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La recomposition politique s'impose à la droite

, par  Ivan Rioufol , popularité : 1%
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« La recomposition politique s’impose à la droite »

Emmanuel Macron n’a pas attendu le second tour pour célébrer son élection à la présidence de la République. Dès dimanche soir, le jeune homme pressé s’est comporté en vainqueur final, multipliant les V de la victoire devant les caméras. Après s’être montré, avec son épouse Brigitte, sur la scène du Parc des Expositions, porte de Versailles, c’est à La Rotonde, restaurant chic du quartier Montparnasse, que le leader d’En Marche !, suivi d’une horde de médias, a choisi de fêter son succès avec ses soutiens et ses amis célèbres. Deux sorties du métro voisin avaient été pour l’occasion fermées par les forces de l’ordre, ainsi que le trottoir longeant l’établissement. Quand Nicolas Sarkozy avait commis son faux pas bling-bling en sablant le champagne au Fouquet’s, sur les Champs Elysées, au moins venait-il d’être élu. Mais si les journalistes n’avaient pas manqué de relever la faute de goût, on peut compter sur eux, cette fois, pour passer outre l’impudence de leur favori. La victoire de Macron au premier tour (23,87%) est aussi celle du pouvoir médiatique qui l’a porté et dorloté. La droite vaincue (François Fillon arrive en troisième position avec 19,94% des voix, talonné par Jean-Luc Mélenchon, 19,60%) a, dès hier soir, fait connaître sa volonté de "faire barrage" à Marine Le Pen qui, avec 21,43% des voix, échoue dans son espoir de sortir en numéro un. Demeure évidemment, ce lundi, un sentiment de frustration chez ceux qui considéraient - j’en étais - le projet libéral conservateur de Fillon comme le plus abouti. Toutefois les affaires ne suffisent pas à expliquer son élimination. Elle est également due à son incapacité de s’adresser aux gens les plus vulnérables.

La destitution de Fillon, mais aussi celle de Benoît Hamon pour le PS (6,35% !) s’ajoutent à celles de Sarkozy, Juppé, Duflot, Hollande, Valls... C’est bien un monde ancien que les Français ont décidé de mettre à bas. La remarquable percée de Macron s’inscrit dans cette logique de renouvellement, et je reconnais m’être trompé pour avoir vu chez lui, ici, une bulle sans lendemain. Mais Les R épublicains sont retombés dès hier soir dans le travers des tambouilles en voulant reconstituer contre Le Pen un énième "front républicain". Quand Fillon appelle à voter Macron après avoir dit vouloir "vaincre le totalitarisme islamique", son ralliement à celui qui ne jure que par "l’apaisement" révèle le drame de cette droite sans convictions durables. Mélenchon est plus conséquent quand il préfère ne pas donner de consigne de vote. En fait, la nécessaire recomposition politique va s’imposer aussi à la droite la plus bête du monde. Elle ne peut plus se permettre le luxe d’une division, en pointant encore les fantômes du vieux FN. C’est cette formation recentrée qui, que cela plaise ou non, est devenue le premier parti d’opposition. Marine Le Pen a deux semaines pour tenter d’attirer ceux qui n’entendent pas laisser la France brader sa souveraineté et dériver dans le multiculturalisme que cautionne Macron, cornaqué par Terra Nova et sa flatterie des minorités. Mais si Fillon a échoué par manque de sensibilité sociale, Le Pen échouera si elle persiste dans un antilibéralisme absurde. Sortir de l’euro est également moins urgent que sauver la nation de sa dislocation engagée.

Liberté d’expression par Ivan Rioufol

Voir en ligne : http://blog.lefigaro.fr/rioufol/201...

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