Même Azzrine n’aurait pas sauvé l’Algérie Française .... et l’OAS encore moins que tous ceux qui militairement ou politiquement ont cru un moment y parvenir.
Les socialistes avaient instauré en Algérie, avec Lacoste, Guy Mollet et Mitterand les codes du combat et ouvert la porte à la torture avec la transmission du pouvoir de Police Judiciaire à l’armée.
C’est en partie cela qui a permis d’étouffer dans l’oeuf beaucoup d’initiatives en préparation du FLN dans les willayas et de l’épuiser .... le renseignement était à la base de toutes les opérations.
Les gaullistes n’ont fait que prendre le train en marche.
Voici ce que j’écrivais sur un forum P.N. aujourd’hui clos. Presque 8 ans déjà !
Lettre à Jospin - 27 Mai 2001
Date : 22/10/2004 09:34
Nom : El-Chitane
Email : Wanadoo.fr
Région : France
Site web : http://
Message : Le ..... le 27 Mai 2001
Il y a peu de temps, j’ai entendu Mr Jospin notre Premier Ministre
s’exprimer devant l’Assemblée Nationale à propos de la guerre d’Algérie, de
l’Armée, et de la torture qui y fut pratiquée dans les unités actives , par les Services de Renseignements - ce qui nous
raméne en particulier, à Alger, pendant la lutte contre le FLN, qui tenait la casbah et donc la ville entiére en otage, sous le joug de la terreur et de la menace de ses attentats.
Voici ma réponse :
Monsieur le Premier Ministre,
Votre Hommage à l’armée, à celle bien sur, qui a rejeté le putch des généraux - et votre condamnation de la torture, sonnent faux, malgré la sincérité de l’emportement verbal dont vous avez fait montre.
Eloquence magnifique au service d’une doctrine d’universitaire, science du sophisme politique, en total contradiction avec la vérité et l’histoire, et surtout refus d’assumer la responsabilité historique d’un sombre combat que France et Français, qu’Arabes et Pieds-noirs de toutes confessions, que Soldats de toutes conditions, du contingent ou de carriére, n’ont pas voulu.
C’est une Assemblée Nationale Française et Républicaine souveraine et dominée par les Socialistes - Guy Mollet en tête, avec François Mitterand à ses cotés, assistés de Robert Lacoste, qui ont pris dans cette affaire
toutes les décisions majeures, et fixés les codes du combat pour la présence Française - au nom de l’intérêt National, et que la mentalité d’un pays qui sortait des ravages d’une guerre 39/45 et qu’une guerre d’Indochine perdue, leur imposait.
Dans ces années terribles, des centaines de milliers de Français avaient alors laissés la vie , à la fleur de l’age pour leur drapeau et pour notre liberté.
Comment les politiques de l’époque auraient-ils pu évaluer les conséquences de ce qu’ils décidaient, des instructions qu’ils donnaient, et de ce qui allait se passer en Algérie ?
L’auraient-ils pu, qu’ils n’auraient quand même pas renoncé a confier à l’Armée les pleins pouvoirs - avec l’ordre d’éradiquer la terreur et les hommes du FLN.
C’était la France entiére, Socialistes aux affaires, qui voulaient que l’Algérie lui restat, et à tout prix.
Les Gaullistes n’ont faits que prendre le train en marche.
Alors, héritier des uns et des autres, n’ajoutez pas à notre Histoire, une nouvelle et lache salissure d’Etat, et le déshonneur de condamner les hommes à qui fut imposé la mission de nettoyer Alger.
C’était des soldats - des vrais - à qui fut confié le mode expéditif - contre un ennemi dont la raison d’être était, la bombe, l’égorgement, l’enlévement, le viol - la terreur à l’égard de ses propres fréres d’abord ( et çà continue 55 ans aprés ), et aussi contre les Français pour qu’ils partent de ce Pays.
Rien aujourd’hui, sauf un obscur intérêt électoral, n’autorise le premier Ministre que vous êtes, et le Président de la République à se prononcer en faveur de sanctions à l’égard de ceux, pris en la personne d’un vieux
génèral, et qui dans des conditions atroces ont servis un Etat, à la tête duquel, vous vous retrouvez à titre transitoire.
Cela regarde avant tout nos consciences d’hommes - et seulement nos consciences, et pas cette morale politique que vous alléguez, faite de conventions diplomatiques, idéologiques, repentantes et tardives, qu’aucune autre actualité douloureuse et combien omniprésente n’inquiéte officiellement par ailleurs.
Auriez-vous le courage Monsieur le Premier Ministre d’accuser au Proche-Orient, les terrorismes d’Etat et leur torture ? Non, ce serait électoralement contre productif, alors vous vous taisez, car aucune diaspora ne vous pardonnerait d’en dénoncer les chefs que vous recevez.
C’est plus facile de s’en prendre à ces soldats d’Algérie, qui ont servis sous l’autorité et la responsabilité de ceux qui vous ont précédès à la tête de votre propre parti, et qui ont obéis.
