Immigration : le programme du FN au banc d’essai

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Oui c’est dur le matin, je sais ...

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Nicolas Reilhac, politologue et sociologue

♦ Le Grand Remplacement – démographique et civilisationnel – est la question historique centrale. L’immigration et l’islamisation sont préoccupantes aux yeux d’une large majorité des électeurs. Le programme de Marine Le Pen, même s’il est imparfait, est malgré tout le mieux disant.

Spécialiste de l’immigration, Nicolas Reilhac livre ici une analyse nuancée des propositions figurant au chapitre II, « La France sûre », des « 144 Engagements présidentiels ».

Des propositions fermes et efficaces sur la sécurité, l’immigration et le terrorisme. Mais un regard sur l’islam en France qui mériterait d’être éclairci

Les questions concernant la sécurité, l’immigration et le terrorisme islamiste du projet du Front national figurent sous le titre général d’une « France sûre ». Elles sont regroupées sur 2 des 24 pages du projet. Elles font l’objet de 22 propositions, contre 56 pour l’économie, les finances et le social.

Alors que nous sommes en situation de guerre nationale et de civilisation, que nous subissons un courant continu d’invasion migratoire, que nous connaissons une mutation démographique drastique, que les meneurs islamiques poussent tactiquement leurs pions pour prendre date et des positions, que notre pays subit l’implantation de la charia dans des zones entières et est menacé de partitions et, à terme, de disparition, le programme du Front national parle d’une France sûre. Ainsi, même si nombre des propositions sont pertinentes et fermes, le Front avance à couvert, on pourrait même dire avec quelque discrétion et en tout cas sur un ton qui se situe en deçà de celui du programme de 2012.

Redoute-t-on le politiquement correct dans cette ambiance électorale ou vise-t-on des voix musulmanes et allogènes ?

La première partie de la « France sûre » concerne la sécurité. Les propositions 13, 14 et 16 visent à renforcer les moyens de l’Etat de droit afin de rétablir la sécurité et en particulier mettre en place un plan de désarmement et de reprise en main des zones de non-droit. On ne peut qu’approuver avec chaleur tout en regrettant que rien ne soit dit sur la répression des petites incivilités qui gâchent la vie de millions de Français et sur le fait qu’en cas d’accrochage, notamment avec la police, il n’y ait pas de préférence pour les Français.

De même une réponse pénale ferme et rapide est prévue : tolérance zéro, abrogation des lois pénales laxistes, suppression des aides sociales aux parents de mineurs récidivistes, création de 40.000 places de prison. Surtout la proposition 21 prévoit l’expulsion automatique des criminels et des délinquants étrangers. On devrait ajouter, dans les prisons, la suppression des portables, l’obligation de travailler, le rétablissement de la discipline et le développement du renseignement antiterroriste.

Malheureusement, si le projet prévoit à juste titre d’augmenter le nombre de postes de magistrats et de supprimer l’Ecole nationale de la magistrature, rien n’est dit quant à l’abolition du gouvernement des juges : Conseil constitutionnel et Conseil d’Etat, auxiliaire zélé de l’immigrationnisme et du laxisme judiciaire. Sortirons-nous de la Cour européenne des droits de l’homme ? Tant que le pouvoir illégitime des magistrats n’aura pas été muselé, rien d’efficace ne pourra être envisagé. Pour y arriver, un référendum sur l’immigration devrait être lancé rapidement afin d’imposer la volonté populaire à ces cours et tribunaux qui, sans cela, ne manqueront pas de faire obstruction au combat pour le salut de notre pays comme nous le voyons faire sous d’autres cieux.

Enfin, dans le domaine de la sécurité, trois questions n’ont pas été abordées :

la lutte contre le crime international : drogue, armes, trafic d’êtres humains, contrefaçon et plus particulièrement le combat contre la délinquance financière mondiale et le blanchiment d’argent qui représentent un péril universel et mortel pour nos sociétés en liaison intime avec les forces financières mondialistes ;

la lutte contre la cybercriminalité ;

le renforcement des saisies des avoirs criminels.

La deuxième partie de la « France sûre » vise le rétablissement des frontières pour en finir avec l’immigration incontrôlée et l’éradication du terrorisme islamique au travers de dix propositions, pas une de plus.

Concernant l’immigration, les cinq propositions (de 24 à 28) sont bienvenues. Mais certaines mériteraient d’être précisées ou complétées :

- Rétablir les frontières nationales et sortir de Schengen : oui mais ne conviendrait-il pas d’envisager une collaboration avec les pays européens pour repousser l’invasion et sauvegarder le principe de circulation des citoyens européens en Europe et seulement européens ?

- Rendre impossible la régularisation ou la naturalisation d’étrangers en situation illégale et simplifier leur expulsion. Ne faudrait-il pas proclamer immédiatement et dès l’arrivée au pouvoir un moratoire immédiat des régularisations, des naturalisations, y compris celles d’immigrés légaux non européens et de tout visa d’immigration légale ?

