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A Mossoul, la civilisation ne l'emporte pas tout à fait sur la barbarie...

, par  noreply@blogger.com (atoilhonneur corto) , popularité : 1%
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Dans son dernier billet, Maxime Tandonnet nous raconte la chute à venir de Mossoul qu’il décrit, à juste titre, comme un moment historique dont on ne mesure pas encore les conséquences et les bouleversements que provoquera incessamment la fin inéluctable de Daesh (enfin, je l’espère). Daesh est entrain de perdre ses deux lieux capitales, Mossoul en Irak et Raqqa en Syrie. Son chef dont je ne retiens jamais le nom et que, de toute façon, je serai infoutu d’écrire correctement si d’aventure la mémoire me revenait, serait mort, dit-on, frappé par un drone américain.

Maxime émet même l’hypothèse que peut-être qu’un jour les historiens compareront la bataille de Mossoul à celle de Stalingrad... Huit mois d’une bataille sanglante et certainement monstrueuse dans laquelle les populations civiles, comme bien trop souvent, auront servi de bouclier, d’otages et d’esclaves. Connaîtrons-nous un jour le nombre d’enfants, de femmes et d’hommes qui auront été sacrifiés sur l’autel de la barbarie djihadistes ? Sans doute pas, tout juste aujourd’hui pouvons-nous parler de centaines, de milliers de morts, de millions de déplacés et de réfugiés. Réfugiés qui par ailleurs viendront par millions là aussi en Turquie avant de s’échouer en Grèce ou en Italie ; de réfugiés, ils deviendront migrants...


La bataille de Mossoul... oui, un moment historique comme celui de, je crois 2012 (j’en avais fait un billet que je ne retrouve pas), où toutes les grandes nations du monde techniquement bien informées (espionnage, satellites, etc...) ont laissé sans bouger le petit doigt les colonnes de Daesh déferler sur l’Irak (et la Syrie) pour y faire régner la terreur : La chute de Raqqa, de Mossoul de Falloujah, Tikrit... Je me souviens parfaitement de ces images avec ces colonnes d’innombrables pick-up flambant neufs ornés du drapeau noir qui avançaient - et on savait déjà de quoi ils étaient capables - sans rencontrer la moindre résistance, ignorés qu’ils étaient de nos grands leaders et de la communauté internationale. En moins de deux ans l’auto-proclamé Etat Islamique faisait main basse sur 70% du territoire irakien avec la complicité-passivité d’une armée irakienne en plein reconstruction-déconfiture. Le califat était rétablit le 29 juin 2014. D’auto-proclamé, il devenait Etat Islamique, changement sémantique validé (par complaisance ou stupidité ?) par les médias et les politiques du monde entier.

Et à ce moment là, personne ou si peu, publiquement, se posera la question de savoir comment on en était arrivé là. Daesh fondé en 2006, gagnant Mossoul en 2014... Huit ans pour se former, se construire, s’armer, recruter, piller et acheter des centaines de véhicules tout beaux, tout neufs, les peindre camouflage sans que finalement personne ne bronche en Occident. On a laissé faire. Qui a vendu ces centaines de pick-up à Daesh ? Nos dirigeants n’ont rien dit, nos dirigeants, tout à leurs affaires, ont laissé faire alors qu’ils avaient à leur disposition tous les éléments nécessaires et toutes les informations leur permettant d’évaluer de quoi il retournait, de ce qu’était Daesh, de ce qu’ils étaient capables de faire. Américains, Français, Anglais, Russes, ils étaient tous sur place, plus ou moins officiellement, ils savaient, ils voyaient, ils s’informaient. Et on a rien dit, on a laissé faire, on n’a pas levé le petit doigt. On a laissé, en Irak et en Syrie, les colonnes déferler sur Mossoul, sur Raqqa, sur Mambij, Ramadi, Kobané ou Palmyre.

Huit ans durant lesquels Daesh a pu tranquillement, ou presque, grandir et devenir le monstre tentaculaire international (Libye, Tunisie, Sahel, Afghanistan, Egypte,..., Molenbeek...) qui fait trembler aujourd’hui l’Occident et le reste du monde en commettant partout des attentats plus meurtriers les uns que les autres. La France ne sera pas épargnée. Hélas.

Il faudra attendre août 2014 pour que la coalition internationale menée par les américains ( qui avaient eux-mêmes mis le bronx en Irak) entame une campagne de frappes aériennes. Il faudra attendre fin janvier 2015 pour que Daesh subisse son premier revers et ses premières pertes territoriales en étant éjecté de Kobané, surnommée à l’époque la Stalingrad du Moyen-Orient) par les forces kurdes du YPG.

Il faudra attendre juillet 2017 (!) pour que Mossoul soit libérée. Alors oui, les historiens compareront peut-être la bataille de Mossoul à celle de Stalingrad. Oui, les djihadistes basés en Syrie ou en Irak seront sans doute peu à peu exterminés mais hélas, ils auront eu le temps de semer les graines d’un terrorisme international à côté duquel celui d’ Al Quaida apparaît désormais comme ringardisé.

Mais personne, en Occident et de par le monde, ne sera jugé. Parce que nom de Dieu, Daesh ne s’est pas fait tout seul. Et à ce titre, tous ceux qui l’ont d’une manière ou d’une autre aidé à grandir ont une lourde responsabilité dans toutes les atrocités commises. Ils sont eux aussi coupables autant que complices. Qui les jugera ? Quels historiens pourront se permettre de les citer dans les livres d’histoire ?

Alors non, Maxime, la civilisation humaine ne l’emporte pas tout à fait sur la barbarie, elle l’emportera véritablement quand elle saura reconnaître ses propres torts et désigner et punir comme il se doit tous les coupables et les complices (autant donc pisser dans un violon). Coupables et complices qui n’attendent pas grand chose pour recommencer ailleurs...

(ci-dessous, Mossoul, avant)

Folie passagère 3381
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D’accord, pas d’accord : atoilhonneur@yahoo.fr

Voir en ligne : http://corto74.blogspot.com/2017/07...

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