Quelle victoire politique ce serait pour le parti communiste, si grace à lui, tous ensembles, drapeaux en tête devant nos monuments aux morts, nous fétions dignement la victoire de l’Algérie sur la France...
Et le soir, organisé par les sapeurs-pompiers, des petits bals donneraient un air festif à cette grande trahison.
Et nous pourrions nous assoir sur l’idéal qui a poussé des gens à se battre, des militaires musulmans choisir un avenir avec la France, avec l’espoir que l’Algérie deviendrait prospère sans le terrorisme.
Et nous serions là, fantômes de l’histoire, mis entre parenthèses, car reproches vivants de la stupidité de la politique d’alors, de la lâcheté de certains, de la complicité avec l’ennemi d’autres.
Et tous ces militaires joyeux, heureux d’avoir berné l’histoire sur un accord d’Evian non signé par l’Algérie, qui prévoyait la protection des civils, oubliants les leurs enlevés et "oubliés" sur la terre pacifiée depuis le 19 mars, fermant les yeux sur les civils d’Alger et d’oran massacrés sur cette terre pacifiée par le 19 mars, balayant la vision des harkis assassinés par ce cessez le feu du 19 mars, disparaitront un jour, laissant derrière eux sur les plaques des rues, la trace de leur ignorance et de leur mauvaise foi.
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