- Réduire l’immigration légale à un solde annuel de 10.000 et mettre fin au regroupement familial et à l’acquisition de la nationalité française par mariage. Oui, mille fois, mais le cas des étudiants étrangers devrait être traité d’une manière prudente.
- En revanche il faudrait savoir ce que recouvre précisément la phrase « supprimer les pompes aspirantes de l’immigration ». Concerne-t-elle les allocations familiales, les prestations de chômage, le logement, l’enseignement, la santé, la pauvreté-exclusion qui constituent l’ensemble des pompes aspirantes ? N’est-elle pas indissociable d’une préférence nationale conçue d’une manière stricte et rigoureuse ?

- Supprimer le droit du sol. Peut-être faudrait-il ajouter la fin de l’acquisition quasi automatique de la nationalité française par, pour citer cet exemple, des mineurs nés en France de parents apatrides.

- Les demandes d’asile seront déposées dans les ambassades et les consulats français des pays d’origine. Excellent, mais cette mesure pourrait être complétée par la déjudiciarisation du traitement des demandes d’asile par les services administratifs français. La proposition 27 entend « supprimer la double nationalité extra-européenne ». Il s’agit d’un point vital. Ce sont des millions d’immigrés (3 millions ?), Maghrébins pour beaucoup d’entre eux, qui ont été naturalisés français mais dont la fidélité va, pour la plupart, à leur pays d’origine. A terme, cette population fera basculer la France dans le cauchemar Houellebecq lors de prochaines élections. Il apparaît par conséquent vital de connaître avec précision ce que recouvre cette phrase et quelles en seront les modalités pratiques.

Il est cependant regrettable de constater que ces propositions n’abordent pas des questions primordiales.

Tout d’abord le vocabulaire : en réalité il n’y a plus immigration, il y a invasion migratoire, déferlement migratoire, mutation démographique, occupation et guérilla (voir Obertone).

Il n’est pas question dans ce projet de renverser la table du système législatif et des règles juridiques qui régissent les questions d’immigration en France sur la base d’un référendum constitutionnel soumis au peuple français. Or c’est un point de passage obligatoire.

La question de la nature temporaire de l’immigration légale n’est pas abordée.

La déjudiciarisation des procédures d’expulsion et du traitement du droit d’asile.

L’abrogation des lois liberticides : Lois Pleven et Gayssot.

L’arrêt des subventions aux associations immigrationnistes et le retrait de leur position d’auxiliaires des pouvoirs publics.

La question de l’émigration de nombreux Français chaque année : plus de 100.000 par an, ce qui conduit à une tragique perte de substance.

Enfin, il n’y aura pas de lutte efficace contre la mutation démographique de la France sans une politique nataliste vigoureuse, abordée d’ailleurs dans une autre partie du projet.

Les cinq propositions 29 à 33 veulent éradiquer le terrorisme et briser les réseaux islamistes. Elles sont claires, cohérentes et énergiques : fermeture et dissolution de tout organisme lié au fondamentalisme islamiste, expulsion de tout étranger en lien avec le fondamentalisme islamiste, fermeture de mosquées extrémistes, déchéance de nationalité et expulsion de tout binational lié à une filière djihadiste, rationalisation de la lutte antiterroriste.

Une première observation relève du vocabulaire et de la désignation de la menace. Certes, le terrorisme est islamiste. Il est surtout islamique et inséparable de l’islam. Celui-ci, idéologie religieuse totalitaire, est incompatible avec les principes et les règles de la République et est un ennemi de l’Occident, de l’Europe et surtout de notre pays, la France. C’est l’islam qui nous désigne comme son ennemi, qui nous fait la guerre comme il l’a menée à notre encontre de l’an 700 jusqu’au XIXe siècle et qui a entrepris la conquête de nos patries. On n’insistera jamais assez sur l’apport d’E. Zemmour, de G. Pince et de G. Faye, entre autres, sur ces constats.

Par ailleurs ces cinq propositions mériteraient d’être amplifiées, renforcées et complétées. Il est compréhensible que la présentation délibérément sobre des propositions du FN ne permette pas de tels développements. Il semble cependant possible de proposer trois politiques complémentaires :

– refus d’une pratique agressive de l’islam : Interdiction de l’abattage rituel avec égorgement sans insensibilisation et, partant de là, de la nourriture hallal dans les écoles, les entreprises, les administrations et l’armée ; interdiction des voiles et masques des femmes, fermeture des écoles coraniques, refus des prières publiques ;
– refus de la préférence étrangère et de toute discrimination positive ;
– contrôle et arrêt des financements extérieurs (Qatar, Péninsule arabique).

Conclusion

En définitive, soyons lucides. A ce jour le seul projet qui se hisse à la hauteur de l’enjeu vital, au sens propre du terme, de la disparition ou de la survie de notre patrie que représentent l’invasion migratoire actuelle et le conflit national et civilisationnel que nous livre l’islam est celui du Front national. Et à l’oral les discours de ses responsables et de sa présidente complètent, accentuent et durcissent les propositions écrites.

Mais seuls les écrits restent et ces propositions, pour méritoires qu’elles soient, apparaissent en retrait du point de vue de la tonalité et du vocabulaire face à un ennemi qui nous fait la guerre.

Elles soulèvent également des interrogations sur la nature compatible ou non de l’islam avec la République et la nation française et la table rase du corpus juridique actuel de l’immigration et du gouvernement des juges. Elles requièrent des précisions sur des questions comme le traitement de la double nationalité.

Nicolas Reilhac
11/02/2017

Voir en ligne : http://www.polemia.com/immigration-...

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