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Jérusalem : quand l’AFP tarde à publier une information essentielle

, par  InfoEquitable , popularité : 2%
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Durant plus de 24 heures, l’Agence France-Presse n’a pas évoqué les informations de la police israélienne révélant que les terroristes avaient entreposé les armes à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa.

 

Pour quelle raison, au plus fort de la polémique sur l’installation des portiques de sécurité à l’entrée du mont du Temple (dit aussi « esplanade des Mosquées »), et à la veille d’une journée de violences meurtrière à Jérusalem, l’Agence France-Presse (AFP) n’a-t-elle pas jugé utile de faire état d’une information essentielle diffusée par la police israélienne ?

Cette information établissait très clairement l’itinéraire des trois terroristes qui, le 14 juillet 2017, ont perpétré l’attentat meurtrier de la vieille ville de Jérusalem dans lequel deux policiers israéliens ont été assassinés.

Le document vidéo de la police, rendu public dès le jeudi 20 juillet, révélait que les trois terroristes ont pu, la veille de l’attentat, entreposer leurs armes à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa.

A aucun moment l’AFP n’a consacré la moindre dépêche à ce développement pourtant capital qui faisait la une des grands journaux israéliens.

Ici, la une du site du Jerusalem Post, jeudi 20 juillet 2017 :

 

Regardez : la police diffuse un enregistrement vidéo de l’attaque du mont du Temple

 

Il a fallu attendre plus de 24 heures – alors que l’explosion de violence s’était déjà produite à Jérusalem – pour que l’agence de presse française évoque au conditionnel les accusations de la police israélienne.

Dans les jours qui ont suivi, cette information n’a été donnée que de manière laconique, en une seule phrase noyée dans le corps de dépêches de synthèses.

La dissimulation d’armes au sein de la moquée al-Aqsa (qualifiée par l’AFP elle-même de « lieu ultra-sensible ») est pourtant un élément capital pour comprendre les événements survenus ces derniers jours à Jérusalem.

On ne peut que s’interroger sur les raisons qui ont conduit l’Agence France-Presse à un tel silence puis à une sous-estimation de l’information.

Ce silence traduit-il un parti-pris idéologique de l’AFP en faveur des thèses palestiniennes ?

C’est la question que pose InfoEquitable.

 

Le déroulé des faits

Le vendredi 14 juillet 2017, trois Arabes israéliens ouvrent le feu sur deux policiers israéliens en faction à la porte des Lions dans la vieille ville de Jérusalem. Les deux policiers sont tués. Les trois terroristes seront ensuite abattus par les forces de l’ordre à la suite d’une course poursuite sur l’esplanade du mont du Temple.

Dès le premier jour, il semble établi que les tueurs venaient de l’esplanade. Une première vidéo diffusée par la police israélienne en atteste.

 

 

C’est pour cette raison et pour les besoins de l’enquête que les autorités israéliennes vont fermer l’esplanade et annuler les prières du vendredi.

Le dimanche 16 juillet, les autorités israéliennes rouvrent l’esplanade après y avoir installé des portiques de sécurité détecteurs de métaux.

Le Waqf appelle les fidèles à refuser l’installation de ces portiques. La polémique débute, elle va en quelques jours se muer en une grave crise.

Dès le lundi 17 juillet, l’AFP rapporte les arguments de la police israélienne de manière très succincte, en les présentant comme une information non confirmée.

 

Ainsi, dans cette synthèse de 13 h 48 titrée

A Jérusalem, les fidèles musulmans refusent les détecteurs de métaux israéliens

l’AFP indique au second paragraphe :

La police a affirmé que les assaillants étaient venus de l’esplanade.

 

Durant quatre jours c’est cette unique formule qui va être employée par l’AFP pour rendre compte de la position israélienne.

 

Le document vidéo rendu public par la police israélienne

Le jeudi 20 juillet, alors que la tension continue de monter à Jérusalem où les incidents violents se multiplient, la police israélienne rend public un document vidéo résultant de son enquête.

Le document est constitué des images de caméras de surveillance disposées dans la vieille ville de Jérusalem et sur l’esplanade du mont du Temple.

 

 

L’analyse des images révèle que les terroristes sont arrivés la veille sur l’esplanade accompagnés de complices qui portaient les armes dans un sac.

Ces armes ont été entreposées durant toute la nuit dans la mosquée.

 

 

Au petit matin, les trois terroristes ont quitté la mosquée pour perpétrer l’attentat.

Sur cette image, on distingue l’un des terroristes qui porte le sac contenant les armes.

 

 

Quelques minutes après, les trois terroristes ouvrent le feu sur les policiers israéliens en faction.

 

 

 

La mosquée al-Aqsa a donc servi à entreposer des armes dans le cadre des préparatifs d’un attentat.

Cette accusation extrêmement grave de la police israélienne – aujourd’hui étayée – fait immédiatement la une des grands journaux israéliens dès la mi-journée.

Mais l’Agence France-Presse passe l’information sous silence durant toute la journée du 20 juillet et jusqu’au lendemain, durant plus de 24 heures.

 

A 18 heures, puis à 21h33, l’agence française diffuse sur son fil une synthèse de la journée titrée :

Esplanade des Mosquées : les Israéliens et les Palestiniens se préparent à une épreuve de force

 

A aucun moment il n’est fait mention dans cette dépêche des révélations apportées par la vidéo de la police israélienne.  

