Cette lettre, Chibani, dégonfle la baudruche et l’ensemble d’inepsies que nous content Vidrovitch, Manceron, Stora and Co.
En matière de propagande et de mémoire partisane, ce sont les rois !
J’en ai extrait quelques passages savoureux :
"...Les historiens qui n’ont de cesse d’en analyser la complexité ne peuvent y souscrire, du moins ceux qui s’efforcent de se préserver des instrumentalisations politiques de l’histoire...."
Mince ! ça commence mal, je ne connaîs pas le mot "instrumentalisation".
Mon dictionnaire confirme : il s’agit de :" instrumentation". Les historiens possèdent-ils un dictionnaire ?
"...Surtout, le thème vise à refuser un quelconque regard critique sur la colonisation."
Et, bien entendu, le thème de la repentance, ne vise rien !
"Il permet de qualifier avec indulgence un processus historique, la colonisation, sur lequel les historiens n’ont pas à porter de jugement moral.
Heureusement qu’ils le soulignent, et pourtant... que font-ils ?
"C’est l’examen des faits qui les conduit à constater (et à expliquer) une contradiction certaine avec les principes de liberté, d’égalité et du droit des peuples à l’indépendance auxquels l’Europe du XIXe siècle eut pourtant tendance à adhérer par ailleurs.
On enfonce un peu le clou, mais on dit ne pas juger
"Nicolas Sarkozy a même annoncé, le 31 mars, une décision qui consacre le refus de la repentance : la « création rapide d’une Fondation pour la mémoire sur la guerre d’Algérie », dans laquelle les associations de rapatriés auraient « toute leur place ». Ce qui reviendrait à mettre en œuvre une mesure qui faisait partie de la loi du 23 février 2005 (article 3), que le président Chirac avait eu la sagesse de « geler », (toujours pas de jugement...)
qui créerait une fondation échappant aux historiens pour être placée sous l’influence de lobbies mémoriels « algérianistes ». Or, une fondation vouée à « l’œuvre positive » de la colonisation et à « l’antirepentance » n’a rien à voir avec l’histoire. Pas davantage qu’un Mémorial de l’Algérie française tel que celui annoncé à Perpignan.
Mais alors, à qui et à quoi se référer, si ce n’est à la mémoire de ceux qui ont vécu l’évènement, mémoire recoupée et vérifiée par les faits écrits et rapportés ?
"Le rôle des historiens n’est ni de prôner une quelconque repentance ni d’emboucher les trompettes de l’antirepentance en faisant écho à la vision du passé de certains témoins. C’est de prendre en compte toutes les mémoires et les mettre à l’épreuve de la recherche pour travailler patiemment à l’écriture d’une histoire, qui est, par nature, transnationale.
A l’opposé du travail historique, le discours de l’antirepentance entretient les guerres de mémoires.
On ne peut être plus honnête !
"Il répond à des objectifs politiques, non seulement pour faire l’union des droites mais aussi pour gêner une gauche française qui, depuis sa coupure lors de la guerre d’Algérie, n’a jamais vraiment clarifié son discours sur la question coloniale. Exposé de manière beaucoup plus subtile, il s’apparente au discours contre « l’anti-France » tel qu’il a pu prendre pour cible, durant la guerre d’Algérie, les adversaires de la torture pratiquée par l’armée française et les partisans de l’indépendance algérienne ; ou encore au discours actuel des nationalistes turcs qui accusent les partisans de la reconnaissance du génocide arménien de tenir un discours « antinational ».
Là, ils dévoilent une parfaite rigueur, un sens impartial incontestable !
"En définitive, les « repentants » sont, pour l’essentiel, une nébuleuse fantasmée, et l’antirepentance a pour objectif, en matière d’histoire coloniale d’entraver l’évolution de l’historiographie scientifique sur cette page de notre passé. Le mot repentance fait écran. La seule demande réelle exprimée fortement dans notre société ces dernières années, en particulier depuis l’affaire Aussaresses et les réactions à l’article de la loi du 23 février 2005 n’est pas la repentance, mais bien la reconnaissance. C’est affaire non de morale, mais de savoir. Telle est la condition d’un véritable apaisement, aussi bien pour la société française, qui ne cesse de se diversifier, que, comme l’ont montré les réactions critiques de la presse africaine aux propos tenus le 26 juillet à Dakar par Nicolas Sarkozy, pour les relations futures entre la France et les pays qui ont été autrefois ses colonies.
Oui, mais voilà, les repentants n’entravent pas leur travail d’historiens, tandis que les non-repentants....
Enfin, si la colonisation a été aussi terrible qu’ils nous la dépeignent, j’aimerais qu’ils m’expliquent alors pourquoi, tous les anciens colonisés s’obstinent tellement à essayer de rejoindre l’ancien colonisateur, et ce, au péril de leurs vie parfois.
Et oualà ! ça m’a fait du bien.
Il me semble opportun, lorsque de tels torchons sortent d’aller nombreux sur le site (ici Libération) et de réagir sur leur forum. Je ne m’en suis pas privée.
Qu’en pensez-vous ?
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