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Les Français vont « veauter » dimanche..

, par  vanneste , popularité : 1%
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aveauteL’élection est le grand rendez-vous des Français avec la politique. La Ve République a fait du Président de la République le pivot des institutions de notre pays. Les Français en ont conscience qui participent à ce scrutin plus qu’à tous les autres. Cette importance cruciale suppose un corollaire : les candidats doivent être à la hauteur, c’est-à-dire que, loin d’être « représentatifs » du Français moyen, ils devraient être exceptionnels. C’est le défaut du système taillé sur la personnalité du Général de Gaulle, que ses choix face aux événements tragiques de 1940 avaient hissé loin au-dessus du marais des politiciens habituels. Par la suite, Pompidou , son lieutenant, Giscard, le brillant Ministre des Finances, Mitterrand, le lettré florentin, Chirac, le marathonien de la vie politique, Sarkozy, le remuant ministre de l’intérieur, qui voulait nettoyer les voyous au kärcher, étaient tous au-dessus du lot. Ils avaient tous un projet identifiable que le rôle qu’ils avaient joué dans leurs fonctions précédentes rendaient crédible. Si on excepte de Gaulle qui n’avait pas été élu parce que l’Histoire valait élection, mais qui avait néanmoins dirigé le pays et présidé le Conseil des Ministres entre 1944 et 1946, tous les autres ont parcouru la « course aux honneurs », comme on disait dans la République romaine, parce que le peuple ne peut désigner ses chefs qu’en vertu de l’expérience qu’il peut avoir de leur compétence et de leurs qualités personnelles. C’est ainsi que la plupart avaient été élus locaux, nationaux ou ministres suffisamment longtemps pour qu’on puisse en juger. On remarquera cependant que la toise n’a cessé de baisser. Hollande était surtout le 1er Secrétaire du parti socialiste même s’il avait dirigé un département et une ville. Il n’avait jamais été ministre, mais avait été parlementaire. Macron n’aura été ministre que deux ans après avoir été Secrétaire général de l’Elysée pendant deux ans également. Les résultats désastreux de notre pays sur le plan économique ne plaident guère en sa faveur. Il ignore tout des autres dossiers. Mais, conscient du problème, il déclare, présomptueusement, que la course aux honneurs est d’un autre temps, qu’avec lui, c’est révolu. Une telle surestimation de soi, dont certains pensent qu’elle pourrait être pathologique, est extrêmement dangereuse. Le seul talent « technique » du personnage repose sur la fusion ou la vente d’entreprises importantes dans le cadre d’une grande banque d’affaires. Quand à Mme Le Pen, qui dirige un grand parti, elle n’a aucune expérience du pouvoir. Je persiste à penser que la complicité scandaleuse de LR et du PS, que tout devrait opposer, a porté un coup fatal à notre démocratie en empêchant Marine Le Pen de présider les Hauts-de-France. Au moins, elle aurait un bilan !

Les candidats logiques des grands partis autres que le FN s’étant retirés ou ayant été éliminés, les Français se retrouvent devant un choix étonnant mais qui n’est pas une surprise puisqu’il est le résultat d’une manoeuvre ourdie par le pouvoir en place avec la complicité objective de médias orientés politiquement, et méprisables moralement. Ce triste constat ôte à notre pays toute prétention à la démocratie. Rarement un exécutif n’aura laissé un passif aussi exécrable. Lors de ses trois précédents passages au gouvernement, la gauche égale à elle-même, calamiteuse, a été suivie d’une alternance. La première avait été affaiblie par l’introduction manoeuvrière de la proportionnelle aux législatives en 1986, la seconde avait au contraire été portée par une vague bleue inouïe en 1993, mais gâchée par la stupide dissolution de Chirac, Juppé, Villepin en 1997, et la troisième avait entamé dix ans de majorité à droite en 2002. Après les cinq années désastreuses de Hollande, le retour de la droite parlementaire devait être triomphal. Les électeurs de la primaire souhaitaient même qu’il soit radical, quasi-thatchérien pour l’économie et conservateur sur le plan sociétal. C’est sur ce dernier point que le microcosme médiatique a réagi. Il fallait que la décadence dans la joie, et la chute de notre pays, puissent se poursuivre. Les critiques se sont donc élevées contre le programme Fillon qui consistait à faire avec retard ce qui a été réalisé dans tous les pays qui se redressent ou tiennent le choc. Derrière la sauvegarde des « acquis sociaux » dont se moquent la plupart des « journalistes », il y avait surtout à abattre ceux qui avaient assuré la sélection de Fillon, les militants de la « Manif Pour Tous ». L’opération montée par l’Elysée avec la complicité du TPF et celle d’une grande partie de la presse audiovisuelle et écrite, le « pénépélope-gate », a fait exploser la candidature républicaine. Hollande avait renoncé à la sienne, mais avait « dans le même temps » lancé son dauphin, avec trois objectifs qui risquent d’être atteints dimanche par des Français qui iraient donc jusqu’à satisfaire un Président qu’ils méprisent !

Premier objectif : éviter l’humiliation de laisser la place à un adversaire. Il passera la main à un ami qui aura simplement fait semblent de le lâcher. Le ralliement de la « Hollandie » ne laisse aucun doute sur ce point. Deuxième objectif : terminer la transformation du PS, qui, délaissant l’impossible amélioration de la situation sociale des Français les moins favorisés dans une économie étouffée par la dépense publique, s’appuiera désormais sur les bobos des villes et sur les immigrés, pour se maintenir au pouvoir avec ou sans masque. Le « progressisme » sociétal, la destruction de la famille, l’individualisation de la société, le communautarisme au nom de la diversité, et la dissolution de la nation, privée d’identité et de frontières, se poursuivront. En revanche, le vernis oratoire de 2012 sur la « finance ennemie » aura disparu. La fiscalité des entreprises sera améliorée aux applaudissements du Medef et de la prétendue « droite » ralliée, mais les réformes structurelles décisives seront abandonnées. Les classes moyennes seront les grandes perdantes, à travers leur patrimoine immobilier notamment. Troisième objectif : maintenir le système. Dans les démocraties occidentales, il était menacé soit par le populisme identitaire de droite, soit par le populisme égalitaire de gauche. Devant l’inertie et l’inefficacité des gouvernements, le risque devenait grand de voir le système s’écrouler. Hypnotisés par un comédien, bercés par le choeur des médias, les Français vont peut-être, pour changer le système, élire celui qui en est la caricature, mais qu’on a eu l’intelligence de faire passer pour un novateur. La confrontation entre Marine Le Pen et M. Macron va même être utilisée pour faire passer la soumission à la mystification de tout un peuple pour un devoir moral. L’alternance aura été évitée en faisant croire aux gogos qu’on faisait la révolution.

Voir en ligne : http://www.christianvanneste.fr/201...

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