Ou alors ne seriez-vous Socialiste que pour aller aux élections dans une majorité plurielle qui vous va si bien, protégé en conscience du passé, par des inventaires à répétition ?
La question que vous nous avez publiquement posé, sans y répondre se résume ainsi, - Français répondez - : La France a-t-elle été un état terroriste et tortionnaire ?
Les circonstances d’une guerre révolutionnaire, s’attaquant aux personnes et aux biens de ses ressortissants l’on conduit à user ponctuellement de la maniére forte, trés forte.
La torture aussi insupportable qu’elle nous paraisse à postériori, est plus insupportable certainement qu’à nous-mêmes, à ceux qui en furent les auteurs - et ne peut se comprendre que dans le contexte du fracas des bombes et des assassinats.
Elle ne peut être à ce jour qu’une affaire d’Historiens - et pas une affaire de Politiques, aussi illustres que soient les fonctions dont se prévallent ceux qui tentent de nous donner dans la course à l’électeur qu’ils engagent, une opinion officielle, qui n’est pas de mise.
Sans micro ni caméra, ni écho médiatique, vous vous seriez tus.
N’avez-vous jamais écrit un seul mot à son sujet, alors que François Mitterand était notre Président ? Quelle démission morale ! mais ... vous étiez admiratif de son oeuvre et soumis à son charisme.
Pour ma part je ne reculerais pas à la lecture de ma propre histoire, et comme j’assume l’héritage de Napoléon, de Louis Philippe, de Pétain, ou de De Gaulle, j’assume aussi celui de Guy Mollet.... et je ne suis pas socialiste.
Je ne serais pas repentant, que la repentance convienne ou pas à l’histoire.
La Colonisation Française en Afrique du Nord a fait oeuvre civilisatrice pendant cent trente ans.
Les générations futures le reconnaitront un jour, car elles auront retrouvé la lucidité et l’intelligence d’instruire à charge et à décharge, de ce que fut la France, de ce que fit la France. J’ai confiance, parce que la France
a construit un pays et n’a pas exterminé sa population.
Et même en Algérie, il y aura des historiens pour revisiter au nom de la Vérité délibéremment ignorée, l’histoire de l’avénement au monde moderne de leur pays pour immanquablement conclure un jour, la paix installée et pour le bien :
" Nous sommes ce que nous sommes, en raison de la France ".
L’idée me vient - que la bataille d’Alger pourrait un jour, à dieu ne plaise, redevenir d’actualité, dans quelques décades - et de s’appeler alors bataille de Paris ou de Marseille.
Les mêmes causes appelant les mêmes effets, ne peut-on objectivement se poser la question de la réapparition, au nom de la paix civile, du questionnement par électrode, et de voir s’ouvrir à l’abri du public des lieux spécialisés par des hommes instruits à dessein pour notre défense ?
L’objectif du pan-arabisme intégriste n’est-il pas à échéance, le pouvoir de l’Islam en Europe à travers son maillon le plus perméable : la France.
Pour s’en protéger, ne faudrait-il pas s’affaiblir au point de dissoudre le SDCE actuel ? et aussi, tous les services de renseignements français, au risque d’une vulnérabilité intérieure qui concourrait à terme, à mettre en place les
conditions d’une tragédie possible, mortelle pour la liberté de nos enfants.
Au nom de quelle idéologie, en bonne logique, ne pourriez-vous pas présenter au parlement une telle Loi ?
Et pourtant, si la torture reconnue comme une arme contre-révolutionnaire et anti-terroriste vous est si insupportable, pourquoi ne pas protéger cette France des droits de l’Homme, de sa résurgence possible ?
Vous ne le ferez pas, parce ce qu’on ne peut pas toujours, mettre l’idée de justice au dessus de sa propre vie et de celle des siens. C’est Albert Camus qui nous l’a superbement révelé.
Et pourquoi la nation, en refusant de son passé une part de son histoire, soumettrait-elle son avenir et celui des ses enfants à un immobilisme moral qu’aucun responsable d’Etat n’est en droit de lui imposer ?
Et vous, de caresser, encore et encore, dans une douce tiédeur pacifiste et internationnaliste, les associatifs, les sensibles, les intellectuels, les rouges, les verts, la classe ouvriére, les bourgeois, les fonctionnaires, les jeunes,
les vieux, bref, la générosité des Français, plus oublieux de leur histoire que des 35 heures qui vous sont si chéres.
Merci les classes les 54, 55, 56, 57,58 et suivantes, de faire débat pour demain. Quel sujet pour les présidentielles qui s’annoncent, et que de fuites en perspective !
Mais, ll est vrai, que les accords d’Evian, dans la grande lacheté de leur non-application, ont changé notre regard sur la vocation bi-centenaire d’un pays colonisateur et mis fin à la légalité de la puissance Publique Française, et aussi, installé la fin de la notion même de combat, au sens vital qu’il peut avoir pour un peuple, pour tous les peuples, y compris les plus civilisés.
