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L’interdiction de la fessée : une avancée sociétale majeure !

, par  NEMO , popularité : 1%
NJ-Ile de France

Il est interdit d’interdire, qu’ils disaient...

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Ouf ! Enfin, ça y est : après l’abolition de la peine de mort, qui avait fait émerger la France des ténèbres, voilà, que, depuis le 1er janvier 2017, et sans que les Français aient vraiment mesuré l’importance de l’évènement, nous sommes entrés dans l’ère radieuse des Lumières : dorénavant, nous ne martyriserons plus nos enfants, comme l’immonde homo sapiens avait l’habitude de le faire depuis qu’il a (hélas !) fait ses premiers pas sur Terre. Gloire à l’homme nouveau : la fessée est maintenant, et jusqu’à la fin des siècles et des siècles, a-bo-lie !

Plus question, pour les salauds (et les salopes) de notre espèce, de nous passer les nerfs sur notre innocente progéniture, en tabassant des petits êtres sans défense jusqu’à les rendre sourds ou idiots (ou les deux). Plus question, non plus, de les humilier, sous quelque forme que ce soit. Plus de menace, plus de remontrance, plus de « si tu continues, tu vas aller au coin », « va dans ta chambre », « demande pardon », « tu n’auras rien d’autre tant que tu n’auras pas fini ton assiette », "le père Noël ne t’apportera pas de jouet", et autres violences intolérables qui marquent nos enfants à vie, en font des dyslexiques, des autistes, des salafistes, des sournois, des alcooliques ou des drogués. On dit même que les violences faites aux enfants pourraient les rendre énarques ! C’est vous dire s’il était temps de réagir.

Il y avait, il y a quelques jours, à la radio, un « professeur de médecine » qui était venu nous expliquer tout cela, à nous autres pauvres pécheurs. La fessée donnée par un adulte de 80 kilos à un bébé d’un an (cela va de soi que nous avons, tous et toutes, commencé à frapper violemment nos enfants dès la première année de leur misérable existence, et, pour les plus salauds, à peine sortis du ventre de leur mère), c’est comme si vous l’écrasiez avec un marteau pilon. Sans compter qu’un enfant, ce n’est pas un être « fini », son cerveau n’a pas encore mis en place toutes les connexions qui en feront possiblement un Einstein ou à la rigueur un Shakespeare. Non seulement l’enfant est fragile, et le frapper peut entraîner des lésions funestes, mais en plus, il ne comprend pas ce qu’on lui fait ou ce qu’on lui dit, et toute punition est donc totalement inutile. Bref, si vous n’avez pas l’âme d’un tortionnaire, ne punissez pas, sous quelque forme que ce soit, vos enfants, vous vous fatigueriez pour rien – sans compter qu’en les frappant, vous pouvez vous faire mal.

Bon, jusque-là, on se dit que le professeur en question, il n’a pas dû en voir beaucoup en vrai, des mômes, mais, après tout, son argumentation se tient plus ou moins : si l’enfant est irresponsable, le punir, le menacer, l’humilier, lui montrer que ce qu’il fait n’est pas bien ou est dangereux, ne sert à rien. Et nous, auditeurs, profondément honteux des innombrables châtiments et admonestations que nous avons infligés à nos chers petits, comprenons que nous aurions dû nous abstenir, quitte à ce que nos petits anges se coupent un doigt avec le couteau que nous n’aurions pas dû leur arracher des mains, violence accompagnée d’un cri d’horreur et d’une bonne fessée (triple châtiment), se brûlent en mettant la main sur le feu ou la tête dans le four électrique, s’électrocutent en introduisant un morceau de ferraille dans une prise, se rompent le cou en dévalant l’escalier… Décédés, peut-être, mais pas humiliés !

Ah mais non, nous n’avions pas compris ! Ce n’est pas parce qu’il ne faut pas empêcher les enfants de faire les quatre-cents coups ou de nous rendre la vie impossible en les « punissant » et en les « humiliant », (ce qu’on appelait dans les temps obscurs "éduquer"), qu’il faut les abandonner à leur sort - ce qui serait criminel, puisque, n’étant pas finis, ils ne disposent d’aucune autonomie !
Et le docte savant a la solution : il faut négocier avec l’enfant (tiens donc : s’il n’a pas le cerveau bien connecté, pourquoi comprendrait-il plus la négociation que la punition ?)… Et comme le maestro se rend compte qu’il vient de dire une grosse connerie, il se reprend : en fait, l’enfant ne comprenant pas, la solution simple est de se tenir nuit et jour à ses côtés, pour le protéger et l’éduquer (non, l’éduquer, ce n’est pas possible, à cause de son cerveau)…. Si vous voulez avoir des enfants, engagez-vous à ne pas le quitter des yeux, 24h sur 24. Vous ne le laisserez pas une seule minute sans surveillance. Deux minutes pour aller faire pipi ? Vous l’emmenez avec vous aux toilettes. Vous voulez faire caca ? Appelez une baby sitter.

Tout ce cirque d’avancées sociétales prêterait à rire si les conséquences n’en étaient pas si graves. Oui, il y a une cinquantaine de pays qui ont déjà franchi le pas, et nous en mesurons dores et déjà les effets : les résultats sont radieux. Des parents et des éducateurs impuissants devant l’enfant roi, paralysés par la crainte de se retrouver au banc des accusés au moindre mot de travers ; des enfants malheureux, poussant de plus en plus loin les provocations pour qu’enfin les parents leur montrent, en les punissant, qu’ils les aiment - enfants qui, au passage, se suicident à tour de bras (la Suède, pays phare en matière de destruction de la civilisation humaine, compte le plus grand nombre de suicides de jeunes au monde !). De nouvelles générations qui n’osent plus faire d’enfants, parce que c’est trop compliqué, et pour ne pas leur faire subir le manque d’amour qu’eux-mêmes ont le sentiment d’avoir vécu.

Si tous ces apprenti-sorciers qui régentent nos vies à coups d’interdictions, sans pour autant que les leurs soient exemplaires (je pense à nos ministres dont les enfants sont en prison ou pas loin d’y être invités) pouvaient méditer le vieux dicton « qui aime bien châtie bien »…

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