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Macron ou le président-écran.

, par  vanneste , popularité : 2%
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desinformation

Un écran peut-être ce qui protège, mais dissimule aussi, et cela peut être ce qui montre des images. Il y a des écrans de fumée et nous avons nos petits écrans. Le président Macron est le roi de l’écran sous son aspect ambivalent, le prince de la société du spectacle. Son aisance physique et verbale, ses talents de comédien lui donnent la maîtrise des écrans et ceux-ci dont il joue avec virtuosité, tandis qu’ils affichent l’improbable retour d’un pouvoir rayonnant, cachent la réalité médiocre et mensongère de celui-ci. Ils masquent son origine, déguisent ses intentions, maquillent ses comparses.

Macron est un homme de gauche, dont le parcours et l’ascension doivent tout aux coteries de gauche et il est parvenu à séduire à la fois les arrivistes forcenés qui l’accompagnent désormais et les gogos, lesquels se disent ravis de dépasser le vieux clivage gauche-droite. La gauche ne l’a jamais renié. Seuls les gens de droite croient en ce dépassement, par ambition ou par naïveté en fonction de leur proximité du pouvoir. Le tour de passe-passe du nouvel élu consiste à habiller la distinction de nouveaux mots, et de parler de progressistes et de conservateurs. Depuis longtemps, la mainmise de la gauche sur la pensée unique qui règne dans notre pays a identifié le progrès au bien et le conservatisme au mal. Sarkozy, lui-même s’y référait ! C’est l’idée même qui prévaut dans le nom du mouvement « en marche ». Il faut « bouger les lignes », « aller de l’avant », comme si cette avancée vers un nouveau monde n’était pas le rêve d’une nouvelle caste, qui a déjà un pied dedans et se soucie comme d’une guigne de ceux que la marche « en avant » écrasera ou laissera sur le bord de la route. Macron , fabiqué par Attali, énarque, banquier d’affaires, et ministre du désastreux Hollande, peut redonner à la fonction présidentielle une prestance « gaullienne », ce n’est qu’une apparence mensongère qui farde une intention aux antipodes du gaullisme et qui consiste à dissoudre notre nation et son identité dans l’Europe, l’atlantisme et le grand marché mondial où les héros sont des jeunes qui veulent devenir milliardaires en parlant anglais.

Le style présidentiel qui émerveille les médias, notamment ceux qui lui doivent tant, camoufle la source de son pouvoir : une manipulation de l’opinion publique qui a escamoté le débat du premier tour au profit d’un harcèlement médiatique et judiciaire du favori, François Fillon. L’homme politique d’expérience, ayant gravi et occupé tous les échelons de responsabilité politique, devenait un « mis en examen » pour avoir, de façon transparente d’ailleurs, fait bénéficier sa famille de certains avantages des fonctions qu’il occupait. Que cette prétendue « affaire » non dissimulée, puisque déclarée fiscalement, située dans le cadre du pouvoir législatif ne soit absolument pas du ressort du PNF, créé par Mme Taubira, a été distraitement passé sous silence. Que de tels faits, répandus dans la classe politique et depuis longtemps, n’avaient guère troublé l’intéressé qui était persuadé de se situer dans la légalité, a été oublié. « On cria haro sur le baudet, ce pelé, ce galeux » d’où venait tout le mal, et une sordide question de costumes venant s’y ajouter, à travers sa personne méprisable, la vieille classe politique et ses pratiques étaient écartées pour laisser place à la jeunesse sans tache et pleine d’espérance, macronienne en un mot. Or, l’affaire Ferrand, vient de briser l’écran. Le député socialiste, caricatural au demeurant, puisque issu du milieu mutualiste et mêlant une activité apparemment généreuse avec des intérêts personnels aiguisés, a été l’un des artisans essentiels de la réussite présidentielle. Macron, qui lui doit tant, a insisté sur la solidarité que son ministre devait susciter chez ses collègues. Il a affiché son soutien, tandis que les magistrats faisaient cette fois la sourde oreille à la rumeur montante. La différence criante entre la précipitation contre Fillon et la retenue envers Ferrand est inquiétante. Sous la pression de l’opinion publique et des sondages, le Parquet de Brest a fini par craquer et a ouvert une enquête. Les éléments de celle-ci sont beaucoup plus lourds que ceux qui ont « tué » Fillon. D’abord, ils ne relèvent pas de l’autonomie de l’Assemblée et du pouvoir législatif. Ensuite, ils ont été sciemment soustraits à l’attention et encore récemment couverts par le mensonge. Pour ceux qui ont participé à un conseil d’administration associatif, le fait que le directeur n’en soit pas membre cèle le fait que la plupart des décisions en émanent parce que c’est lui qui assume la continuité de l’organisme. Les choix opérés par les Mutuelles de Bretagne de louer et non d’acheter un local pour implanter un centre de soins, de préférer une offre formulée bizarrement par une SCI qui ne sera créée qu’après la signature du contrat et s’avérera être la propriété de la compagne de Richard Ferrand et de leur fille, sont d’autant plus suspects que l’offre moins-disante se révélera plus chère après travaux et que la SCI ainsi consolidée multipliera sa valeur d’achat. Les loyers versés par les Mutuelles permettront même d’acheter un appartement à Paris. M. Ferrand a été remarquable de générosité avec son entourage. Directeur il a confié des prestations à sa compagne et à sa première épouse. Député et toujours rémunéré par les Mutuelles, il a embauché son fils et le compagnon de celle qui lui a succédé à la direction générale de l’organisme breton qui continue à le payer non sans risque de conflit d’intérêts. Si on compare cette affaire avec celle de François Fillon, deux différences apparaissent qui devraient motiver les magistrats à enquêter sur la première : complexité et volonté de dissimuler chez Ferrand, simplicité et clarté des faits chez Fillon ; famille évolutive et clan chez Ferrand, et famille stable avec cinq enfants chez Fillon.

Ce dernier point nous conduit à la subtile distinction que font les beaux esprits entre la légalité et la moralité, et les plus fins entre la morale et l’éthique. Pour Fillon, il s’agissait de dire que même s’il avait agi légalement, il avait enfreint la morale. Pour Ferrand, il n’y a pas d’affaire puisque ses actes étaient légaux et n’éveillent des doutes que sur le plan moral. Belle casuistique ! La loi va d’ailleurs bientôt moraliser la vie politique grâce au chevalier blanc qui habite désormais l’Elysée. On va donc empêcher les élus d’embaucher leur conjoint ou leurs enfants même lorsqu’ils sont compétents. On va ainsi interdire la transmission quand celle-ci est nécessaire à la société et qu’elle est logique dans l’entreprise ? Mais celui qui emploiera sa maîtresse ou son giton, celle qui recrutera son amant ne seront pas concernés. Les compagnes floues auront des avantages ignorés des épouses. La loi se sera éloignée de l’éthique en favorisant l’hypocrisie et aura une fois de plus affaibli la morale traditionnelle au nom de la moralisation. C’est un beau résumé de l’imposture Macron, le président écran !

Voir en ligne : http://www.christianvanneste.fr/201...

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