe.htm ) Un ancien des haras nationaux, né au milieu des barbes.

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    • 3584 - La fabuleuse odyssée du cheval Barbe. 30 mars 2008 09:00, par jc Chouard

      Bonjour et merci de votre commentaire. La fin de mon article n’a rien de pessimiste, elle exprime seulement un vif regret, sans doute très partagé, que tant de bêtise administrative, teintée de tant de prétention à l’égard de ce "Barbichou", comme l’appelait à cette époque la gentry équestre des Haras Nationaux, ait à l’époque fait disparaitre une race aussi mythique, aussi mondialement fondamentale et aussi appréciée par ses utilisateurs, que celle du cheval Barbe.

      Car il est bien évident que les efforts, Ô combien méritoires, de l’AFCB (l’association française du cheval Barbe) que je connais, ni ceux non moins méritoires du représentant des Haras nationaux algériens, que j’ai rencontré, ni ceux de tous les autres dont le job est de produire et de vendre du Barbe, ne feront renaitre de ses cendres ce qui n’est plus, le cheval Barbe historique et authentique, après plus d’un siècle de retard à l’ouverture du stud-book. (1879-1987)

      Ce qui ne met pas en cause, loin de moi cette idée, la bonne qualité des chevaux appelés Barbe, produits actuellement avec des apports de sangs divers et Arabe intervenus au hasard pendant un siècle.

      C’est à l’évidence un autre Barbe qui est aujourd’hui reconnu internationalement avec ses qualités de race bien nourrie … il me parait difficile de prétendre le contraire.

      jean-claude Chouard

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      • 3601 - La fabuleuse odyssée du cheval Barbe. 31 mars 2008 01:32, par G.-N. Albouy

        Le Barbe. Il est évident que votre propos me satisfait pleinement quant à ce qu’est devenu aujourd’hui cet autre noble représentant d’une race qui sommes toutes, se doit d’évoluer elle aussi pour de sombre questions économiques. Les pays du Magrheb l’ont bien compris eux aussi. Ainsi, et plus près de nous, pourrions nous citer le "Mérens" qui s’est vu attribuer le titre de "cheval" quand la veille encore il n’était que "poney". Le cheval de Camargue, qui voit inéxorablement, et pour les mêmes raisons commerciales, son standard évoluer afin de satisfaire toutes sortes de cavaliers… Et la liste n’est pas éxaustive de ces "races" qui sont "obligées" de muter et de s’adapter aux besoins modernes pour pouvoir survivre. Et ceci n’est pas le fait de la seule administration des Haras nationaux français. Mais soyons heureux de voir renaître de ses cendres cet ancêtre de bien de nos races actuelles dont vous avez si bien parlé. Merci.

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  • 3609 - juste pour Info 31 mars 2008 18:06, par zebulon

    Le centre équestre EMIR ABDELKADER de Tiaret, situé à la Sortie de la ville vous propose diverses activitées,Ce site a pour vocation de vous présenter le centre équestre .la ville de Tiaret et le cheval BARBE

    Jumenterie Chaou-chaoua Classé patrimoine national en 1995, réputé mondialement

    LA JUMENTERIE C’est avant tout l’histoire d’une jumenterie qui remonte à 1874. C’est aussi l’histoire d’un patrimoine génétique, dont la source remonte à 1852. La jumenterie de Tiaret, c’est surtout la pureté des souches et la consistance du patrimoine génétique du pur sang Arabe. Le Haras de Tiaret reste incontestablement un des plus anciens producteurs de chevaux arabes en occident depuis 1878, bien avant même la création des stud-books anglais, égyptiens, et polonais. La jumenterie, reste une source d’archive généalogique remontant à plus d’un siècle, constitue un réservoir historique certain, pour les chercheurs, historiens, scientifiques et tout amoureux du cheval en général.

    Voir en ligne : TIHERT

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