Concernant le cœur de la polémique, la dépêche se borne à indiquer :

 

Les palestiniens dénoncent l’installation de détecteurs de métaux aux accès du troisième lieu saint de l’islam, une décision prise après le meurtre vendredi de deux policiers israéliens par trois Arabes israéliens près de l’esplanade (…) L’installation des portiques a ravivé les craintes des Palestiniens de voir Israël prendre le contrôle exclusif de l’esplanade des mosquées.

 

Pendant près de 24 heures, l’AFP continue de diffuser des dépêches faisant le point de la situation à Jérusalem sans jamais évoquer les accusations et la vidéo de la police israélienne.

Ce n’est que le lendemain après-midi, le vendredi 21 juillet à 14h55, alors que les violences ont déjà éclaté que l’AFP fait – pour la première fois – mention de cette affaire. Mais de manière incidente.

 

Une dépêche factuelle titrée :

Un Palestinien tué par balles à Jérusalem-Est

indique dans son tout dernier paragraphe :

Israël accuse les auteurs de l’attaque d’avoir caché leurs armes sur l’esplanade des Mosquées, que les Juifs révèrent comme le mont du Temple, le premier lieu saint du judaïsme

  

Reléguée en bas de texte, l’information est de surcroit donnée au conditionnel. Elle est présentée comme une « accusation  » israélienne.

Dans les synthèses de fin de journée (17h50, 20h01, 21h58, 23h07), l’information est à nouveau évoquée, mais chaque fois là aussi en une phrase laconique, noyée dans le corps du texte, formulée de manière incidente et au conditionnel :

 

Israël, selon qui les armes des assaillants avaient été cachées sur l’esplanade des Mosquées, avait alors décidé d’installer des détecteurs de métaux aux entrées de ce site ultra-sensible, le troisième lieu saint de l’islam, mais également révéré par les juifs comme le Mont du temple.

 

Dans les jours suivants c’est cette unique phrase qui va être répétée, parfois avec une légère variante, mais toujours au conditionnel.

Ainsi, le samedi 22 juillet, au 10e paragraphe d’une longue synthèse :

 

Israël a justifié l’installation de portiques de sécurité aux accès de l’esplanade des Mosquées en disant que les armes avec lesquelles les assaillants ont tué deux policiers israéliens le 14 juillet avaient été cachées dans ce site ultra-sensible de la vieille ville

 

Ou le lundi 23 juillet, au 5e paragraphe d’une dépêche :

 

Selon Israël, les armes qui ont servi à tuer ces policiers avaient été cachées dans le complexe

 

Ou encore, le même jour, dans un rappel des dix jours de crise :

 

Israël assure que les armes utilisées avaient été cachées sur l’esplanade et prend la décision exceptionnelle de fermer pendant deux jours l’accès au troisième lieu saint de l’Islam

 

A partir du mardi 24 juillet, l’AFP emploie une formule plus neutre laissant indiquer qu’elle considère l’information comme établie :

 

Les autorités israéliennes ont déclaré que l’installation des détecteurs aux entrées de l’esplanade était justifiée par le fait que les auteurs de l’attentat du 14 juillet avaient dissimulé des armes sur ce site et en étaient sortis pour attaquer les policiers israéliens.

 

Mais jamais l’Agence France-Presse n’a jugé utile de diffuser une dépêche consacrée aux armes cachées dans la mosquée al-Aqsa.

Pourtant, durant toute cette crise, l’AFP a considéré que de nombreux épisodes justifiaient d’être mis en exergue par la diffusion de dépêches spécifiques (interpellation du mufti de Jérusalem, refus des fidèles musulmans de voir installer les portiques, accès de l’esplanade interdit aux hommes de moins de 50 ans…).

 

Conclusion

L’examen attentif des dépêches diffusées sur le fil de l’AFP entre le 14 et le 24 juillet indique sans contestation que l’agence française a durant 24 heures totalement passé sous silence les informations de la police israélienne selon lesquelles les terroristes avaient, la veille de l’attentat, amené et entreposé leurs armes à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa.

Cette information est aujourd’hui parfaitement établie. Elle n’a d’ailleurs été démentie par aucune institution palestinienne, en particulier le Waqf, l’autorité chargée de la gestion des lieux saints musulmans.

La révélation qu’un lieu saint aussi symbolique que la mosquée al-Aqsa a été utilisé par les terroristes pour dissimuler des armes était un élément essentiel à prendre en compte au plus fort de la polémique sur l’installation de portiques de sécurité à l’entrée de l’esplanade.

Ce silence est d’autant plus inexplicable que l’information faisait dès le jeudi 20 juillet la une des journaux israéliens. Dans ces conditions, on s’explique difficilement comment le bureau de l’AFP à Jérusalem a pu commettre un tel ratage.

Si l’AFP a, dans les jours qui ont suivi, évoqué cette information, elle ne l’a fait que de manière extrêmement lapidaire, sans jamais y consacrer la moindre dépêche.

On est en droit de se demander si ce silence de l’agence française, puis cette volonté manifeste de minimiser l’information, n’ont pas été motivés par des raisons idéologiques, notamment le souci de présenter les faits de la manière la plus favorable aux Palestiniens.

Si tel était le cas, un tel traitement contreviendrait à la charte de l’Agence France-Presse « dont la mission est de fournir à tout instant une information exacte, impartiale (…) libre de toute influence politique ou idéologique comme le garantit son statut ».

InfoEquitable a adressé un courrier en ce sens à la direction de l’AFP et ne manquera pas d’informer ses lecteurs de la teneur de la réponse reçue.

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Auteur : © InfoEquitable.

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