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Le favoritisme médiatique à l'épreuve des urnes

, par  Ivan Rioufol , popularité : 2%
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« Le favoritisme médiatique à l’épreuve des urnes »

Le pouvoir médiatique joue sa crédibilité, sinon sa survie, dans l’élection présidentielle. En effet, un échec de ses deux favoris dès dimanche - Jean-Luc Mélenchon et, surtout, Emmanuel Macron - serait aussi un désaveu par les urnes de la presse propagandiste. Dans Le Figaro de ce week-end, un sondage Harris Interactive pour la Fondation pour l’innovation politique montre que 54% des personnes interrogées estiment que la campagne et le programme de François Fillon se heurtent au parti pris négatif des médias. Ils sont 49% à partager ce même avis concernant Marine Le Pen. En revanche, ce taux tombe à 19% pour Macron et à 21% pour Mélenchon. A dire vrai, ce favoritisme pour la gauche n’est pas une révélation. Il crève les yeux depuis des mois pour le candidat d’En Marche ! Le leader de la France insoumise a droit depuis peu à la même bienveillance. Personne ne conteste, par exemple, les chiffres-maison des nombreux participants à ses meetings. Ces jours-ci, Médiapart et ses relais en étaient à accuser le candidat de la droite de n’avoir pas rendu les bons costumes récemment offerts par l’avocat Robert Bourgi. Hier, le JDD a consacré son dossier à étriller la présidente du FN, qui garde la justice à ses trousses. Le journal a également publié un sondage d’où il ressort que 56% des électeurs estiment que les médias diffusent le plus souvent de fausses informations. La profession s’indigne d’être sifflée ou maltraitée par des supporteurs de Fillon ou Le Pen. Mais il faut reconnaître que des journalistes, en collaboration avec des magistrats rétifs à toute pause électorale, ont participé à l’abaissement de la campagne, réduite à une succession d’affaires annexes destinées à déstabiliser les Républicains et le FN.

La défiance qui s’est installée entre les Oubliés et les médias se lira plus précisément dimanche à l’issue du premier tour. Les qualifications de Fillon et Le Pen pour le duel final forceraient en tout cas le "quatrième pouvoir" à remettre en question son branlant magistère. Il est déjà sévèrement concurrencé par l’influence grandissante des réseaux sociaux, ces libres forums où se fabrique aujourd’hui l’opinion. Quand Jean-Jacques Bourdin (RMC-BFM) se vexe d’un refus de Fillon de se rendre à son "Entretien d’embauche" et traite le candidat de menteur, le journaliste se met dans un rapport de force qu’il ne maîtrise plus. La rébellion de l’homme politique risque d’être mieux comprise que la crise d’autorité de l’intervieweur. Le désamour avec les journalistes est tel qu’un candidat a tout à gagner aujourd’hui à refuser de jouer le jeu selon les règles fixées par les médias, comme le conseillait le sociologue américain Christopher Lasch dans La révolte des élites. Cette stratégie a été une des clés de la victoire de Donald Trump, qui avait la presse et le politiquement correct contre lui. Le président américain a d’ailleurs admis récemment qu’il devait son succès à Twitter et Facebook. Depuis, il continue à communiquer par tweets, en contournant la citadelle médiatique qu’il méprise ouvertement (et réciproquement). Il se pourrait bien que ce même phénomène se retrouve, plus ou moins rapidement, en France. Dernièrement, la société des journalistes du magazine économique Challenges a protesté contre la ligne éditoriale abusivement pro-Macron confiée par la direction à deux journalistes. Le chéri des médias a des alliés inconditionnels qui deviennent lourdingues.

Liberté d’expression par Ivan Rioufol

Voir en ligne : http://blog.lefigaro.fr/rioufol/201...

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