je vous donne ma réaction à la suite du film que j’ai vu chez moi avec les deux DVD, ce texte a été diffusé chez Danièle G où je participe comme membre. amicalement tvette
45 ans… de blessures, le film.
Quand l’information a été donnée, je n’ai pas pu attendre et j’ai commandé tout de suite le film, je ne savais pas ce que j’y trouverai. Je l’ai reçu très vite avec une lettre du réalisateur Gilles Perez.
Une phrase sur cette lettre résume, à elle seule, tout ce que ce film a déroulé comme images et témoignages pendant 1 h ½, elle dit simplement et sobrement, « ce film n’est pas un film mais un documentaire sur la mémoire collective des Européens d’Algérie ».
Je voulais être seule pour visionner ces deux DVD, jalouse en quelque sorte, au moins pour la première fois, de ce que j’allais y voir, je n’avais pas envie de partager ce passé visuel que je jugeais mien, ou de montrer l’émotion ou les émotions que j’allais y ressentir.
La musique d’abord m’a cueillie, j’y suis tellement sensible, j’ai respiré un bon coup, je me disais tu ne vas pas pleurer, sois calme, regarde.
Et j’ai vu, des hommes et des femmes comme moi ou les autres, se raconter et nous raconter notre vie de façon simple, sensible. Des compatriotes dignes mais souvent émus aux larmes, en même temps, heureux de parler enfin, de dire des choses émouvantes et dures, et des bouts de vie fragiles et tendres, des restants de ce qui fût nous avec nos mots et notre langue.
Enfin on ose se regarder dans la glace de notre passé commun sans rougir, en se débarrassant de cette chose qui colle à notre peau et qu’ils nous ont fait porter comme une infamie depuis tant d’années.
J’ai aimé ces petites gens, nos ancêtres qui sont venus, sans rien juste leurs bras et cette envie de se faire une vie, de se planter des racines dans une terre nouvelle.
J’ai admiré leur courage, le prix du sang que tous ont payé, dans une terre qui était hostile et qu’il a fallu apprivoiser.
Je crois qu’ils nous ont donné cette rage de réussir, ce seul héritage venu de si loin, celui de se battre envers et malgré tout.
Le reste du film on connaissait un peu, mais ce qui le rend déchirant c’est que ce sont des témoignages de drames personnels que chaque participant a subi dans sa chair et dans sa famille.
Et puis par-dessus tout, la pudeur, les non dits, une loi du silence qui est commune à beaucoup d’entre nous sur ce malheur algérien. On s’est tu on n’a pas parlé, on n’a pas raconté même aux enfants, ou alors si peu comme cela a été mon cas.
J’ai revu le film avec un de mes fils et sa jeune compagne et j’ai regardé l’émotion, j’ai entendu le silence qu’ils ont éprouvés en découvrant et apprenant toutes ces choses qu’ils ignoraient.
Ces deux là, ont rendu hommage à tout notre histoire à travers les ans et les générations.
Merci au réalisateur.
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