Marine et les « affaires » du Front National

, par  NEMO , popularité : 2%
NJ-Ile de France

Pourquoi les « affaires » glissent sur le FN comme la vacuité du programme de Macron glisse sur ses groupies.

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Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, et s’il s’agit d’une simple coïncidence (je plaisante !), mais, depuis l’affaire Pénélope, c’est à qui, dans la médiasphère, s’indignera avec le plus de véhémence de l’imperméabilité apparente du Front National à toutes les « affaires » que des « amis » de la justice et de la démocratie s’efforcent de soulever contre ses (rares) élus et dirigeants. L’entreprise Le Pen, la mafia Le Pen, les « Atrides de Montretout » [1], « Dans l’enfer de Montretout », d’Olivier Beaumont, le dernier opus en date (qui finalement n’est pas aussi à charge que le titre pouvait le laisser espérer), rien n’y fait. Louis Alliot payé comme assistant parlementaire, le parlement européen qui conteste la réalité du travail des assistants FN (grotesque), les dérapages (contrôlés de Jean-Marie), l’homosexualité de Philippot, rien n’aura été épargné aux Le Pen.
Jusques et y compris des révélations sur le père biologique de Marion, ou la mort du chat de Marine, ils auront tout essayé pour les abattre, sauf l’élimination physique (ou alors il y a longtemps), et ça n’a pas marché. Pas le moindre frémissement de doute chez les électeurs du FN, au contraire. Plus on sort des affaires, et plus les "gros cons" [2] serrent les rangs derrière les Le Pen. A vous dégoûter d’être républicain et démocrate, se lamentent les Fillon, Cahuzac, Juppé, bientôt Macron, et tant d’autres. C’est injuste ! Pourquoi moi, et pas eux ?
Vous voudriez le savoir, hein ? Hé bien, en exclusivité, je vais vous le dire.

Au fond, la réponse est très simple, et tient en une phrase : ce ne sont pas les voleurs qui sont le mieux placés pour crier « au vol ».

Les Le Pen, quoi qu’on pense et qu’on dise de leur moralité, de leur vénalité, de leur rapacité, de leur tout ce que vous voudrez, et leurs électeurs, n’oublions pas les électeurs du FN, se font voler comme au coin d’un bois depuis des dizaines d’années. Le système d’élections à deux tours, qui avait été mis en place par de Gaulle et Michel Debré avec la Cinquième République pour que le gouvernement dispose d’une majorité stable (système qui n’existe quasiment dans aucun pays démocratique), a été depuis lors détourné, à leur seul profit de caste, par les deux grands partis « auto proclamés » de gouvernement, le RPR (ou UMP ou les LR, c’est du pareil au même) et le PS. Ces deux-là s’entendent comme larrons en foire pour se partager la République. Quand des insolents réclament une part du gâteau, ils se drapent dans leur vertu démocratique et brandissent comme un crucifix le « Front Républicain » pour leur interdire l’accès à la table du festin.
Et c’est ainsi que tous les « démocrates » de France et de Navarre considèrent comme juste, républicain et moral qu’un parti qui recueille de 25 à 30% des votes des Français ne soit représenté que par deux députés (et encore, si on avait pu, on les en aurait empêché) sur 577, et par un seul sénateur. Premier en voix aux régionales, le FN n’est à la tête d’aucune région. Et nos pères et mères la vertu d’enfoncer le clou. Si le FN veut avoir des élus, il n’a qu’à faire comme eux, jouer le jeu démocratique : en clair, je ne suis d’accord avec rien de ce que tu proposes, mais rien n’empêche de bons républicains d’échanger de bons procédés ; tu te désistes pour mon candidat dans le Nord, je me désiste pour le tien dans le sud. Victoire de la démocratie et de la liberté contre les forces obscures héritières du nazisme.

Quand vous ajoutez que les cochons d’électeurs FN ne sont pas pour autant exemptés de payer taille et gabelle, dont une part non négligeable va aux partis politiques qui les empêchent d’être représentés, et, sous forme de subventions, aux médias mainstream qui leur vomissent continuellement dessus, le résultat est que chaque centime repris par le FN à l’Etat voleur, à l’Europe voleuse, est considéré par le peuple d’en bas comme une restitution.

Marine le Pen, c’est Robin des Bois. Plus les voleurs l’accusent de les voler, plus la populace applaudit.

[1article de Camille Pascal, la plupart du temps mieux inspiré, dans Valeurs Actuelles

[2terme popularisé par Sophie Aram, la mince intelligente humoriste qui ne fait pas rire mais qui vit des impôts de ces fameux gros cons

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