Seuls signataires d’Evian devraient rechercher le pardon de leurs victimes.
Il ne faut pour autant, 45 ans aprés, battre sa couple et reconnaitre à l’ennemi d’alors, la légitimité de son terrorisme, de sa barbarerie sanguinaire, de sa violence, et s’affliger d’avoir eu à le combattre comme cela a été fait.
Vous, Premier Ministre, et le Président de la République, concurrents potentiels à la plus haute charge de l’Etat, devez assumer en Français - et en Défenseurs du combat passé de la Nation - y compris dans ce qu’elle a eu de plus choquant, l’Histoire Française en Algérie - sans équivoque ni partage.
A votre niveau de l’Etat, l’Histoire ne se trie pas.
La France n’a-t-elle jamais tiré avec des chars et des hélicoptéres, au moyen de missiles, contre des populations civiles ?
La France n’a-t-elle jamais assassiné en seule nuit à la hache et au couteau 300 personnes, hommes, femmes, enfants confondus dans une même vengeance pour leurs opinions ? et, où des kabyles assaillants du FLN rasérent Melouza, village peuplé d’arabes Messalistes, le 28 Mars 1957 . Faut-il oublier que l’ordonnateur de ce massacre était le colonnel Mohamedi Saïd - futur négociateur des accords d’Evian ?
Et comment peut-on laisser croire comme cela apparait dans certains débats télévisés actuels, que c’est la France qui a servi d’éxemple dans ce domaine au FIS et aux GIAS actuels ? et que la Colonisation de la France reste le ferment de la violence que connait encore l’Algérie ?
Les ignorants et les théoriciens falsificateurs ne manquent pas, qui revisitent à leur convenance les faits, médias ouverts en grand, bénéficiant de votre silence complice et de celui de ceux qui nous gouvernent avec vous.
Monsieur Jospin vous n’étes pas crédible lorsque vous défendez l’Armée Française en Algérie.
Pour vous, cette armée, qui était dans l’honneur quand elle défendait la Paix civile et criait la quille en s’opposant aux généraux, fit son devoir partout, aussi bien sous le soleil et que dans l’ombre.
Elle opéra, recensa, surveilla, boucla, ratissa, filtra, arrêta, interrogea et aussi éxécuta.
Mais aussi pour l’essentiel, elle administra, protégea, regroupa, enseigna, éduqua et soigna, et libéra de la terreur aveugle, et rallia à sa paix des populations entiéres. Avec succés.
Elle reste pour toujours l’Armée de la France, une et indivisible de la Nation dont elle était native.
Notre Président de la République, en a été un de ses chefs de section en poste dans le bled.
Officier subalterne à l’époque, il n’est pas crédible quand il manifeste des véliétés de sanction à l’égard du général Aussaresses, comme pour témoigner de son ignorance de la torture , et de conforter sa candeur officielle, et à tout le moins, de nous donner à postériori, un gage de loyauté aux principes des conventions de Genéve.
Hypocrisie d’état. - " Oui, et beaucoup plus, hypocrisie de l’homme ".
Président ou pas, il lui appartient d’assumer la responsabilité de son passé en tant qu’appelé, passif certainement, mais aussi en tant que chef de l’Etat, celle de notre Pays.
Tous les militaires réellement engagés savaient qu’elle était là, présente et utile. Et lui aussi.
Trop tard pour dénoncer la torture à votre maniére et de tenter d’échapper à la fraternelle solidarité que nous impose une quelconque culpabilité collective.
Et votre complicité de fait, comme la sienne, comme la mienne, comme celle de l’immense majorité des citoyens de ce Pays dans ces années là, ne peut se nier. En tant que citoyens, les auteurs et les témoins assument. Craignez de les décevoir avec vos tergiversations sélectives, eux savent déjà qu’ils n’ont rien à attendre de vous. La lacheté de la position que vous défendez les isole de la Nation qui leur doit tant pour leur avoir demandé le meilleur de leur jeunesse et quelque fois l’insoutenable.
Un peu de courage Messieurs, et un peu de dignité s’il vous plait, en mémoire de ceux des notres qui ne sont pas revenus vivants de cette longue aventure Algérienne qui nous fut imposée par notre Histoire .
Ceux qui nous faisaient face sourient de vos dérobades et se réjouissent de votre faiblesse.
Mais ils auraient tort de profiter de ce débat fort opportun à diviser les Français, pour accuser notre pays. Et, si leur histoire dans ce domaine est moins honorable que la notre et pas encore terminée, ils m’apparaissent moins ignorants de leur passé et plus dignes que vous.
Se posent-ils seulement la question de leur responsabilité ? Dés lors, pourquoi s’en soucier sans eux, avant eux et pour eux ? Viendra un jour, peut-être, où aussi, ils reconnaitront leurs abominations.
Il sera alors temps d’en débattre loin des passions.
jpu - Vaucluse - Un ancien appelé et civil d’Algérie.
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