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Marre des radars !

, par  NEMO , popularité : 2%
NJ-Ile de France

L’État ne veut pas votre bien, il veut votre argent.

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Cet été, je me suis fait prendre trois fois par des radars. Une fois sur autoroute, par un radar installé au milieu de travaux vides de toute présence humaine, mais où il ne fallait pas dépasser les 70km /h ; une fois sur route, en rase campagne, mais limitée à la même vitesse, allez savoir pourquoi ; et une troisième fois en agglomération (enfin, quand on dit agglomération, il y avait certes un panneau signalant un village, mais pas une maison, pas un être humain, même pas un chat ou un chien à la ronde) à 53km/h retenus au lieu de 50. A chaque verbalisation, moins de 10 km/h réels au dessus d’une vitesse autorisée ridiculement basse par rapport à la configuration de la route. Coût de la verbalisation « citoyenne » : 180 euros (2x45€ et 1x90€) et 3 points perdus… par mon épouse, qui a le malheur de figurer en premier sur la carte grise de notre voiture [1]. C’est vous dire si les pères la vertu qui nous gouvernent et qui ne veulent que notre sécurité et notre bonheur se soucient de punir les chauffards plutôt que les contribuables… et si le gendarme supposé valider la procédure en signant le procès verbal existe, ce dont je doute fortement - ou alors, ce serait un job réservé aux non-voyants (le mot aveugle ayant disparu du vocabulaire).

Je conduis depuis plus de 40 ans (ça fait un bail), j’ai pratiqué au volant à peu près toutes les routes d’Europe, du Moyen-Orient ou d’Asie, hiver comme été, sur de la neige, dans le brouillard, sur des pistes plus ou moins défoncées. J’ai appris à conduire en fonction de la route. Quand la route est dangereuse, quand elle est encombrée, quand la visibilité est mauvaise, je roule doucement. Quand la voie est libre, et la vue dégagée, je roule (ou plutôt roulais) raisonnablement vite, sans être un fou du volant pour autant. Je respecte les panneaux de danger, les stops, les croisements. J’attends mon tour dans la file adéquate, même si elle est saturée, plutôt que de prendre une voie libre et me rabattre en forçant le passage. Je ne « bouchonne » pas les autres voitures, et quand on me rattrape, je facilite le dépassement. Je tiens le volant à deux mains. Quand je conduis, je me concentre sur ce que je suis en train de faire, conscient que je ne suis pas tout seul sur la route et que je pilote un engin qui peut s’avérer mortel. Je n’ai jamais eu d’accident, et ce n’est pas uniquement de la chance (sans vouloir me vanter). Pourtant, au train où ça va, je peux très bien me retrouver sans permis dans les mois qui viennent.

Alors quand ces faux-culs chargés de la sécurité routière viennent raconter dans les médias, des trémolos dans la voix et l’accusation facile, que les radars ont permis de sauver un nombre incalculable de vies, et que ceux qui critiquent l’action des pouvoirs publics sont de mauvais français et des assassins potentiels, j’ai les phalanges qui me démangent. La vitesse serait la cause première des accidents de la circulation. Avant l’invention des radars, c’était l’alcool, l’ennemi public n°1. Mais les contrôles d’alcoolémie coûtent cher et rapportent peu, alors on a trouvé un bouc émissaire plus "rentable". Et on recouvre d’un voile pudique les accidents mortels impliquant des deux roues, des piétons zombifiés par leur smartphone, qui traversent les rues à tort et à travers, des conducteurs qui prennent leur véhicule pour un bureau mobile, téléphonent, visionnent un DVD, tripotent leur GPS, ou, pire, ne décollent pas les yeux des innombrables panneaux routiers et de leur compteur de vitesse (pour ne pas prendre une prune, un comble)… C’est qu’il est autrement plus facile de faire du fric avec une infraction « formelle » - comme me l’ai expliqué un juge compatissant à qui je faisais valoir que je n’étais en rien un danger pour la société en roulant à une vitesse somme toute raisonnable et dans mes capacités : monsieur, vous avez raison, mais je n’ai aucune marge d’appréciation. J’ai le pouvoir de laisser libre un voleur, un violeur, un casseur, mais vous, vous auriez dépassé la vitesse en conduisant un blessé grave à l’hôpital que je n’aurais d’autre choix que d’appliquer le barème.
Ce n’est pas une atteinte à nos libertés fondamentales, ça ?

Tiens, il y a une petite info que je vous donne en passant : savez-vous qui décide des limitations de vitesse à appliquer sur l’ensemble des voies de son département, autoroutes comprises, et de l’implantation des radars, le tout selon son bon vouloir, sans que s’impose à lui le souci d’un minimum de cohérence ? Le préfet ! Et savez-vous qui peut dire adieu à une promotion si les radars ne rapportent pas assez ? Le préfet ! Étonnant, non ?

P.S. Je viens de recevoir au courrier d’aujourd’hui une nouvelle contravention, toujours au nom de mon épouse, pour un dépassement, vitesse réelle, de 6 km sur des travaux d’autoroute (76km pour 71 km retenus, 70 km autorisés). Un vrai filon !

[1ne soyez pas offusqués, je me suis courageusement dénoncé

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