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Marine et le « danger » FN (2)

, par  NEMO , popularité : 1%
NJ-Ile de France

Avec les « affaires », ça n’a pas l’air de prendre. Alors, on nous ressort les vieilles recettes gaulliennes : le FN au pouvoir, ce serait le chaos. Brrr, j’en suis glacé d’avance.

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Vous avez vu ? pour dégonfler l’affaire Fillon, dont les instigateurs s’aperçoivent un peu tard qu’elle pourrait leur revenir en pleine figure, et, in fine, porter, horreur, malheur, Marine le Pen au pouvoir, on a par un heureux hasard du calendrier relancé les « affaires » d’emplois fictifs du Front National. Affaires qui me paraissent bien plus fictives que les emplois en question… ou alors, si la « justice » voulait être crédible, il aurait fallu qu’elle s’en prenne à (au moins) la moitié des députés européens, dont certains, ne se contentant pas de leurs petits défraiements, vont allègrement à la soupe généreuse offerte par les lobbies qui pullulent à Strasbourg et à Bruxelles.

Mais comme la perquisition de cette semaine au siège du FN n’a pas plus eu l’air d’émouvoir les électeurs frontistes que les gesticulations précédentes – voir ma tribune de la semaine dernière « Marine et les affaires… » -, les gardes-chiourme de nos consciences, dans l’affolement qui commence à monter, n’ont rien trouvé d’autre que de nous ressortir le coup, pourtant usé jusqu’à la corde, du « Moi ou le chaos »… C’est dire si ça va mal pour eux.

Sauf que je vous fiche mon billet que ça ne marchera pas plus que les affaires. Même que, si on y réfléchit bien, l’argument pourrait se retourner : prenons l’hypothèse d’un deuxième tour des présidentielles avec Marine le Pen et n’importe quel autre candidat. L’adversaire de MLP ne pourra l’emporter qu’en appelant au « front républicain », soit une alliance d’intérêts aussi contradictoires qu’inconciliables. Gouverner avec une telle armée, c’est mission impossible. Autant dire que, pour les réformes qui pourraient peut-être (ce n’est pas sûr) nous éviter le naufrage, il faudra attendre la saint Glin-Glin.
La seule qui serait élue sans compromission, parce qu’aucun courant politique n’appellerait à voter pour elle, et qui donc ne devrait rien à personne, c’est… Marine le Pen. Elue présidente, MLP bénéficiera de la légitimité conférée par une majorité indiscutable. Les inévitables groupes de pression qui voudraient, comme ils en ont pris l’habitude, l’empêcher de diriger le pays le feraient contre la volonté du peuple souverain, et… à leurs risques et périls.

Quant au risque de se heurter à un parlement majoritairement hostile, de deux choses l’une, ou bien les français sont cohérents, et ils donneront une majorité à MLP, ou bien, grâce au scrutin à deux tours et aux ententes contre nature, c’est l’opposition qui l’emporte, alors MLP disposera de deux armes atomiques : le referendum, et, au bout d’un an, la dissolution. Dans tous les cas, elle pourra agir parce qu’elle n’aura pas les mains liées, et qu’elle n’aura rien à perdre, mais tout à gagner.

Ceci dit, et pour en revenir au fond, il y a, dans ces attaques imbéciles et non argumentées d’une classe dominante aux abois, des affirmations qui m’exaspèrent :

- D’abord, que ce soit les partis au pouvoir, responsables de l’état de déliquescence dans lequel se trouve le pays, qui se permettent de brosser un tableau apocalyptique d’une France qui aurait l’outrecuidance de les licencier. L’apocalypse, on l’a déjà avec eux, et le FN n’y est pour rien !

- Il y a aussi le diagnostic du malade. Quand des Fabius, et d’autres à sa suite, reconnaissent, l’air faraud, que le FN pose les bonnes questions mais apporte les mauvaises réponses. Que penser, alors, de ceux qui, aux commandes du pays depuis des lustres , n’ont même pas osé ou su poser les bonnes questions ? Comment ces gens-là, à des années lumière des préoccupations des Français, pourraient-ils aujourd’hui mettre en œuvre les solutions dont le pays a besoin ?

- Il y a encore, et dans la même veine, les charges sur l’absence de compétences au FN, notamment en matière économique… Sauf que j’ai vu hier un certain Bernard Monot, stratégiste économique du FN, sur une TV d’information en continu. Il était face à deux distingués économistes tout ce qu’il y a de plus comme il faut. Les trois débattaient courtoisement de l’euro. Hé bien, si ce monsieur Monot n’est pas compétent, c’est drôlement bien imité. Quand, face au coût pour les Français du retrait de l’euro, il montra ce que coûte chaque année à la France le maintien de la monnaie unique, les deux autres ne purent qu’acquiescer. Et si ce monsieur Monot ne vous suffit pas, il y a le think tank des Horaces, une centaine de « pointures », quand même, et leur porte parole Jean Messiha. Pas mauvais non plus, les bougres, si vous prenez la peine de lire leurs publications.

Ben oui, il faudra qu’ils s’y fassent, le FN n’est plus le FN du papa, juste là pour amuser Jean-Marie et faire croire au bon peuple que, face au danger mortel de l’extrême droite, il doit choisir le PS, les LR ou périr. Le FN veut accéder au pouvoir, alors, forcément, ça ne plait pas aux deux autres. Et ce n’est pas plus le film de Lucas Belvaux, « Chez Nous », que Hollande s’est fait projeter à l’Élysée entre deux commémorations, qui fera changer d’avis les électeurs du FN : pour eux, ce qui est essentiel, c’est que le FN est le seul parti qui n’ait pas renoncé à la France. Qu’on le fasse passer pour xénophobe, raciste, islamophobe, qu’on le traite de tous les noms d’oiseaux, ils s’en fichent. Ce qu’ils veulent, c’est que la France soit la France, et pas un simple paillasson en forme d’hexagone sur lequel tout un chacun pourrait venir s’essuyer les pieds sans y être invité.

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