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Au secours, le Centre revient !

, par  NEMO , popularité : 1%
NJ-Ile de France

Comme disait Charles Pasqua : nous on amène les électeurs, eux, ils amènent les élus.

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Hé oui, la primaire venait à peine de se conclure, que les centristes se bousculaient, serviette autour du cou, couteau à la dextre, fourchette à la senestre, pour être au plus près du gâteau.
Les centristes ! Ni à gauche, ni à droite, ou à droite, ou à gauche, mais toujours bien placés pour attraper la cerise. « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent », se justifiait ironiquement le regretté Edgard Faure, radical et centriste s’il en était, mais à qui il sera beaucoup pardonné pour ses merveilles d’aphorismes, du « Si vous n’avez pas d’opinions politiques, prenez donc les miennes », au « Voici que s’avance l’immobilisme, et nous ne savons pas comment l’arrêter » en passant par le définitif « Il est indispensable de distiller un peu de vérité pour faire passer un gros mensonge ».

Mais revenons à nos grandes consciences du centre. Dès dimanche soir, les Lagarde, Jouanno, Jego et autres encore moins connus qu’eux, mais sortis de la naphtaline par nos mediocrates, se répandaient sur radios et télés pour assurer le vainqueur de la primaire de la droite et du centre, la main sur le cœur (lequel, c’est bien pratique, se trouve du même côté que le portefeuille), de leur indéfectible loyauté… à condition que… que quoi ? que où ? que comment ? que quand ?

Vous n’y êtes pas ! Certes, ils se sont tous écrié, larmes de crocodile à l’appui, qu’il fallait absolument que Fillon infléchisse son programme vers moins d’austérité, moins de brutalité, plus de justice, plus d’égalité, plus d’humanité, plus de fraternité, sou peine de les contraindre, la mort dans l’âme mais la résolution ferme, à se tourner vers un autre champion, de gauche, ou même, horreur, malheur, d’envisager de soutenir Bayrou.
Du marchandage de caniveau, tout cela : comme d’habitude, les centristes de l’UDI, et sans doute les quatre pèlerins qui constituent l’intégralité du MODEM [1], ne se rallieront à Fillon (le temps des élections, après, ils verront au cas par cas), que si celui-ci leur réserve de « bons » portefeuilles ministériels et un nombre appréciable de circonscriptions gagnables aux législatives. Le programme « dur » de Fillon, aura alors la douceur d’une peau de bébé.

Et lundi matin, Bayrou lançait l’opération « intox » : Fillon est mon ami, j’apprécie l’homme et le politique, mais certaines lignes de son programme ne sont pas bonnes pour la France – remarquez qu’il ne précise pas que ce n’est jamais que son avis, et qu’on peut en avoir un autre. Non, Bayrou sait, sans doute l’a-t-il lu dans le marc de café ou dans sa boule de cristal, ce qui est bon pour la France et ce qui est mauvais. Ce n’est pas une opinion, c’est une bulle papale-.
Alors se présentera ? Ne se présentera pas ?... Entre nous, pour que Bayrou se présente, il lui faut réunir trois conditions : 500 signatures, une équipe, et de l’argent. Les signatures, qui sont maintenant rendues publiques, ce n’est pas gagné, l’équipe, elle tient dans une cabine téléphonique, et l’argent, il n’en a pas. Quant à s’en faire prêter par les banques, il aura du mal à les convaincre, dans la mesure où il n’est absolument pas assuré de faire les 5% minimum qui permettent de se faire rembourser les frais de campagne. Donc, tout ça c’est de la flûte.

Dans la foulée, des militants de l’UDI jeunes, courant hardiment sur les traces de leurs aînés, menaçaient de se rallier à Macron, une partie des députés centristes annonçait qu’elle voterait avec la gauche la proposition de loi instituant un délit d’entrave à l’avortement (encore une loi pour interdire toute opinion non conforme sur l’avortement -220.000 exécutions de fœtus par an, ça mériterait pourtant qu’on en ait une, d’opinion) tandis que d’autres allaient voter contre avec la droite… Ménager la chèvre et le choux, se porter au secours de la victoire, et ramasser la mise, c’est leur devise.

Ah, que la démocratie serait belle et honnête sans les centristes ! Encore faudrait-il que les autres partis ne les racolent pas, et qu’on ne soit pas assez stupides pour les élire. Mais nous sommes le pays qui s’est donné François Hollande pour président de la République. Alors, on les a pour un moment.

[1le cinquième, Robert Rochefort, vice-président, a dû démissionner après une branlette publique dans un magasin de bricolage (hi !hi !hi !)

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